Intelligence artificielle

Focus I.A #4 Janvier 2026. Ce que l’IA apporte et va apporter de bien. Emmanuel Frenod

Professeur en Mathématiques Appliquées - Vice-Président « Pilotage, Système d’Information & Intelligence Artificielle » LMBA (UMR6205) – Université Bretagne Sud – Campus de Tohannic –Vannes


Jacqueline Sala
Vendredi 6 Février 2026


Alors que l’intelligence artificielle s’impose dans tous les secteurs, l’événement « Que faire de bien avec l’IA ? », organisé à l’Université Bretagne Sud avec Cédric Villani, a exploré ses usages les plus prometteurs comme ses dérives possibles. De l’art à l’agriculture, de la santé à l’industrie, chercheurs et praticiens ont montré comment des IA spécialisées transforment déjà nos pratiques et interrogent notre souveraineté technologique.



Focus I.A #4 Janvier 2026. Ce que l’IA apporte et va apporter de bien. Emmanuel Frenod
« Le véritable enjeu n’est pas de créer une IA qui sait tout faire, mais une IA qui fait bien ce qu’on lui demande. L’avenir appartient aux systèmes spécialisés, robustes, maîtrisés — et surtout utiles à la société. »
Cédric Villani

L’IA, un outil puissant aux usages encore à définir

L’IA est donc un outil avec une force et des capacités importantes. Elle permet et permettra de faire beaucoup de choses ; ses champs d’applications sont potentiellement colossaux.


Au cours de l'événement « Que faire de bien avec l'IA ? », que j’ai organisé avec Cédric Villani à l’Université Bretagne Sud, à Vannes, le 30 janvier dernier (30/01/2026), nous avons décrit ce que nous considérons comme de bonnes applications de l’IA d’ores et déjà mises en place. Nous avons également projeté les décideurs, citoyens et politiques présents vers ce que l’IA nous réserve, en bien et en nettement moins bien.

Dès l’ouverture, Cédric Villani a rappelé l’importance d’un développement maîtrisé, spécialisé et orienté vers l’intérêt général, insistant sur la nécessité de sortir des discours anxiogènes pour revenir à des usages concrets, utiles et scientifiquement fondés.

L’événement est disponible en replay sur la chaîne YouTube de l’UBS (https://www.youtube.com/watch?v=mF_BjhtzEe8 et https://www.youtube.com/watch?v=L4C2sR1bado)..


De l’art à l’agriculture : des applications concrètes et souveraines

Par exemple, Ada Akerman, au cours de la Conférence-Dialogue « L’IA peut-elle être vertueuse, écologiste, artiste et inclusive », nous a montré comment dans le domaine de l’art, l’IA peut être utilisée pour générer des œuvres qui n’ont pas été réalisées mais auraient pu l’être ; ou pour produire des pièces qui évoquent une réalité qui était cachée à une époque donnée et donc absente des œuvres d’art de cette époque.


Mathilde Radek et Daniel Trocmé, dans leur Conférence-Dialogue « Souveraineté alimentaire et IA », ont expliqué comment développer des « Jumeaux Numériques Apprenants » (outils d’IA dédiés au « pilotage robuste et optimisé » des activités des entreprises) pour piloter des élevages de poules pondeuses ou de porcs. Cela faisait écho à l’intervention d’Alain Perrin lors de la table ronde « Les bonnes mises en œuvre de l’IA sont des projets d’entreprises ». Il nous parlait effectivement d’optimisation de récoltes de légumes par l’utilisation de « Jumeaux Numériques Apprenants » de parcelles agricoles qu’Eureden a développés en interne.


Ces développements en interne (réalisés pour les applications tout juste mentionnées) sont gage de souveraineté alimentaire.


Tout ceci était très aligné avec les interventions de Luc Julia — lors de la Conférence-Dialogue « IA à l’interface entre recherche et industrie » et de la table ronde de conclusion « Que pourrait-on faire de bien avec l’IA ? » — qui prône le développement d’IA ultra spécialisées sur des tâches précises et qui dialoguent entre elles. C’est également totalement en phase avec ce sur quoi je travaille depuis de nombreuses années et dont je parlerai dans mes futures news.


Santé, industrie, recherche : l’IA spécialisée s’impose comme modèle

Michel Dojat-Rochy, lors de la Conférence-Dialogue « Les bonnes mises en œuvre de l’IA sont des projets d’entreprises », nous a expliqué que les applications médicales étaient historiquement les premières applications de l’IA et un domaine de choix pour elles. Les IA sont plus pertinentes que les humains pour détecter les pathologies dans les images médicales (radio, IRM, scanner, etc.) ; si elles sont bien orientées par des experts humains.


D’autre part, l’IA aide les médecins généralistes à poser leurs diagnostics et à rédiger leurs comptes-rendus. Enfin, elles permettent, dans la recherche médicale, d’accéder à des cohortes de patients volumineuses et de croiser des données massives.


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A propos de l'auteur

 
Emmanuel Frénod est Professeur en Mathématiques Appliquées à l'Université Bretagne Sud, dont il est le Vice-Président en charge du Pilotage, du Système d'Information et de l'Intelligence Artificielle. Il est membre du Laboratoire de Mathématiques de Bretagne Atlantique (LMBA UMR6205).

Il est également le fondateur de l'entreprise See-d (ses-d.fr) qui réalise des outils au pilotage des activités des entreprises à base d'IA et de Mathématiques.

Il est spécialiste des équations aux dérivées partielles et des méthodes numériques pour simuler des phénomènes avec des oscillations à haute fréquence.

En matière d'intelligence artificielle, en plus de ce qu'il fait dans le cadre de See-d, il fait de la Recherche sur les concepts mathématiques qui sont sous-jacents à