Un mécanisme européen de protection civile de plus en plus sollicité
Créé en 2001, le mécanisme de protection civile de l’Union européenne s’impose comme l’un des piliers de la réponse collective aux catastrophes majeures. En vingt-cinq ans, il a été mobilisé plus de 800 fois, témoignant de son rôle central dans la coordination des secours entre États membres.
L’année 2024 illustre cette intensification : 58 activations ont été recensées, couvrant un spectre très large de crises. Le dispositif a été engagé aussi bien pour répondre aux conflits en Ukraine et au Moyen-Orient que pour soutenir les pays touchés par des inondations, des incendies ou encore le cyclone Shido à Mayotte. Sa force réside dans sa souplesse d’intervention, puisqu’il peut être déclenché à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Union, permettant à tout État de solliciter une assistance rapide en cas de crise majeure.
L’exemple récent de l’incendie de CRM Montanal, survenu le 1er janvier 2026, rappelle l’importance de cette solidarité opérationnelle, devenue un réflexe institutionnel face à la multiplication des événements extrêmes.
Des entraînements européens pour renforcer l’interopérabilité des secours
Au-delà des interventions, l’Union européenne mise sur la montée en compétence collective. L’École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers (ENSOSP) intensifie ainsi sa participation aux Modex, ces exercices grandeur nature organisés à l’échelle européenne.
Ces entraînements permettent aux équipes françaises et européennes de tester leurs capacités conjointes de déploiement, de coordination et de gestion de crise. Ils traduisent une volonté politique claire : renforcer la solidarité opérationnelle entre États membres pour garantir une réponse plus efficace aux catastrophes futures.
Un cadre juridique renforcé pour la sécurité des produits
Sur le terrain réglementaire, le décret du 7 janvier marque une évolution notable. Il précise que certaines dispositions du règlement européen sur la commercialisation des produits de construction constituent désormais des mesures d’exécution de l’article L412‑1 du Code de la consommation, relatif à la conformité et à la sécurité des produits.
Cette clarification entraîne une adaptation du Code de la consommation : les infractions à ces obligations pourront désormais être recherchées, constatées et sanctionnées par des contraventions de 5ᵉ classe, conformément à l’article R451‑1. L’objectif est clair : mieux encadrer la sécurité des produits mis sur le marché, dans un contexte où les risques liés aux matériaux et aux infrastructures sont scrutés avec une attention croissante.
Le baromètre Allianz 2026 confirme la montée des risques cyber et technologiques
Avec l’avis de 3 338 experts en gestion des crises issus de 97 pays, la 15ᵉ édition du baromètre Allianz offre un panorama mondial des risques auxquels les entreprises doivent faire face.
Sans surprise, les incidents cyber dominent le classement, cités par 42 % des répondants. Rançongiciels, vols de données, paralysie des systèmes : la menace est désormais structurelle et touche toutes les tailles d’organisation.
En deuxième position, l’intelligence artificielle (32 %) s’impose comme un risque émergent majeur. Les inquiétudes portent autant sur les dérives potentielles que sur les vulnérabilités nouvelles qu’elle introduit dans les chaînes de décision et de production.
L’interruption d’activité complète le podium (29 %), rappelant que les entreprises restent fragiles face aux ruptures logistiques, aux crises géopolitiques ou aux événements climatiques extrêmes.
Ce baromètre constitue une trace écrite des nouveaux enjeux auxquels les organisations doivent se préparer, dans un monde où les crises se superposent et s’accélèrent.

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