Campus & Métiers

Skema Ventures : la force d’un réseau international au service des étudiants-entrepreneurs. Dialogue avec Philippe Chéreau


Cynthia Glock




Skema Ventures : la force d’un réseau international au service des étudiants-entrepreneurs. Dialogue avec Philippe Chéreau

Comment est née et a mûri l’idée de Skema Ventures ? De quoi s’agit-il et quel en est l’objectif ?

Le dispositif Skema Ventures consiste à accompagner des étudiants qui ont un projet de création d’entreprise, de la conception à l’incubation puis au lancement. L’idée était en gestation depuis le début des années 2000, au CERAM de Sophia-Antipolis (NDLR : avant fusion du CERAM avec l’ESC Lille, qui a abouti à la création de Skema Business Shool), où une équipe dédiée à l’entreprenariat étudiant avait été constituée. Les bonnes pratiques développées à Sophia ont été formalisées puis déployées sur l’ensemble des campus.

Via Skema Ventures, l’analyse des dossiers et l’accompagnement des étudiants-entrepreneurs ont été standardisés. Parallèlement, la communauté des experts sollicités pour évaluer les projets et coacher les étudiants a été élargie. Au-delà des professeurs spécialisés, nous avons sollicité le vaste réseau des alumni de Skema, c’est-à-dire des anciens élèves, dont 90% sont prêts à consacrer quelques heures par mois, bénévolement, à l’analyse et au suivi des projets de leurs cadets.

Dans un monde globalisé, digitalisé, en évolution constante, la création d’entreprises et d’activités innovantes est devenue une perspective professionnelle à laquelle le projet Skema Ventures répond.


Comment fonctionne le dispositif ?

Les étudiants postent leur projet sur notre plateforme numérique Venture Factory. Le responsable de l’incubation local sollicite alors cinq ou six experts et alumni, en fonction du sujet, qui va être évalué en ligne. Sous dix jours, l’étudiant-entrepreneur reçoit une appréciation, commentée et étayée. Tout l’historique est tracé et stocké dans la plateforme et les échanges peuvent se faire de partout, rapidement. Le projet est ensuite « incubé » pendant dix-huit mois au plus, avant d’être lancé une fois les premières ventes effectuées. Pendant tout le processus de lancement, l’étudiant-entrepreneur garde le même coach-référent. L’accompagnement se poursuit encore dans les années qui suivent, de façon informelle.

L’école donne à ses étudiants l’accès au marché, non pas sous forme de subventions, mais par l’accès à un réseau de clients et investisseurs potentiels, aussi vaste que bienveillant. Les anciens sont fiers de se sentir impliqués et utiles et la réciprocité générée est naturelle : nous avons développé ce que nous aurions aimé avoir à l’époque où nous étions étudiants, soit un coaching rapproché et l’accès facile à un réseau efficace et attentif.


Comment un projet passe-t-il du local au global ? Comment se tisse le lien ?

L’entreprenariat « glocal », c’est-à-dire à la fois local et global, est une spécificité de l’école. «Imaginer à Sophia, incuber à Suzhou, accélérer à Raleigh » est un leitmotiv qui traduit bien notre état d’esprit. On n’entreprend pas de la même façon en Chine qu’en France, voire à Lille ou à Nice. Il est important que les étudiants testent leurs projets d’abord en local, pour capter les signaux faibles du marché rapidement.
Une fois que le projet a fait ses preuves et si sa globalisation fait sens, se pose la question de son développement. Le contact aux alumnis internationaux se fait via la plateforme Venture Factory, avec là encore un gain de temps et de coût importants. Une fois le lien établi en Chine, au Brésil ou aux Etats-Unis, cela redevient un management local. Certaines dimensions peuvent alors être adaptées, les contextes culturels et économiques étant différents.
Un de nos étudiants a par exemple lancé un projet de pâtisserie-boulangerie française, d’abord testé en France puis en Chine, pour transformer ensuite le projet en concept de « bar de village à la française », déployé désormais principalement en Océanie où le concept fonctionne bien. Un autre avait développé une gamme de vêtements pour enfants en surpoids aux Etats-Unis. Transposé en Chine, le projet a mué en gamme de vêtements haut-de-gamme pour enfants.
A la rentrée 2017, 56 projets ont été étudiés sur nos trois campus français. Un mois plus tard, 16 d’entre eux commençaient leur processus. Actuellement, nous avons 40 projets en incubation.

Quels sont les axes de développement de Skema Ventures à moyen terme ?

Notre principal axe de développement concerne le financement des projets. En moyenne, le lancement d’un projet requiert entre 40000 et 70000 euros. Nous souhaitons systématiser le processus de levée de fonds, c’est-à-dire formaliser les partenariats avec les organismes de financement, les clubs de business angels, etc…pour gagner en réactivité.
Pour le moment le plus important est de continuer à enrichir notre réseau sur l’ensemble des continents, car ce qui fait la particularité et le succès de Skema Ventures, c’est la force du réseau Skema et la systémisation du dispositif, avec un suivi des projets en temps réel et très personnalisé.



 


Merci Philippe Chéreau

Interview par Cynthia Glock















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