Une crise née dans l’espace informationnel
La chute du pouvoir à Madagascar en 2025 ne s’est pas jouée uniquement dans les rues ou les institutions. Elle a d’abord pris racine dans une crise informationnelle, déclenchée par une contestation locale qui, en quelques heures, s’est transformée en mouvement national grâce à une jeunesse hyperconnectée.
Les réseaux sociaux ont servi de caisse de résonance, amplifiant les revendications et donnant une visibilité immédiate aux récits citoyens.
Les réseaux sociaux ont servi de caisse de résonance, amplifiant les revendications et donnant une visibilité immédiate aux récits citoyens.
La bataille perdue du tempo informationnel
Face à cette accélération, le gouvernement s’est retrouvé incapable de maîtriser le rythme imposé par la viralité numérique. Les images de répression, diffusées en temps réel, ont redéfini la perception du réel et se sont muées en armes politiques. Le pouvoir a tragiquement perdu la bataille du tempo informationnel, laissant les narratifs citoyens imposer leur cadence et leur légitimité.
L’absence de souveraineté informationnelle
Cette incapacité à anticiper et à contrer les flux numériques révèle une fragilité plus profonde : l’absence de souveraineté informationnelle et de veille stratégique. Les narratifs externes ont pu s’infiltrer dans la crise, orienter les perceptions et accentuer la déstabilisation. Ce déficit de maîtrise a montré combien l’information est devenue un champ de confrontation stratégique à part entière.
Le pouvoir des algorithmes
La crise malgache illustre une vérité désormais incontournable : le pouvoir ne se conquiert plus seulement sur les places publiques, mais dans les algorithmes qui façonnent l’opinion et hiérarchisent les récits. Les réseaux sociaux, par leur logique virale et leur capacité à imposer des images comme preuves, redéfinissent les conditions mêmes de l’exercice du pouvoir.
À Madagascar, cette mutation s’est traduite par une chute brutale, révélant que la souveraineté politique passe désormais par la maîtrise des dynamiques informationnelles.
D'une contestation locale à une crise nationale
À Madagascar en 2025, le pouvoir n’est pas tombé dans la rue mais dans les algorithmes. La jeunesse hyperconnectée a imposé son tempo, transformant une contestation locale en crise nationale et révélant l’absence de souveraineté informationnelle.
La chute du régime illustre une vérité stratégique : l’arène du pouvoir est désormais numérique.
La chute du régime illustre une vérité stratégique : l’arène du pouvoir est désormais numérique.
Cette publication a été réalisée dans le cadre d’un projet pour le
Master Intelligence Économique. IFIS - Université Gustave Eiffel
par Nesrine Badrouch , Flora Bouamar , Redwan Mahmoud , Mathias Sidibe , Lou P.

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