Alors que les menaces visant notre patrimoine culturel et cultuel s’intensifient, l’IESAS renforce son rôle d’acteur fédérateur et de force de proposition. Sa présidente, Isabelle Dreuilhe-Leiterer, revient sur les enseignements de 2025, dévoile les ambitions de l’Institut pour 2026 et éclaire les enjeux de la rencontre du 10 mars consacrée à la sécurisation du patrimoine, un défi devenu stratégique pour la France comme pour l’Europe.
1. 2025 a été une année dense pour l’IESAS. Quel regard portez vous sur les actions menées et les évolutions majeures observées dans le domaine de la sécurité des espaces et activités sensibles ?
Je constate que la profession a vu des réformes déontologiques avec le nouveau code d’éthique, le renouvellement obligatoire des licences tous les 5 ans, un appel à la plus grande vigilance lors d’événements publics. Tout ceci est très positif et atteste d’un secteur en mouvement. Il était aussi nécessaire que la Formation initiale des agents privés soit repensée.
Notre Institut a suivi de près les tendances des métiers de la Sécurité privée et publique, et nous constatons une plus grande professionnalisation, une régulation plus stricte, et l’indispensable montée en compétences. Nous saluons aussi les efforts pour combiner sécurité privée et missions publiques complémentaires, en faveur de ce continuum de la Sécurité qui fait partie de l’Adn de notre action associative.
Nous avons analysé et renforcé nos conseils d’évolution dans la sécurité publique du maintien et adaptation des dispositifs anti-terroristes, la sécurité des espaces sensibles, l’intégration de mesures de sécurité privées spécialisées avec des protocoles plus stricts en coordination avec l’État.
Les nouvelles technologies et la cybersécurité, gestion de crise ont été nos points d’intérêt majeurs. L’innovation et les technologies ont été au centre de nos débats, en particulier les usages de l’IA, de la vidéosurveillance, en lien avec le débat sur le droit et les libertés individuelles. Nous avons aussi traité des thèmes spécialisés comme la Médecine de Guerre et de conflits et la Sécurité de l’Air et de l’Espace.
Notre Institut a suivi de près les tendances des métiers de la Sécurité privée et publique, et nous constatons une plus grande professionnalisation, une régulation plus stricte, et l’indispensable montée en compétences. Nous saluons aussi les efforts pour combiner sécurité privée et missions publiques complémentaires, en faveur de ce continuum de la Sécurité qui fait partie de l’Adn de notre action associative.
Nous avons analysé et renforcé nos conseils d’évolution dans la sécurité publique du maintien et adaptation des dispositifs anti-terroristes, la sécurité des espaces sensibles, l’intégration de mesures de sécurité privées spécialisées avec des protocoles plus stricts en coordination avec l’État.
Les nouvelles technologies et la cybersécurité, gestion de crise ont été nos points d’intérêt majeurs. L’innovation et les technologies ont été au centre de nos débats, en particulier les usages de l’IA, de la vidéosurveillance, en lien avec le débat sur le droit et les libertés individuelles. Nous avons aussi traité des thèmes spécialisés comme la Médecine de Guerre et de conflits et la Sécurité de l’Air et de l’Espace.
2. En entrant dans 2026, quels sont les axes prioritaires que vous souhaitez renforcer au sein de l’IESAS, tant sur le plan opérationnel que stratégique ?
Les axes stratégiques majeurs pour l’Institut seront de passer urgemment à une Sécurité anticipative et plus collective, dans le sens coordination étroite entre Sécurité publique et privée. Il faudrait idéalement Repenser la gouvernance nationale et territoriale de la Sécurité, comme s’y engagent avec motivation et courage décisionnel nos partenaires les associations professionnelles et fédérations, institutionnels.
Il est grand temps de reconsidérer et redéfinir le rôle stratégique de la sécurité privée comme « un acteur majeur ». Pour ce faire, misons sur la professionnalisation, la montée en compétences rapide de tous les acteurs économiques en gestion de crise et résilience opérationnelle, et en particulier les collectivités, les milieux de la santé, la distribution de luxe, les lieux culturels et cultuels ouverts, tous très ciblées et toujours vulnérables.
Ceci sera possible et pérenne si nous aidons à renforcer la culture Sécurité, l’évaluation, l’amélioration continue et la résilience. Nous envisageons qu’à court-moyen terme, grâce aux efforts de communication, information-sensibilisation et formation de nos adhérents professionnels du secteur, chaque acteur économique sache comment faire de ses anciennes faiblesses de nouvelles forces en Sécurité, étonne et conforte par l’acquisition et la maitrise de nouvelles pratiques et technologies, en sécurisant les environnements ouverts ou sensibles plus à risques.
Il est grand temps de reconsidérer et redéfinir le rôle stratégique de la sécurité privée comme « un acteur majeur ». Pour ce faire, misons sur la professionnalisation, la montée en compétences rapide de tous les acteurs économiques en gestion de crise et résilience opérationnelle, et en particulier les collectivités, les milieux de la santé, la distribution de luxe, les lieux culturels et cultuels ouverts, tous très ciblées et toujours vulnérables.
Ceci sera possible et pérenne si nous aidons à renforcer la culture Sécurité, l’évaluation, l’amélioration continue et la résilience. Nous envisageons qu’à court-moyen terme, grâce aux efforts de communication, information-sensibilisation et formation de nos adhérents professionnels du secteur, chaque acteur économique sache comment faire de ses anciennes faiblesses de nouvelles forces en Sécurité, étonne et conforte par l’acquisition et la maitrise de nouvelles pratiques et technologies, en sécurisant les environnements ouverts ou sensibles plus à risques.
La rencontre du 10 mars porte sur un thème fort : “Sécuriser notre patrimoine culturel et cultuel est un enjeu majeur pour la France et pour l’Europe.” Pourquoi ce sujet s’impose t il aujourd’hui avec autant d’urgence ?
L’actualité pointe en permanence ces vols et dégradations de notre patrimoine culturel et cultuel. La Sécurité dans ce domaine est autant liée à la valeur inestimable et irremplaçable des biens, qu’il y a une forte attractivité symbolique de ces biens publics et privés.
Les sites sont ouverts au public, et souvent très anciens, ils sont peu adaptés à la sécurité moderne. Il y a un équilibre délicat à trouver entre protection, accueil du public et conservation.
Aussi les actions de prévention, de conseil, de gestion des multirisques en sécurité du patrimoine doivent être sur-mesure et pluridisciplinaires. Et il y a une certaine urgence, du fait du contexte économique, politique et social qui nourrit plus les initiatives malveillantes et plus de dégradations.
Les sites sont ouverts au public, et souvent très anciens, ils sont peu adaptés à la sécurité moderne. Il y a un équilibre délicat à trouver entre protection, accueil du public et conservation.
Aussi les actions de prévention, de conseil, de gestion des multirisques en sécurité du patrimoine doivent être sur-mesure et pluridisciplinaires. Et il y a une certaine urgence, du fait du contexte économique, politique et social qui nourrit plus les initiatives malveillantes et plus de dégradations.
Quels apports concrets attendez vous des trois tables rondes réunissant experts, institutions et acteurs de terrain, et comment ces échanges nourriront ils les travaux de l’IESAS ?
Les 3 tables rondes qui traiteront de l’état des lieux, des faits, des modes opératoires et des solutions technologiques et humaines. Nous attendons de ces échanges, une analyse et des témoignages d’expérience qui feront progresser les professionnels de la Sécurité.
Nous comptons porter à la connaissance des participants à la conférence de la Sécurité ce qui constitue un levier de continuité d’activité et de résilience, plutôt qu’un centre de coût.
Je pense que c’est la combinaison des savoir-faire humains et de la technologie qui ouvre le champ des possibles sur des solutions hybrides qui amplifient l’efficacité opérationnelle.
Nous souhaitons bénéficier des apports et échanges qui favorisent la construction d’une chaîne de sécurité publique-privée cohérente, sans zones grises. Ensemble nous envisagerons ces dispositifs de demain, qui seront proportionnés aux risques actuels et futurs, adaptatifs et crédibles.
Nous comptons porter à la connaissance des participants à la conférence de la Sécurité ce qui constitue un levier de continuité d’activité et de résilience, plutôt qu’un centre de coût.
Je pense que c’est la combinaison des savoir-faire humains et de la technologie qui ouvre le champ des possibles sur des solutions hybrides qui amplifient l’efficacité opérationnelle.
Nous souhaitons bénéficier des apports et échanges qui favorisent la construction d’une chaîne de sécurité publique-privée cohérente, sans zones grises. Ensemble nous envisagerons ces dispositifs de demain, qui seront proportionnés aux risques actuels et futurs, adaptatifs et crédibles.
Face à la montée des risques — malveillance, trafics, vulnérabilités structurelles — quelles solutions ou dynamiques collectives vous semblent les plus prometteuses pour mieux protéger notre patrimoine dans les années à venir ?
Il faudrait idéalement avoir une veille, une analyse et une approche plus globales des menaces, en passant d’une sécurité réactive à une sécurité anticipative et prédictive, qui tienne en compte l’évolution des modes opératoires.
Si l’on vivait plus moins dans l’immédiateté et plus en projection de chaque risque classique (vol, malveillance, dégradation) ou nouveau (cyber), en analysant leur probabilité, la force de leur impact, leur niveau, leur priorité, on éviterait de privilégier les investissements à très court terme, qui fragilisent et ne pérennisent pas, aux investissements à moyen-long terme plus sécurisants.
Et puis n’oublions pas que le 1er facteur de risques reste l’humain : l’agent de Sécurité ne doit pas être un simple exécutant mais doit devenir et se renforcer en « capteur intelligent et pro-actif ».
Si l’on vivait plus moins dans l’immédiateté et plus en projection de chaque risque classique (vol, malveillance, dégradation) ou nouveau (cyber), en analysant leur probabilité, la force de leur impact, leur niveau, leur priorité, on éviterait de privilégier les investissements à très court terme, qui fragilisent et ne pérennisent pas, aux investissements à moyen-long terme plus sécurisants.
Et puis n’oublions pas que le 1er facteur de risques reste l’humain : l’agent de Sécurité ne doit pas être un simple exécutant mais doit devenir et se renforcer en « capteur intelligent et pro-actif ».
Peut-être une remarque plus personnelle, un rendez-vous, un conseil de lecture ?
La sécurité intérieure est devenue un pilier de l'action européenne, avec un réel impact sur les politiques nationales. Et sur ce thème, je conseille la lecture de l’ouvrage récent « La politique européenne de sécurité intérieure - Jean Mafart, Préfet spécialiste des questions de sécurité et de justice, affaires européennes et internationales, gestion de crise, conduite du changement, négociation (Editions Bruylant, août 2025) »
Merci Isabelle Dreuilhe-Leiterer d’avoir répondu à nos questions...
... retrouvons-nous le 10 mars matin, ces valeurs qui fondent notre projet de Sécurité du patrimoine européen,
pour que le patrimoine volé ne fasse plus la une de nos actualités !
pour que le patrimoine volé ne fasse plus la une de nos actualités !
Inscrivez – vous d'ici le 7 mars au plus tard :
Vous êtes sympathisant – non membre IESAS :
https://my.weezevent.com/sympathisants-non-membres-iesas
Vous êtes intervenant – Presse :
https://my.weezevent.com/iesas-intervenants-presse-securite-et-patrimoine-10-03-2026
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A propos de...
Isabelle Dreuilhe-Leiterer, Consultante et formatrice, spécialiste de l'innovation et des risques internationaux, est aussi Présidente de l'Institut Européen des Science Avancées de la Sécurité depuis février 2025. Elle accompagne depuis des années les organisations dans leurs transformations humaines, commerciales et technologiques. Elle défend une vision exigeante du conseil, fondée sur l'écoute, la rigueur et l'impact des solutions innovantes et sécurisantes en lien avec l'actualité française et internationale. Elle œuvre pour faire de l'IESAS un acteur reconnu du développement des compétences en sécurité et de l'innovation technologique du secteur. Son parcours mêle ouverture et collaboratif, exigence et engagement.

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