Source. Riskintel, 12 mars 2026, Paris
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Dans le discours d’Alain Juillet, les BRICS+ incarnent la contestation d’un ordre international dominé depuis 1945 par les puissances occidentales. Ils revendiquent leur souveraineté, refusent les normes imposées par l’Europe
et contestent le « deux poids deux mesures » des institutions internationales.
Un cycle de cinq siècles qui s’achève
Pour Alain Juillet, le monde vit une rupture historique. L’architecture internationale héritée de 1945 ne correspond plus à la réalité économique et démographique.
Le centre de gravité s’est déplacé vers l’Asie, où les BRICS dépassent désormais largement le G7 en PIB en parité de pouvoir d’achat. « Aujourd’hui le centre du gravité du monde il est en Asie », rappelle-t-il. La domination occidentale, entamée en 1492 et prolongée après 1945 par un ordre fondé sur le droit et la morale, touche à sa fin.
Le centre de gravité s’est déplacé vers l’Asie, où les BRICS dépassent désormais largement le G7 en PIB en parité de pouvoir d’achat. « Aujourd’hui le centre du gravité du monde il est en Asie », rappelle-t-il. La domination occidentale, entamée en 1492 et prolongée après 1945 par un ordre fondé sur le droit et la morale, touche à sa fin.
La guerre hybride comme nouveau normal
Le monde n’est plus structuré par des règles communes mais par des rapports de force permanents.
Alain Juillet décrit une « guerre hybride » totale, mêlant économie, technologie, monnaie, droit et information. Dans cet environnement, la distinction entre paix et conflit disparaît. « Tout est une arme », insiste-t-il. Les États-Unis adoptent une logique d’empire transactionnelle, cherchant à verrouiller technologies, ressources et zones d’influence. La Chine, elle, avance patiemment, selon une stratégie d’encerclement inspirée du jeu de go.
Alain Juillet décrit une « guerre hybride » totale, mêlant économie, technologie, monnaie, droit et information. Dans cet environnement, la distinction entre paix et conflit disparaît. « Tout est une arme », insiste-t-il. Les États-Unis adoptent une logique d’empire transactionnelle, cherchant à verrouiller technologies, ressources et zones d’influence. La Chine, elle, avance patiemment, selon une stratégie d’encerclement inspirée du jeu de go.
Une Europe paralysée par ses propres normes
Face à ces deux empires, l’Europe apparaît affaiblie, divisée et prisonnière de son inflation réglementaire. Machine à normes, elle a freiné ses propres atouts, notamment le nucléaire, et dépend désormais d’énergies plus coûteuses. Incapable de parler d’une seule voix, elle subit les rapports de force plutôt qu’elle ne les façonne.
Innover pour survivre
Selon lui, les Européens ne sont pas condamnés, mais leur survie dépend de leur capacité à accepter ce nouvel environnement conflictuel et à se réinventer. La croissance ne viendra plus du continent : il faudra aller la chercher ailleurs et investir massivement dans l’innovation, domaine où la Chine et les États-Unis creusent l’écart. « Les faibles ne vont pas mourir… à condition qu’ils réagissent », conclut-il.
L'évènement
Riskintel 2026 a rassemblé dirigeants, experts et responsables publics pour décrypter les tensions géopolitiques, économiques et technologiques qui redessinent le risque. Placé sous le signe de l’innovation, l’événement a exploré l’impact de la transformation numérique sur les organisations, les modèles économiques et la sécurité, au cœur d’un écosystème réunissant plus de 350 décideurs
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A propos de ...
Ancien directeur du renseignement à la DGSE, il a porté l’intelligence économique au sommet de l’État en devenant Haut responsable auprès du Premier ministre. Formé à Stanford et au Groupe HEC, colonel parachutiste de réserve, il a navigué entre grandes entreprises et hautes fonctions publiques. Aujourd’hui, il reste une voix incontournable sur la souveraineté, la guerre économique et les recompositions géopolitiques.
Alain Juillet est président d'honneur de l'Académie d'Intelligence Economique.

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