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Innovation : la France relance la dynamique des dépôts de brevets


Jacqueline Sala
Dimanche 5 Avril 2026


L’innovation française accélère en 2025, portée par un net rebond des dépôts de brevets et par la vigueur retrouvée des grands industriels comme de la recherche publique. Mobilité, énergie et numérique tirent la dynamique, tandis que la France confirme son attractivité auprès des titulaires étrangers. Le Palmarès de l’INPI révèle ainsi un écosystème concentré mais en pleine intensification technologique.




Un rebond qui confirme la solidité du tissu innovant

L’année 2025 marque un tournant pour l’innovation française. Avec 16 807 demandes de brevet enregistrées par l’INPI, la progression atteint 8,7 % en un an, signe d’une reprise nette après une phase de stabilisation. Cette dynamique s’inscrit dans un paysage toujours très concentré : les 50 premiers déposants représentent près des deux tiers de l’activité.

Le trio de tête – Stellantis, Safran et Renault Group – illustre la puissance des filières automobile et aéronautique, moteurs historiques de la R&D nationale. La recherche publique, emmenée par le CEA et le CNRS, continue de jouer un rôle d’amplificateur, confirmant la complémentarité entre laboratoires et industriels.

Des acteurs majeurs qui renforcent leurs positions

Le classement 2025 montre une remarquable stabilité parmi les leaders. Les 20 premiers déposants concentrent plus de la moitié des demandes, un niveau comparable à celui de 2024. Stellantis conserve la première place avec 1 294 dépôts, suivi de près par Safran. Renault Group, en forte progression, s’installe sur le podium. L’Oréal, Valeo et Airbus confirment leur présence dans le haut du tableau, tandis qu’Orange gagne du terrain.

Les grandes entreprises dominent largement le top 50, mais les ETI tirent leur épingle du jeu, notamment dans les technologies de rupture liées aux batteries. La montée en puissance d’ACC ou de Verkor illustre l’effervescence d’un secteur stratégique pour la transition énergétique.

Mobilité, numérique et énergie : les piliers technologiques de 2025

La répartition sectorielle confirme la prééminence de la mobilité, qui regroupe près d’un tiers des entreprises les plus actives.

Les innovations liées au transport – électrification, propulsion, assistance à la conduite – concentrent à elles seules un quart des demandes des personnes morales. Les technologies électriques, l’informatique et les techniques de mesure complètent le panorama, dessinant une cartographie où transition énergétique et transformation numérique avancent de concert. Dans certains domaines très spécialisés, comme les moteurs ou turbines, la concentration est extrême : plus de 80 % des titres sont détenus par les acteurs du top 50.

Un stock de brevets dominé par Safran et une forte présence étrangère

À l’échelle européenne, la dynamique française se distingue par un rebond plus marqué que celui observé chez plusieurs voisins industriels.

L’Allemagne, traditionnellement premier déposant du continent, maintient un volume élevé mais connaît une croissance plus modérée, tandis que les Pays-Bas et la Suède poursuivent une progression régulière portée par leurs champions technologiques. La France se positionne ainsi comme l’un des rares grands pays européens à conjuguer hausse des dépôts, vitalité de la recherche publique et montée en puissance de nouveaux acteurs industriels, renforçant son rôle dans la compétition technologique continentale.