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L’IA comme nouveau terrain de puissance
Dans un monde saturé d’informations, l’IA n’est plus un simple outil technique : elle devient l’infrastructure invisible où se jouent souveraineté, influence et capacité d’action. Pour Roger Vandomme, ancien officier parachutiste devenu expert en data science, la technologie ne remplace pas le jugement humain ; elle en conditionne désormais l’efficacité. Loin de la mythologie d’une machine omnisciente, il décrit une IA qui clarifie le chaos plutôt qu’elle ne le dissipe, un instrument d’intelligibilité dans un environnement où la vitesse et le volume des données dépassent les capacités naturelles du cerveau.
Cette vision s’enracine dans une trajectoire singulière, forgée entre le terrain opérationnel et les laboratoires algorithmiques. Il a appris très tôt que l’information n’a de valeur que si elle éclaire une décision. Cette conviction irrigue toute son approche : l’IA n’est pas un substitut, mais un prolongement de la lucidité humaine.
Cette vision s’enracine dans une trajectoire singulière, forgée entre le terrain opérationnel et les laboratoires algorithmiques. Il a appris très tôt que l’information n’a de valeur que si elle éclaire une décision. Cette conviction irrigue toute son approche : l’IA n’est pas un substitut, mais un prolongement de la lucidité humaine.
Une expertise née du terrain et mûrie par la science
Son parcours est un fil tendu entre action et modélisation. Officier au 6e RPIMa, il découvre au Sud-Liban la réalité du « brouillard de la guerre », où chaque donnée peut sauver ou perdre. Cette expérience fonde sa compréhension de l’incertitude comme matière première de la décision. Dès 1995, il explore les réseaux de neurones pour modéliser le risque crédit, avant de diriger des équipes de Business Intelligence en Amérique du Nord et de fonder SMC.ai à Toronto.
Cette double culture – opérationnelle et algorithmique – nourrit une pensée où la technologie reste au service d’un objectif stratégique. Enseignant le machine-learning à l’Université de Toronto et colonel de réserve, il défend une IA qui renforce la capacité d’arbitrage plutôt qu’elle ne l’automatise.
Cette double culture – opérationnelle et algorithmique – nourrit une pensée où la technologie reste au service d’un objectif stratégique. Enseignant le machine-learning à l’Université de Toronto et colonel de réserve, il défend une IA qui renforce la capacité d’arbitrage plutôt qu’elle ne l’automatise.
L’incertitude comme discipline de leadership
Dans L’Incertitude apprivoisée, Roger Vandomme replace l’IA dans une histoire longue : celle qui commence en 1654, lorsque Blaise Pascal et Pierre de Fermat inventent le langage des probabilités.
Pour lui, comprendre ce langage est devenu une compétence vitale pour les dirigeants. Notre cerveau, rappelle-t-il en s’appuyant sur Daniel Kahneman, est un piètre évaluateur du risque, prisonnier de biais cognitifs. L’IA fournit alors un cadre probabiliste qui soutient le raisonnement analytique sans prétendre à l’infaillibilité.
Cette « intelligence approximative » n’offre pas des certitudes, mais des marges de plausibilité. Elle permet au décideur de neutraliser ses propres angles morts et de transformer l’incertitude en ressource stratégique plutôt qu’en menace.
Pour lui, comprendre ce langage est devenu une compétence vitale pour les dirigeants. Notre cerveau, rappelle-t-il en s’appuyant sur Daniel Kahneman, est un piètre évaluateur du risque, prisonnier de biais cognitifs. L’IA fournit alors un cadre probabiliste qui soutient le raisonnement analytique sans prétendre à l’infaillibilité.
Cette « intelligence approximative » n’offre pas des certitudes, mais des marges de plausibilité. Elle permet au décideur de neutraliser ses propres angles morts et de transformer l’incertitude en ressource stratégique plutôt qu’en menace.
L’influence à l’ère de l’industrialisation cognitive
Là où il se montre le plus incisif, c’est dans son analyse de la mutation des stratégies d’influence.
L’IA ne change pas la nature de l’influence, dit-il, mais elle en industrialise les conditions. En détectant des signaux faibles et en segmentant les publics, elle permet de structurer l’environnement cognitif d’une population sans qu’elle en ait conscience. Le risque n’est plus seulement la manipulation, mais la perte de contrôle sur les systèmes qui orientent l’information.
Cette « souveraineté de l’esprit » devient un enjeu géopolitique majeur : une nation qui ne maîtrise pas ses infrastructures cognitives s’expose à une vulnérabilité structurelle.
L’IA ne change pas la nature de l’influence, dit-il, mais elle en industrialise les conditions. En détectant des signaux faibles et en segmentant les publics, elle permet de structurer l’environnement cognitif d’une population sans qu’elle en ait conscience. Le risque n’est plus seulement la manipulation, mais la perte de contrôle sur les systèmes qui orientent l’information.
Cette « souveraineté de l’esprit » devient un enjeu géopolitique majeur : une nation qui ne maîtrise pas ses infrastructures cognitives s’expose à une vulnérabilité structurelle.
Une méthode pour réconcilier technologie et décision
Contre les fantasmes technophobes, Roger Vandomme défend une approche pragmatique : comprendre ce que l’IA est, ce qu’elle fait et ce qu’elle ne fera jamais. Il insiste sur l’importance du Business Translator, figure clé du dialogue entre ingénieurs et décideurs, et sur la nécessité d’une validation continue pour éviter le piège de la « boîte noire ».
L’éducation, dit-il, est le premier rempart contre l’échec stratégique. La peur de l’IA naît de l’ignorance de sa nature probabiliste. La confiance, elle, se construit par des projets simples, utiles, mesurables.
L’éducation, dit-il, est le premier rempart contre l’échec stratégique. La peur de l’IA naît de l’ignorance de sa nature probabiliste. La confiance, elle, se construit par des projets simples, utiles, mesurables.
L’IA comme miroir de la responsabilité humaine
Au terme de son analyse, il renverse la perspective : l’IA n’est pas un acteur autonome, mais un révélateur. Elle met à nu la qualité de nos choix, la rigueur de nos méthodes et le courage de nos arbitrages. Elle ne remplace pas le jugement ; elle l’expose.
Dans un monde gouverné par l’incertitude, la puissance appartient à ceux qui refusent de déléguer leur pensée et utilisent la technologie pour éclairer leur volonté d’agir. L’IA, conclut-il, n’est pas une menace pour l’humain, mais une épreuve de lucidité.
Dans un monde gouverné par l’incertitude, la puissance appartient à ceux qui refusent de déléguer leur pensée et utilisent la technologie pour éclairer leur volonté d’agir. L’IA, conclut-il, n’est pas une menace pour l’humain, mais une épreuve de lucidité.
Pour aller plus loin...
Intelligence artificielle (IA), influence, décision et guerre informationnelle :
le décryptage de Roger Vandomme.
Comes Communication
Une publication du cabinet Comes
Proposé par ...
COMES, fondé par Bruno Racouchot, se présente comme un carrefour dédié aux stratégies d’influence. Il réunit experts, chercheurs et praticiens pour analyser les perceptions, les rapports de force informationnels et les dynamiques psychologiques qui façonnent les environnements complexes. Son objectif : aider organisations et décideurs à comprendre et maîtriser l’influence dans un monde instable.
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