Cette première sélection reflète la richesse des regards, des sujets et des écritures qui ont marqué l’année 2025.
Elle ouvre aussi la voie aux prochaines étapes du prix.
La cérémonie de remise des Prix aura lieu le 9 avril 2026 au Palais des Congrès de Tours en présence de Fabrice Arfi, président du jury 2026.
Une photographie des pratiques journalistiques de l’année écoulée
Cette sélection initiale, qui précède les délibérations finales, offre un panorama riche des sujets qui ont façonné l’actualité : crises sociales, mutations technologiques, enjeux démocratiques, mais aussi récits plus intimes qui éclairent autrement notre époque. Le jury, composé de professionnels reconnus, a retenu des œuvres qui se distinguent autant par leur rigueur que par leur capacité à renouveler les formes du récit journalistique.
Un jury présidé par Fabrice Arfi
La publication de ces premières listes marque ainsi le début d’un processus qui se veut à la fois transparent et exigeant. Les œuvres retenues devront désormais franchir les étapes successives de la sélection, jusqu’à la désignation des lauréats en avril.
Catégorie Livre de Journalisme : enquêtes, analyses et récits du réel
La sélection Livre des Prix 2026 des Assises du Journalisme réunit dix ouvrages qui témoignent de la vitalité d’un journalisme d’enquête et de récit profondément ancré dans les enjeux de notre époque. Claude Ardid ouvre la marche avec La Fabrique du malheur, une plongée dans les dérives d’un système administratif devenu machine à broyer. Nora Bouazzouni poursuit cette exploration des angles morts sociaux en révélant, dans Violences en cuisine, les abus et rapports de force qui gangrènent les coulisses de la gastronomie.
Avec Armes de distraction massive, Philippe Corbé interroge la manière dont l’information est manipulée et saturée, tandis que Paul Deutschmann, Simon Piel et Joan Tilouine dévoilent dans L’Empire les réseaux d’influence qui structurent les sphères du pouvoir. Marion Dubreuil propose un récit plus intime avec Mazan, la traversée du Styx, quand Nastasia Hadjadji et Olivier Tesquet, dans Apocalypse Nerds, scrutent les imaginaires numériques et les communautés technophiles.
Isabelle Lasserre revisite un moment clé de l’histoire diplomatique dans Les Fantômes de Munich, et François‑Xavier Ménage redonne une place aux invisibles dans Les oubliés. Olivier Pérou et Charlotte Belaïch analysent les logiques d’emprise collective dans La Meute, tandis qu’Arthur Sarradin, avec Le nom des ombres, explore les zones grises du réel à travers une enquête où le doute devient moteur du récit.
Ensemble, ces ouvrages composent une sélection dense et engagée, où l’écriture journalistique se fait à la fois outil d’enquête, de compréhension et de transmission.
Enquêter, analyser, comprendre : les sciences des médias aujourd’hui
La catégorie Recherche des Prix 2026 rassemble huit ouvrages qui interrogent en profondeur les mutations du paysage médiatique et les conditions contemporaines de production de l’information.
Allan Deneuville ouvre la réflexion avec une analyse de l’OSINT et de son rôle croissant dans les enquêtes comme dans la vitalité démocratique. Arnaud Mercier s’attache, lui, à décrypter les mots de la désinformation et de la manipulation, offrant un outil précieux pour comprendre les stratégies discursives qui brouillent le débat public.
Adeline Wrona revisite la figure d’Émile de Girardin, pionnier de la presse moderne, dont elle éclaire l’influence durable sur les pratiques journalistiques. Nikos Smyrnaios propose une lecture historique et critique de l’espace public, depuis la presse bourgeoise jusqu’aux géants de la Silicon Valley, montrant comment le capital façonne les conditions mêmes de la communication.
Avec une approche sémio-discursive, Malika Temmar explore les liens entre philosophie et médias dans la presse française contemporaine, tandis que Christophe Magis défend une critique matérialiste des médias, attentive aux rapports de force économiques et sociaux qui structurent le secteur. Flore Di Sciullo retrace l’aventure d’Art Press et son rôle dans la défense des avant-gardes artistiques, révélant la manière dont une revue peut contribuer à construire le contemporain. Enfin, Édouard Bouté analyse les images et discours de la répression, questionnant la manière dont le pouvoir se met en scène et se justifie à travers ses représentations.
Ensemble, ces ouvrages composent une sélection exigeante, tournée vers la compréhension des mécanismes profonds qui façonnent l’information, ses usages et ses dérives.

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