Point de vue du Virologue
L’hantavirus des Andes (ANDV) est le seul hantavirus connu capable d'une transmission interhumaine, bien que celle-ci reste rare et nécessite un contact étroit et prolongé.
Les infections virales suivent toujours le même schéma : la contamination d’un individu n’est possible que s’il est en contact pendant un temps suffisamment long avec une quantité suffisamment abondante de particules virales pour dépasser les capacité de ses défenses immunitaires. Le temps de contact et la quantité de particule virale nécessaire sont spécifiques à chaque famille de virus, voire à chaque type de virus. Cette contamination est suivie d’une période d’incubation pendant laquelle l’individu est asymptomatique mais peut être contaminant pour les personnes qu’il côtoie.
En effet, pendant l’incubation le virus se reproduit à bas bruit. Tout se passe comme s’il s’accumulait discrètement dans l’attente d’avoir la capacité d’envahir massivement sa victime. Cette période est plus ou moins longue et dépend, là aussi, de la famille et du type du virus. Ensuite on parle de la phase d’invasion ou brutalement l’individu va exprimer de manière plus ou moins intense fièvre, frissons, défaillance d’organes pouvant mettre en jeu son pronostic vital.
Enfin s’installe ce que l’on désigne par crise résolutive à l’issue de laquelle le malade peut guérir sans séquelles, avec séquelles ou décéder. En cas de guérison, une période de convalescence plus ou moins longue peut s’instaurer pendant laquelle le patient est particulièrement diminué même s’il n’est plus infecté.
Il n'existe ni vaccin ni traitement antiviral spécifique contre les hantavirus. La prise en charge est symptomatique (lutter contre la fièvre, prendre en charge les décompensations d’organes jusqu’au rétablissement du patient.
Les infections virales suivent toujours le même schéma : la contamination d’un individu n’est possible que s’il est en contact pendant un temps suffisamment long avec une quantité suffisamment abondante de particules virales pour dépasser les capacité de ses défenses immunitaires. Le temps de contact et la quantité de particule virale nécessaire sont spécifiques à chaque famille de virus, voire à chaque type de virus. Cette contamination est suivie d’une période d’incubation pendant laquelle l’individu est asymptomatique mais peut être contaminant pour les personnes qu’il côtoie.
En effet, pendant l’incubation le virus se reproduit à bas bruit. Tout se passe comme s’il s’accumulait discrètement dans l’attente d’avoir la capacité d’envahir massivement sa victime. Cette période est plus ou moins longue et dépend, là aussi, de la famille et du type du virus. Ensuite on parle de la phase d’invasion ou brutalement l’individu va exprimer de manière plus ou moins intense fièvre, frissons, défaillance d’organes pouvant mettre en jeu son pronostic vital.
Enfin s’installe ce que l’on désigne par crise résolutive à l’issue de laquelle le malade peut guérir sans séquelles, avec séquelles ou décéder. En cas de guérison, une période de convalescence plus ou moins longue peut s’instaurer pendant laquelle le patient est particulièrement diminué même s’il n’est plus infecté.
Il n'existe ni vaccin ni traitement antiviral spécifique contre les hantavirus. La prise en charge est symptomatique (lutter contre la fièvre, prendre en charge les décompensations d’organes jusqu’au rétablissement du patient.
Point de vue de l’Épidémiologiste
L'épidémie semble avoir débuté à bord du MV Hondius, qui a quitté Ushuaia, en Argentine, le 1er avril 2026. Au 8 mai, on dénombre 8 cas suspects et 6 cas confirmés, avec 3 décès (un confirmé comme lié à l'hantavirus, deux dont la causalité de l’hantavirus est probable mais pas établie). Les cas ont été évacués du navire ou l’ont quitté avant d’exprimer le moindre symptôme et sont hospitalisés pour la plupart dans leur pays d’origine en Afrique du Sud, aux Pays-Bas, en Allemagne, à Sainte-Hélène et en Suisse.
La transmission interhumaine est confirmée mais semble pour l’instant limitée aux contacts étroits (par exemple, membres de la cellule familiale, les autres passagers, le personnel de bord). Le cas index identifié comme tel à ce jour, a probablement contracté le virus lors d'un voyage en voiture en Amérique du Sud avant la croisière, où l'ANDV est endémique.
Le mode de contamination principal semble être celui du contact direct et étroit avec des fluides corporels (sang, salive, urine, sueur, larmes, vomis, crachats, etc.) d’une personne infecté (en phase d’incubation ou en phase d’expression clinique) directement ou indirectement (couverts, main courante, poignées de porte, etc.) dans un contexte où la modalité « gouttelette » reste à être précisées par plus de données.
Le taux de reproduction de base (R₀), qui représente le nombre moyen de cas secondaires générés par un cas infectieux dans une population donnée, sans immunité préalable (dit « susceptible », sans interventions particulière (avant mise en place des mesures barrières) tel qu’il apparait est de 5 (1 cas princeps et 5 cas infectieux identifiés au départ), ce qui n’est pas surprenant dans un milieu confiné comme celui d’un navire en mer. Il convient de bien avoir en tête qu’il s’agit d’une estimation « brute ». Il conviendra d’ajuster de manière itérative ce calcul en fonction de l’augmentation des données disponible.
Cette valeur a été estimée à 1,2 (intervalle 95% : 0,8-1,6) lors de foyers antérieurs dans un contexte où, durant l’épidémies en Argentine de 2018-2019 le R₀ a oscillé entre 1,2 et 2,1). Pour mémoire, un R₀ > 1 indique un risque de propagation épidémique en l’absence de mesure de mitigation appropriées. Le R₀ dépend du nombre de contacts (c), de la probabilité de transmission par contact (p) et de la durée de la phase infectieuse (D), selon la formule R₀ = p × c × D. il existe d’autres méthodes de calcul applicables comme la Méthode de la croissance exponentielle (R₀ = 2^(Tg/Td), où Tg est l'intervalle de génération), la Méthode de Cori (inférence Bayésienne), la Déconvolution Temporelle I(t)∗g(τ)=C(t), où
est l'incidence des infections à trouver,
la fonction de délai (intervalle de génération ou délai diagnostic), et
les cas rapportés.
L'intervalle de génération (ou intervalle de sérialité) mesure le temps moyen entre l'infection du cas index et celle de ses cas secondaires, il influence les estimations précoces du R₀.
La transmission interhumaine est confirmée mais semble pour l’instant limitée aux contacts étroits (par exemple, membres de la cellule familiale, les autres passagers, le personnel de bord). Le cas index identifié comme tel à ce jour, a probablement contracté le virus lors d'un voyage en voiture en Amérique du Sud avant la croisière, où l'ANDV est endémique.
Le mode de contamination principal semble être celui du contact direct et étroit avec des fluides corporels (sang, salive, urine, sueur, larmes, vomis, crachats, etc.) d’une personne infecté (en phase d’incubation ou en phase d’expression clinique) directement ou indirectement (couverts, main courante, poignées de porte, etc.) dans un contexte où la modalité « gouttelette » reste à être précisées par plus de données.
Le taux de reproduction de base (R₀), qui représente le nombre moyen de cas secondaires générés par un cas infectieux dans une population donnée, sans immunité préalable (dit « susceptible », sans interventions particulière (avant mise en place des mesures barrières) tel qu’il apparait est de 5 (1 cas princeps et 5 cas infectieux identifiés au départ), ce qui n’est pas surprenant dans un milieu confiné comme celui d’un navire en mer. Il convient de bien avoir en tête qu’il s’agit d’une estimation « brute ». Il conviendra d’ajuster de manière itérative ce calcul en fonction de l’augmentation des données disponible.
Cette valeur a été estimée à 1,2 (intervalle 95% : 0,8-1,6) lors de foyers antérieurs dans un contexte où, durant l’épidémies en Argentine de 2018-2019 le R₀ a oscillé entre 1,2 et 2,1). Pour mémoire, un R₀ > 1 indique un risque de propagation épidémique en l’absence de mesure de mitigation appropriées. Le R₀ dépend du nombre de contacts (c), de la probabilité de transmission par contact (p) et de la durée de la phase infectieuse (D), selon la formule R₀ = p × c × D. il existe d’autres méthodes de calcul applicables comme la Méthode de la croissance exponentielle (R₀ = 2^(Tg/Td), où Tg est l'intervalle de génération), la Méthode de Cori (inférence Bayésienne), la Déconvolution Temporelle I(t)∗g(τ)=C(t), où
L'intervalle de génération (ou intervalle de sérialité) mesure le temps moyen entre l'infection du cas index et celle de ses cas secondaires, il influence les estimations précoces du R₀.
- La période d'incubation connue varie de 7 jours à 6 semaines.
- Le taux de létalité par infection (IFR, Infection Fatality Rate), qui quantifie la proportion de décès parmi les cas infectés ou diagnostiqués est estimée, pour le foyer actuel, à 37,5%. Ce taux est de 30 à 50% dans les séries de cas publiées.
- Le taux de létalité des cas (CFR, Case Fatality Rate) est calculé comme (nombre de décès / nombre de cas diagnostiqués) × 100 est à ce jour de 50 % (3 décès / 6 cas confirmés). Il est sujet à évolution car il reflète la gravité clinique confrontée à l’efficacité des protocoles de soins mis en œuvre.
- Il convient aussi de prendre en compte le taux de transmission et le taux de létalité pour les soignants d’autant plus que le médecin du bord du navire a été contaminé mais, en l’état, il n’y a pas assez de données pour produire des statistiques fiables. A titre de comparaison, une synthèse de l’OMS sur la mortalité du Covid-19 indique, pour les soignants, une IFR médiane d’environ 0,27%, avec des valeurs corrigées autour de 0,23%.
Point de vue de l’Infectiologue
Les manifestations cliniques d’une infection à hantavirus comprennent classiquement de la fièvre, des symptômes gastro-intestinaux, une progression rapide vers une pneumonie, un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) et un choc septique (décompensation cardio-réno-vasculaire entrainant une souffrance multi-viscérale et souvent une coagulation intravasculaire disséminée).
En l’état, l’Hantavirus responsable du cluster en cours provoque essentiellement un syndrome pulmonaire à hantavirus (HPS), une maladie respiratoire grave présentant un taux de mortalité élevé en l'absence de traitement adéquat. Dans la mesure où il n'existe aucun traitement spécifique, les soins susceptible de modifier le cours de la maladie sont ceux relatif à la prise en charge des défaillances d’organes au fur et à mesure qu’elles apparaissent (par exemple, soins intensifs dans un service de réanimation médicale en cas d'insuffisance ou de détresse respiratoire).
Les populations fragiles ou polypathologiques sont bien évidemment plus vulnérables que les autres.
En l’état, l’Hantavirus responsable du cluster en cours provoque essentiellement un syndrome pulmonaire à hantavirus (HPS), une maladie respiratoire grave présentant un taux de mortalité élevé en l'absence de traitement adéquat. Dans la mesure où il n'existe aucun traitement spécifique, les soins susceptible de modifier le cours de la maladie sont ceux relatif à la prise en charge des défaillances d’organes au fur et à mesure qu’elles apparaissent (par exemple, soins intensifs dans un service de réanimation médicale en cas d'insuffisance ou de détresse respiratoire).
Les populations fragiles ou polypathologiques sont bien évidemment plus vulnérables que les autres.
Point de vue de la Santé Publique
L'OMS et l'ECDC estiment que le risque pour la santé publique mondiale est faible. L'épidémie n'est pas considérée comme une menace pandémique en raison de la rareté de la transmission interhumaine documenté et de l'absence de propagation communautaire soutenue identifiée à ce jour.
Une recherche et l’identification des cas contacts est en cours pour les passagers (147 représentants 23 nationalités à bord), l‘équipage et les contacts des passagers ayant pris des vols commerciaux (par exemple, le vol KLM de Johannesburg à Amsterdam). Certains contacts aux États-Unis, au Royaume-Uni et à Singapour sont sous surveillance mais semblent rester asymptomatiques pour le moment. Il n’en est pas de même pour les cas en France.
La collaboration internationale (OMS, ECDC, agences sanitaires nationales) se concentre sur la recherche des contacts, la prise en charge clinique et la prévention de nouvelles transmissions interhumaines.
La coordination de la réponse comprend l'isolement des cas, l'évacuation médicale dans le pays d’origine, la confirmation en laboratoire (PCR/séquençage) et l'échantillonnage environnemental pour détecter les cas asymptomatiques et les réservoirs primaires ou secondaires éventuels. L'accent est mis sur un contrôle strict de l'infection pour les cas confirmés ou suspects.
Une recherche et l’identification des cas contacts est en cours pour les passagers (147 représentants 23 nationalités à bord), l‘équipage et les contacts des passagers ayant pris des vols commerciaux (par exemple, le vol KLM de Johannesburg à Amsterdam). Certains contacts aux États-Unis, au Royaume-Uni et à Singapour sont sous surveillance mais semblent rester asymptomatiques pour le moment. Il n’en est pas de même pour les cas en France.
La collaboration internationale (OMS, ECDC, agences sanitaires nationales) se concentre sur la recherche des contacts, la prise en charge clinique et la prévention de nouvelles transmissions interhumaines.
La coordination de la réponse comprend l'isolement des cas, l'évacuation médicale dans le pays d’origine, la confirmation en laboratoire (PCR/séquençage) et l'échantillonnage environnemental pour détecter les cas asymptomatiques et les réservoirs primaires ou secondaires éventuels. L'accent est mis sur un contrôle strict de l'infection pour les cas confirmés ou suspects.
Le point de vue de la médecine de catastrophe
L’ensemble des expertises colligées permettent d’identifier un certain nombre de vulnérabilités qui nécessitent une attention particulière :
- En Europe les représentations dominantes de l’hantavirus (donc les protocoles applicables) sont celles des souches locales sans transmission interhumaine, avec réservoir chez les rongeurs.
- On ne dispose pas de données suffisantes à ce stade pour connaitre avec suffisamment de précision la contagiosité et la létalité de l’hantavirus
- Le caractère sauvage ou mutant de l’hantavirus circulant n’est pas documenté à ce stade si bien que l’on ne peut déterminer avec certitude si les estimation sur la base des épidémies passées sont fiables.
- Il convient de bien définir quels sont les critères de succès attendus pour juger du degré d’efficacité des mesures qui sont ou seront prises.
- En l’absence de protocoles harmonisé au niveau européen, il sera probablement difficile de tirer des enseignements solide du RETEX à venir.
A propos de ...
Dr Jan-Cédric Hansen Praticien Hospitalier, membre des instances de gouvernance du GHT ESPO, Administrateur de StratAdviser Ltd | Enseignant en pilotage stratégique et Communication de Crise (IAE Lille, Mines Nancy, Université Senghor, UPEC, …) contributeur aux ouvrages suivants : Risques majeurs : incertitudes et décisions : approche pluridisciplinaire et multisectorielle, Manuel de Médecine de Catastrophe, Piloter et décider en SSE, Innovations & management des structures de santé en France, Engagement et leadership en santé : point de vue d’acteurs inspirants
En collaboration avec ...
Né en 1958 à Rabat (Maroc), le Professeur Jean-Marie CARRARA a effectué toutes ses études à Lille (France). D’abord attiré par la santé de l’Homme, il devient Docteur en Pharmacie et diplômé de Biologie Humaine.
Comme la santé des entreprises et des organisations sont essentielles pour l’Homme, il compléta sa formation par un DESS d’Administration des Entreprises et un DESS de Finance et de Fiscalité Internationales.
Il est auditeur en Intelligence Economique et Stratégique à l'Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN). Gardez le lien.
Pour aller plus loin : www.sicafi.eu
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