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Que d’émotions !


Jacqueline Sala


Ce doit être l’été qui fait ça mais chaque fois que je reviens de vacances je me sens un peu plus sentimentale, plus triste ou plus joyeuse, moins pessimiste ou très enthousiaste, cela dépend. Bien-sûr « cela dépend » mais de quoi ?



Que d’émotions !
Parce qu’au fond, en un mois, rien ne change : ni le pouvoir d’achat, ni les conflits géopolitiques, ni le taux de chômage, ni la faim dans le monde, ni les soldats qui tombent, ni mon banquier… Bref, je sais bien mais quand même ! Tiens rien que pour vous donner un exemple : les visages illuminés des partisans de Barak Obama lors de l’investiture démocrate. C’est pas rien 80.000 « croyants » chauffés à point pour à peine 60 millions de dollars. L’euphorie ! J’étais sur le point d’applaudir moi aussi. Mais bon, en France, c’est pas pareil.
Il faut dire que l’on avait commencé très fort la trêve estivale avec la libération d’Ingrid Bétancourt, visage irradié par le miracle de la liberté recouvrée. J’avais l’impression d’y être dans la jungle colombienne. Par contre les rumeurs de nettoyage ethnique en Ossétie, les images insupportables de paysans presque centenaires jetés sur les routes, malades, désespérés, presque morts, je n’en pouvais plus. J’ai zappé. C’était trop dur.
Du coup, je me suis un peu renseignée. Les spécialistes des neurosciences connaissent cela très bien. Ils ont beaucoup travaillé là-dessus et les recherches scientifiques et comportementales s’empilent. Tu m’étonnes !
Le plus surprenant c’est que selon eux ce serait une bonne chose. J’ai même appris que cela portait un nom « le citoyen sentimental ». Si, si : un livre a été publié là-dessus il y a quelques mois aux Presses de Sciences Po. George E. Marcus, son auteur, insiste sur « le rôle positif joué par nos émotions dans nos décisions politiques. L’anxiété par exemple, loin de jeter les électeurs dans les bras d’un homme fort, et d’être un danger pour la démocratie, les fait réfléchir. Elle les détourne de leurs habitudes acquises et encourage des comportements rationnels ». C’est dingue, j’avais pas l’impression. Mais la science est la science, n’est-ce pas ?
Attendez, il n’y a pas que les chercheurs, les intellectuels s’y mettent aussi. Un think-tank espagnol phosphore sur l'art de la rhétorique revisité à l’ère du web 2.0 et de Delimotion. Conclusion : « S'ils veulent améliorer la démocratie, les professionnels de la politique et de la communication doivent prêter une plus grande attention à l'analyse de la rhétorique classique... qui contribue à la distinction entre bons et mauvais arguments."? Vous avez bien lu : tout cela c’est pour améliorer la démocratie. Et dire que depuis ma petite enfance, on me répète qu’il faut garder la tête froide pour prendre des bonnes décisions. Bizarre ?

















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