La vidéo « Comment la Chine est devenue imbattable ? » de Matthieu Stefani montre une Chine qui a su être antifragile après que les Européens, puis les USA l’aient sortie de sa torpeur.
C’est à notre tour de nous montrer « antifragiles », d’ailleurs, nous y sommes acculés.
La vision futurologique
L’Europe, la Chine et les USA ont en commun une géographie favorable à l’épanouissement des Hommes. Par exemple : des plaines fertiles et des saisons.
Leurs histoires respectives se déroulent au gré de l’évolution de leur géographie et d’opportunités. En particulier, l’affaiblissement de l’un profite à un autre et ainsi de suite.
Chaque zone géopolitique connaît donc des phases de progrès. Mais, ces progrès nécessitent des encadrements, et ces encadrements finissent par rendre difficile l’accès aux progrès suivants.
Alors, il y a transfert de progrès vers une autre zone, qui à son tour va dérouler sa phase d’évolution puis d’essoufflement.
Ainsi, l’Europe s’est nourrie des connaissances du Moyen-Orient. L’Amérique du Nord a prolongé les savoir-faire du 19ème siècle de l’Europe. La Chine a, durant la seconde moitié du 20ème siècle « repiqué » les ambitions de l’Occident pour les exacerber.
La rotation s’accélère, mais plus ces phases sont courtes, moins elles sont robustes.
Leurs histoires respectives se déroulent au gré de l’évolution de leur géographie et d’opportunités. En particulier, l’affaiblissement de l’un profite à un autre et ainsi de suite.
Chaque zone géopolitique connaît donc des phases de progrès. Mais, ces progrès nécessitent des encadrements, et ces encadrements finissent par rendre difficile l’accès aux progrès suivants.
Alors, il y a transfert de progrès vers une autre zone, qui à son tour va dérouler sa phase d’évolution puis d’essoufflement.
Ainsi, l’Europe s’est nourrie des connaissances du Moyen-Orient. L’Amérique du Nord a prolongé les savoir-faire du 19ème siècle de l’Europe. La Chine a, durant la seconde moitié du 20ème siècle « repiqué » les ambitions de l’Occident pour les exacerber.
La rotation s’accélère, mais plus ces phases sont courtes, moins elles sont robustes.
La vision politique
Le progrès résulte d’un long enchaînement d’essais – erreurs. C’est une affaire de patience. Ces derniers temps, les USA puis la Chine ont poussé à outrance les progrès technologiques, ainsi que les armes financières et numériques.
Ces progrès améliorent éventuellement la vie matérielle, mais pas vraiment la vie sociale et ils génèrent des externalités négatives sur l’environnement.
Les USA ont poussé à l’extrême le capitalisme, ce qui a généré les hyper-riches. La Chine a développé le communisme concurrentiel et donc « antirobuste ».
Or, le modèle durable est celui qui donne de la latitude aux citoyens puisqu’ils sont tous potentiellement porteurs de talents. Contrarier ses talents par un environnement trop sélectif, expose à des retournements populaires potentiellement violents.
Ce sont donc des progrès non durables qui explosent hors d’Europe. Ils ont néanmoins le mérite de la sortir de sa torpeur.
La Chine montre avec gourmandise ses villes exubérantes, affiche fièrement ses ambitions spatiales et explique aux Occidentaux comment ses modes de pensées sont puissants.
Avec la valse des droits de douane, le drame ukrainien, « le mage du Kremlin », ou encore l’affaire Epstein, l’Europe découvre combien elle s’est laissée fragiliser et qu’elle est dirigée par des personnalités peu préparées à poser un problème sans s’engouffrer dans des postures partisanes.
L’Histoire nous montre que ce ne sont pas les institutions qui vont assurer le rebondissement, ce sont les générations montantes, avec l’aide de leurs aînés.
Ces progrès améliorent éventuellement la vie matérielle, mais pas vraiment la vie sociale et ils génèrent des externalités négatives sur l’environnement.
Les USA ont poussé à l’extrême le capitalisme, ce qui a généré les hyper-riches. La Chine a développé le communisme concurrentiel et donc « antirobuste ».
Or, le modèle durable est celui qui donne de la latitude aux citoyens puisqu’ils sont tous potentiellement porteurs de talents. Contrarier ses talents par un environnement trop sélectif, expose à des retournements populaires potentiellement violents.
Ce sont donc des progrès non durables qui explosent hors d’Europe. Ils ont néanmoins le mérite de la sortir de sa torpeur.
La Chine montre avec gourmandise ses villes exubérantes, affiche fièrement ses ambitions spatiales et explique aux Occidentaux comment ses modes de pensées sont puissants.
Avec la valse des droits de douane, le drame ukrainien, « le mage du Kremlin », ou encore l’affaire Epstein, l’Europe découvre combien elle s’est laissée fragiliser et qu’elle est dirigée par des personnalités peu préparées à poser un problème sans s’engouffrer dans des postures partisanes.
L’Histoire nous montre que ce ne sont pas les institutions qui vont assurer le rebondissement, ce sont les générations montantes, avec l’aide de leurs aînés.
Avec quels moyens ?
La Chine allonge des chiffres impressionnants quant aux moyens humains et financiers qu’elle consacre à ses innovations.
Les USA comptent sur ses partenaires pour continuer à nourrir ses propres innovations.
Pour l’Europe le renouveau devient une affaire de volonté collective. Cela a été doucement rappelé dans le discours du Premier ministre canadien Mark Carney à Davos, dans celui de Giovanni Malago, lors de l’ouverture des jeux Olympiques de Milan Cortina 2026 ou encore cette semaine à Berlin. Elle va le faire à sa manière.
L’Europe puise sa singularité dans sa géographie en forme de mosaïque, contrairement aux USA et à la Chine qui bénéficient de grands espaces. Cela lui confère, l’obligation d’avoir une gouvernance fractale qui va du local vers le global.
Elle a donc l’obligation de développer une économie elle-même fractale : basée sur l’économie circulaire et composée de maillages d’entreprises à taille humaine, adossées à un vivier de start-ups et piloté avec une stratégie industrielle et sociale qui met en synergie les intérêts locaux et la cohérence globale.
Selon le proverbe africain : « Seul, on va plus vite, ensemble on va plus loin », notre problème est « faire ensemble », c’est-à-dire trouver un équilibre entre la concentration de talents et l’ensemencement des savoirs au sein de notre mosaïque.
Nos challengers ont beaucoup innové et nous montrent les limites à ne pas dépasser. Il nous revient d’en tirer les enseignements pour nous diriger vers un modèle de société plus mature qui ne vise pas seulement le bien-être matériel, mais aussi la qualité du vivre ensemble.
Un modèle qui ne vise pas la performance, mais la robustesse. Cela passe par un modèle qui équilibre la rente de la terre (économie agraire), la rente du capital (économie productive) et la rente du patrimoine humain (économie contributive).
C’est autour de cette approche que nous nous nous réinventons.
Les USA comptent sur ses partenaires pour continuer à nourrir ses propres innovations.
Pour l’Europe le renouveau devient une affaire de volonté collective. Cela a été doucement rappelé dans le discours du Premier ministre canadien Mark Carney à Davos, dans celui de Giovanni Malago, lors de l’ouverture des jeux Olympiques de Milan Cortina 2026 ou encore cette semaine à Berlin. Elle va le faire à sa manière.
L’Europe puise sa singularité dans sa géographie en forme de mosaïque, contrairement aux USA et à la Chine qui bénéficient de grands espaces. Cela lui confère, l’obligation d’avoir une gouvernance fractale qui va du local vers le global.
Elle a donc l’obligation de développer une économie elle-même fractale : basée sur l’économie circulaire et composée de maillages d’entreprises à taille humaine, adossées à un vivier de start-ups et piloté avec une stratégie industrielle et sociale qui met en synergie les intérêts locaux et la cohérence globale.
Selon le proverbe africain : « Seul, on va plus vite, ensemble on va plus loin », notre problème est « faire ensemble », c’est-à-dire trouver un équilibre entre la concentration de talents et l’ensemencement des savoirs au sein de notre mosaïque.
Nos challengers ont beaucoup innové et nous montrent les limites à ne pas dépasser. Il nous revient d’en tirer les enseignements pour nous diriger vers un modèle de société plus mature qui ne vise pas seulement le bien-être matériel, mais aussi la qualité du vivre ensemble.
Un modèle qui ne vise pas la performance, mais la robustesse. Cela passe par un modèle qui équilibre la rente de la terre (économie agraire), la rente du capital (économie productive) et la rente du patrimoine humain (économie contributive).
C’est autour de cette approche que nous nous nous réinventons.
Concrètement...
La Chine veut vendre ses surplus aux Européens. Mais, nous n’allons pas lui acheter des grilles pains fabriqués dans ses « usines noires » (entièrement robotisées). Nous allons les fabriquer nous-mêmes avec nos propres robots et à partir de matériaux en partie recyclés. Ainsi, nous ramènerons à des proportions raisonnables la circulation des milliers de cargos sur nos mers et sur nos routes.
Pour y parvenir, bien des progrès sociétaux sont à développer pour transférer les gains de ressources humaines obtenues dans les usines pour les redéployer dans l’économie agraire et l’économie contributive.
Au niveau international, nous allons progressivement échanger des biens et des services exceptionnels ainsi que des ressources minières, énergétiques ou agricoles, dans le cadre d’une souveraineté basée sur les réciprocités réfléchies.
Tant mieux pour les Chinois qui ont fait un bond en avant, comme nous l’avons fait durant les siècles précédents et comme nous allons le faire à présent si nous nous libérons des entraves que nous avons laissé prospérer sur notre sol.
Pour y parvenir, bien des progrès sociétaux sont à développer pour transférer les gains de ressources humaines obtenues dans les usines pour les redéployer dans l’économie agraire et l’économie contributive.
Au niveau international, nous allons progressivement échanger des biens et des services exceptionnels ainsi que des ressources minières, énergétiques ou agricoles, dans le cadre d’une souveraineté basée sur les réciprocités réfléchies.
Tant mieux pour les Chinois qui ont fait un bond en avant, comme nous l’avons fait durant les siècles précédents et comme nous allons le faire à présent si nous nous libérons des entraves que nous avons laissé prospérer sur notre sol.
A propos de...
Geneviève Bouché est futurologue, conférencière et membre de La Fabrique du Futur. Ingénieure de formation, elle analyse depuis plus de vingt ans les transformations économiques, technologiques et sociétales. Auteure et entrepreneure, elle défend une vision humaniste de l’innovation et accompagne dirigeants et institutions dans la construction de modèles durables, résilients et centrés sur la valeur humaine.

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