DC : Pourquoi avoir lancé l’Indice de Résilience Numérique (IRN) et comment transforme-t-il le risque systémique en levier d'action ?
David Djaïz : Nous avons créé l’IRN pour deux raisons majeures.
D’abord, pour une raison géopolitique et macroéconomique : la dépendance numérique européenne devient un risque majeur. Aujourd'hui, 265 milliards d’euros sortent d’Europe vers des acteurs technologiques américains, un chiffre qui pourrait atteindre 500 milliards d’ici 2030. Cela pose un risque existentiel, notamment avec des législations comme le Cloud Act qui permettent d'accéder à des données sensibles ou de couper l'accès à des services vitaux. Ensuite, à l'échelle de l'entreprise, l'IT et l'IA sont désormais au cœur de la création de valeur, mais les instances dirigeantes manquent souvent d'une « boussole stratégique » pour piloter cette transformation. L’IRN donne des clés de lecture au Comex et au Board pour sortir d'une approche purement technique et entrer dans un pilotage stratégique.
D’abord, pour une raison géopolitique et macroéconomique : la dépendance numérique européenne devient un risque majeur. Aujourd'hui, 265 milliards d’euros sortent d’Europe vers des acteurs technologiques américains, un chiffre qui pourrait atteindre 500 milliards d’ici 2030. Cela pose un risque existentiel, notamment avec des législations comme le Cloud Act qui permettent d'accéder à des données sensibles ou de couper l'accès à des services vitaux. Ensuite, à l'échelle de l'entreprise, l'IT et l'IA sont désormais au cœur de la création de valeur, mais les instances dirigeantes manquent souvent d'une « boussole stratégique » pour piloter cette transformation. L’IRN donne des clés de lecture au Comex et au Board pour sortir d'une approche purement technique et entrer dans un pilotage stratégique.
DC : Comment cet outil s’articule-t-il avec l’existant et les réglementations européennes ?
David Djaïz : L’IRN est conçu en cohérence avec les réglementations comme DORA, qui définit les systèmes numériques critiques. Mais nous allons plus loin en ajoutant des catégories de risques souvent oubliées : les dépendances économiques, juridiques, extraterritoriales, ainsi que la transparence des algorithmes d’IA et les dimensions environnementales. C’est d’abord une méthode open source et un standard ouvert utilisable par toutes les entreprises. L'objectif n'est pas de stigmatiser une solution, mais de cartographier ses propres « talons d'Achille » pour arbitrer ses priorités (cybersécurité, empreinte environnementale, etc.).
DC : Quel rôle doit jouer la commande publique dans cette démarche ?
David Djaïz : Il est impératif que l’IRN soit pris en compte et intégré dans les appels d'offres et les marchés publics à venir. Nous échangeons déjà avec la Direction des achats de l’État (DAE) et l’UGAP pour que ce référentiel devienne universel pour les achats touchant aux systèmes critiques et mais pas que, l’IRN doit faire partie du questionnement général.
DC : Quelle est la suite pour l’association Adri qui porte cet indice ?
David Djaïz : L’IRN est un « bien commun » hébergé par l’association Adri (Association for Digital Resilience Initiative). Elle regroupe déjà une quinzaine d'entreprises partenaires de la construction de l’indice. Créée en loi 1901, elle évoluera rapidement vers un statut d’AISBL (association de droit belge) pour prendre une dimension internationale et associer les entreprises de toute l’Europe. Notre but est de transformer la résilience numérique en un instrument de compétitivité : la résilience d'aujourd'hui est la compétitivité de demain.
Pour en savoir plus : https://resiliencenumerique.com
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Prochain événement : 20 Janvier 2026 «Sommet de la Souveraineté Technologique »

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