Intelligence des risques

Une chaire pour anticiper les chocs du monde naturel. Chaire « Modélisation des risques économiques et financiers liés à la nature »


Jacqueline Sala
Jeudi 9 Juillet 2026


La Banque de France et six institutions académiques lancent une chaire inédite consacrée aux risques économiques liés à la dégradation du vivant. Une manière d’armer les décideurs face à un angle mort persistant : l’impact macroéconomique de l’effondrement écologique.



Source

Rapport à télécharger à la fin de l'article

Un tournant discret mais stratégique

La création de la Chaire « Modélisation des risques économiques et financiers liés à la nature », hébergée par la Fondation du Risque, marque une rupture dans la manière dont les institutions françaises envisagent l’avenir.

En réunissant la Banque de France, l’École Polytechnique, l’ENSAE Paris, le CIRED, la Paris School of Economics et la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, l’initiative assume une ambition rare : produire des modèles capables d’intégrer la dégradation du vivant dans les équations économiques.

Dans un paysage où les courbes financières ignorent encore les effondrements d’écosystèmes, cette chaire veut combler un vide méthodologique qui handicape autant les États que les entreprises.

Quand la nature devient une variable macroéconomique

Une chaire pour anticiper les chocs du monde naturel. Chaire « Modélisation des risques économiques et financiers liés à la nature »
L’objectif est clair : fournir aux décideurs publics et privés des outils pour anticiper les chocs liés à l’érosion de la biodiversité, aux ruptures de chaînes de valeur ou aux tensions géopolitiques induites par la raréfaction des ressources.

À moyen terme, les travaux de la chaire doivent nourrir les réflexions internationales du NGFS, de l’IPBES ou du GIEC, où la question du vivant peine encore à trouver sa place dans les scénarios climatiques. L’enjeu dépasse la recherche : il s’agit de rendre intelligible un risque systémique longtemps relégué au second plan, celui de l’effondrement silencieux des conditions naturelles qui soutiennent l’économie.

Biodiversité : le risque systémique que la finance ne peut plus ignorer

En dotant la France d’une capacité de modélisation souveraine, la chaire entend structurer un langage commun entre économistes, climatologues, écologues et régulateurs.

Une manière de sortir des approches fragmentées et de préparer les institutions à des crises qui ne ressemblent plus à celles d’hier. La Banque de France, en première ligne sur les risques climatiques, franchit ici une étape supplémentaire : reconnaître que la biodiversité n’est pas un supplément d’âme, mais un actif stratégique dont la disparition pourrait reconfigurer les équilibres économiques mondiaux.

Télécharger le communiqué de presse


À propos de la Banque de France

Institution indépendante, la Banque de France a trois grandes missions : la stratégie monétaire, la stabilité financière, les services à l’économie et à la société. Elle contribue à définir la politique monétaire de la zone euro et la met en œuvre en France ; elle contrôle banques et assurances et veille à la maîtrise des risques ; elle propose de nombreux services aux entreprises et aux particuliers.
Visitez notre site Internet www.banque-france.fr


#Biodiversity_Loss, #Ecosystem_Collapse, #Nature_Risk, #Species_Extinction, #Habitat_Degradation, #Ecosystem_Services, #Natural_Capital, #Biodiversity_Hotspots, #Conservation_Policy, #Global_Biodiversity_Framework