Prospective

Lisez ! " Scénarios pour le XXIe siècle : vers le pire ou le meilleur ? " Editions Hermann

À l’horizon 2100, l’humanité face à ses bifurcations décisives.


Jacqueline Sala
Mercredi 13 Mai 2026


Publié en avril 2026, le travail de la Fondation 2100, placée sous l’égide du CNRS, propose une lecture structurante des futurs possibles de l’humanité. À travers six scénarios et trois tendances majeures, l’étude éclaire les choix politiques, technologiques et écologiques qui détermineront notre trajectoire d’ici 2100, moment où convergeront les crises systémiques actuelles.



Lisez ! " Scénarios pour le XXIe siècle : vers le pire ou le meilleur ? "  Editions Hermann
Trois marqueurs structurent la prospective :

- 2100, horizon où les crises atteignent maturité ;
- 6, nombre de scénarios possibles, rappelant que l’avenir reste ouvert ;
- 2026, année charnière marquant le début d’une décennie décisive pour éviter les sentiers de dépendance irréversibles.

Une planète sous tension : la rupture éco‑climatique

La première force structurante identifiée par la Fondation 2100 est la rupture éco‑climatique.

Le changement climatique agit comme un multiplicateur de risques, fragilisant l’eau, l’agriculture et la biodiversité. À mesure que les points de bascule se rapprochent, les stratégies de croissance linéaire deviennent obsolètes. L’humanité devra arbitrer entre adaptation radicale et exposition accrue aux dérèglements, un choix qui conditionnera l’ensemble des trajectoires futures.

La convergence techno‑sociétale : promesse ou fracture

La deuxième tendance, la convergence techno‑sociétale, repose sur l’accélération des technologies — IA, biotechnologies, automatisation — et la transformation des structures sociales.
Cette dynamique peut renforcer les capacités collectives ou, au contraire, creuser un désalignement profond entre innovations et besoins humains. Le risque majeur réside dans une rupture du contrat social, notamment si la régulation mondiale échoue à encadrer ces mutations.

Recomposition géopolitique : un monde fragmenté

La troisième force, la recomposition géopolitique et démographique, voit le centre de gravité mondial basculer vers le Sud global. L’obsolescence des institutions multilatérales héritées du XXᵉ siècle complique la coopération internationale au moment même où elle devient indispensable.

Cette fragmentation pourrait verrouiller l’humanité dans des logiques de blocs, rendant plus difficile la gestion des crises globales.

Six futurs possibles : entre transformation et effondrement

L’étude publiée en 2026 propose six scénarios structurants, répartis entre trajectoires de transformation et risques d’effondrement. Les futurs positifs — Symbiocène, Techno‑humanisme, Reconstruction après crise — reposent sur l’innovation systémique, la solidarité et l’alignement avec les limites planétaires.

À l’inverse, les scénarios sombres — Mondes en blocs, Sociétés sous contrôle, Catastrophes globales — illustrent les conséquences d’un multilatéralisme défaillant, d’une technologie mal gouvernée ou de ruptures physiques extrêmes.

Vers une culture de l’anticipation

Les auteurs — Jean‑Éric Aubert, Denis Lacroix, Christine Afriat, Daniel Kaplan, Françoise Roure et Jacques Theys — appellent à diffuser la prospective au‑delà des cercles experts. Ils recommandent d’institutionnaliser la veille stratégique, d’arbitrer les bifurcations critiques et de stimuler une innovation symbiotique alignée sur les limites planétaires.

À l’horizon 2100, l’avenir n’est pas un destin subi mais un territoire à construire. Les choix opérés aujourd’hui détermineront si l’humanité s’oriente vers le pire ou vers le meilleur.

« Face à des transformations d’une ampleur inédite, notre responsabilité collective
est de comprendre les conséquences de l’inaction et d’imaginer des trajectoires
souhaitables. En analysant des mégatendances à l’échelle du siècle, cet ouvrage
propose des cartes et identifie des scénarios, qui sont des routes possibles. L’avenir
n’est pas écrit : il dépend des décisions que nous prenons aujourd’hui. »

Jean-Eric AUBERT et Denis LAC

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