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 <title>www.veillemag.com</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1996, le magazine Veille s'est imposé comme le 1er titre de presse entièrement consacré à la  maîtrise stratégique de l'information et des connaissances.]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-07T11:48:34+02:00</updated>
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   <title>Le pouvoir du dollar et la vulnérabilité européenne.</title>
   <updated>2026-02-20T13:48:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Le-pouvoir-du-dollar-et-la-vulnerabilite-europeenne_a7074.html</id>
   <category term="Géopolitique" />
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   <published>2026-02-20T13:48:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
En quelques heures, des juges internationaux et des experts de l’ONU se sont retrouvés incapables de réserver un train, de payer un repas ou d’ouvrir un compte bancaire. Non pas pour un crime financier, mais pour avoir exercé leur mandat. Ces sanctions américaines révèlent une réalité inquiétante : la vie économique de millions d’Européens dépend d’infrastructures que Washington peut couper d’un simple geste.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94685415-66161355.jpg?v=1771584865" alt="Le pouvoir du dollar et la vulnérabilité européenne." title="Le pouvoir du dollar et la vulnérabilité européenne." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Des sanctions qui deviennent une interdiction de vivre</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le 21 août, le téléphone de Nicolas Guillou cesse pratiquement d'être utile. Impossible de réserver une course, d'acheter un billet de train, d'effectuer un paiement en ligne. Ses cartes bancaires sont bloquées, au point de l'empêcher de payer au supermarché ou au restaurant, et de gérer normalement son compte. Même une réservation d'hôtel en France via une plateforme de voyage est refusée. La raison n'est pas un délit financier classique. Lui et quatre autres juges de la Cour pénale internationale de La Haye ont autorisé l'émission d'un mandat d'arrêt pour crimes de guerre contre le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son ministre de la défense Yoav Gallant. Pour cette décision, l'administration Trump a sanctionné les cinq juges et a interdit à toute entreprise américaine ou ayant des intérêts aux États Unis de leur fournir le moindre service.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le scénario s'était déjà produit en juillet 2025 avec<a class="link" href="https://www.rfi.fr/fr/monde/20260214-l-appel-de-la-france-%C3%A0-la-d%C3%A9mission-de-la-rapporteuse-de-l-onu-francesca-albanese-suscite-la-pol%C3%A9mique" target="_blank"> Francesca Albanese</a>, rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés, visée après avoir invité la Cour à enquêter sur des entreprises et des dirigeants qu'elle considérait complices des crimes commis à Gaza. Un détail dit tout. Une plateforme de paiement a bloqué des transactions dont le libellé contenait le nom Francesca Albanese. Aujourd'hui, elle ne parvient plus à ouvrir un compte même auprès de banques italiennes, inquiètes de possibles représailles américaines. On n'est plus face à une sanction ciblée. C'est une mise à l'écart de la vie économique, une peine de mort financière administrée par des acteurs privés sous contrainte politique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le circuit obligé</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Cette mécanique est possible parce qu'une part décisive des paiements électroniques en zone euro passe par des circuits américains, Visa, Mastercard, American Express. <br />   <br />  Cela signifie qu'en cas de décision politique, il existe un interrupteur. Si les réseaux américains coupaient l'accès, des millions d'Européens se retrouveraient en difficulté pour payer. Le paradoxe est européen. Les pays de la zone euro n'ont jamais réussi à se mettre d'accord pour construire une infrastructure commune de paiement. Et les banques européennes, longtemps, ont accepté ce confort, en profitant aussi des commissions et de la fluidité du système. <br />  <strong>Mais quand l'infrastructure devient instrument de coercition, le confort se transforme en dépendance.</strong></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Le privilège exorbité et l'empire des données</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">On parle souvent de la supériorité militaire américaine. L'hégémonie monétaire et financière est plus diffuse et parfois plus décisive. Selon des données de la Réserve fédérale, les actifs libellés en dollars détenus hors des États Unis, titres publics, dépôts, fonds, actions, atteignent environ 70 000 milliards et soutiennent près d'un tiers d'un endettement public américain proche de 38 000 milliards. Depuis près de quatre vingts ans, l'ossature de l'empire financier américain est le dollar. Son omniprésence accroît la capacité d'endettement de Washington parce que banques centrales, fonds et entreprises placent leurs excédents en dollars sur les bons du Trésor américain.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le dollar représente environ 58 % des réserves de change des banques centrales, contre 20% pour l'euro, puis environ 6 % pour le yen, 5 % pour la livre et 2 % t pour la monnaie chinoise. <br />   <br />  Plus central encore, le commerce mondial. Environ la moitié des paiements internationaux sont réalisés en dollars. Si l'on exclut les transferts des migrants et les échanges internes à la zone euro, la facturation en dollars ressemble à un quasi monopole, 96 % dans les Amériques, 74 % en Asie Pacifique, 79 % dans le reste du monde. Conséquence immédiate. Toute entreprise qui commerce à l'international doit disposer d'un compte en dollars pour payer et encaisser. D'où un autre chiffre, environ 60 % des dépôts bancaires internationaux sont en dollars.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Et pour opérer ces paiements, les banques elles mêmes doivent passer par le système américain. Toute transaction en dollars doit être traitée à l'intérieur du système bancaire des États Unis. Résultat, les autorités américaines peuvent suivre montants, donneurs d'ordre et destinataires, même quand l'opération n'a aucun autre lien avec le territoire américain. <br />  <strong>C'est une puissance informationnelle mondiale, à la frontière entre géoéconomie et renseignement.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> La sanction comme arme et le coût pour l'Europe</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Pour une entreprise ou une banque, être exclu du circuit du dollar revient à risquer la faillite. Le cas de la banque lettone Ablv l'illustre. En 2018, accusée par les États Unis de complicité avec la Corée du Nord, la simple menace de sanctions a déclenché une ruée des déposants. La troisième banque du pays s'est effondrée en quelques jours.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Côté européen, entre 2010 et 2020, un groupe de banques a accepté de payer au ministère de la Justice américain des amendes totalisant environ 18 milliards de dollars. Des noms majeurs, UniCredit, BNP Paribas, Deutsche Bank, HSBC, Barclays, Credit Suisse, Commerzbank et d'autres. Leur faute. Avoir réalisé pour des clients des paiements en dollars vers Cuba, l'Iran, le Soudan et la Libye, pays sous embargo américain, même lorsque ces flux n'étaient pas nécessairement sanctionnés au niveau européen. Washington a imposé sa ligne. <br />   <br />  Voilà pourquoi, aujourd'hui, aucune banque ne veut ouvrir un compte à des fonctionnaires des Nations unies visés par des sanctions américaines. Au contraire, elle gèle parfois des fonds, même si ces sanctions ne devraient pas s'appliquer automatiquement dans l'Union. La prudence bancaire devient obéissance préventive.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Scénarios économiques</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le problème dépasse les individus. En période de crise, c'est la Réserve fédérale qui prête des dollars aux banques centrales étrangères afin d'éviter la panique et de calmer les marchés. Si ces flux s'arrêtaient, ou s'ils étaient brandis comme menace contre ceux qui s'opposent aux exigences américaines, l'effet pourrait être déstabilisant. Tensions sur les changes, crises de liquidité, fuites de capitaux, choc commercial. <br />  <strong>Dans un monde qui facture et règle en dollars, la liquidité en dollars est l'oxygène.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Évaluation stratégique et dimension de sécurité</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La dimension militaire n'apparaît pas parce qu'une carte bancaire serait une arme au sens classique, mais parce que la défense moderne dépend d'écosystèmes industriels et financiers résilients. Une autonomie de sécurité suppose de pouvoir financer, acheter, assurer, transporter et payer sans qu'une décision extérieure puisse bloquer les flux. La souveraineté se mesure aussi dans le contrôle des infrastructures critiques, paiements, données, crédit, plateformes.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Évaluation géopolitique et géoéconomique</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94685415-66161692.jpg?v=1771583761" alt="Le pouvoir du dollar et la vulnérabilité européenne." title="Le pouvoir du dollar et la vulnérabilité européenne." />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La Chine tente depuis longtemps de réduire sa dépendance au dollar. En 2025, environ 40 % de son commerce aurait été réalisé en monnaie chinoise. Mais le rôle mondial de cette monnaie reste limité par le contrôle politique sur l'économie et les capitaux. Là où l'État de droit n'est pas garanti, la confiance internationale demeure faible. Pourtant, un doute commence aussi à viser les États Unis, nourri par l'instabilité des décisions de Trump en politique étrangère. Si l'interrupteur financier est actionné contre des juges internationaux ou une rapporteuse des Nations unies, qui peut être certain de ne jamais être touché demain.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>D'où l'accélération du projet d'euro numérique à la Banque centrale européenne</strong>. À court terme, l'objectif serait de réduire la dépendance aux circuits américains pour les paiements internes et de garantir un accès minimal aux services, y compris pour des individus visés par des sanctions américaines. Pour la projection internationale de l'euro, la route est plus longue mais pas impossible. Christine Lagarde soutient que l'euro pourrait devenir une alternative crédible si l'Union se dotait de capacités de défense autonomes, si elle émettait davantage de dette commune afin de signaler la stabilité du projet, et si elle élargissait son influence commerciale.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dans cette perspective, les accords de libre échange conclus avec l'Inde et les pays du Mercosur comptent surtout s'ils conduisent à régler une part plus importante du commerce en euros plutôt qu'en dollars. Reste le nœud central, l'union des marchés de capitaux, transformer les 27 places financières en un marché intégré capable de rivaliser avec Wall Street. <br />   <br />  <strong>Aujourd'hui, environ 300 milliards d'épargne européenne partent chaque année alimenter des placements extérieurs, soutenant l'économie américaine, sa dette publique et ses grands plans de dépenses de défense et de baisses d'impôts, au lieu de renforcer le tissu productif européen.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le nœud politique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Pour réussir, les Vingt Sept devraient avancer dans la même direction. Et c'est là que se joue la partie. Washington a tout intérêt à empêcher une Europe plus cohérente et plus autonome, y compris en recherchant des relais chez les eurosceptiques pour affaiblir l'intégration. Le pouvoir du dollar n'est pas seulement une histoire de monnaie. <br />   <br />  C'est un système d'infrastructures, d'alliances et de dépendances. L'Europe découvre, parfois tard, qu'une souveraineté absente se paie chaque jour, et qu'elle se paie comptant.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div>&nbsp;<a class="link" href="https://www.reuters.com/business/finance/eu-needs-digital-euro-become-independent-us-says-eus-dombrovskis-2026-01-28/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/finance/eu-needs-digital-euro-become-independent-us-says-eus-dombrovskis-2026-01-28/</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto">&nbsp;<a class="link" href="https://www.reuters.com/business/finance/ecbs-cipollone-says-digital-euro-will-protect-european-banks-card-schemes-2026-02-18/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/finance/ecbs-cipollone-says-digital-euro-will-protect-european-banks-card-schemes-2026-02-18/</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto">• <a class="link" href="https://www.ft.com/content/fcc215bb-b7b8-4a62-87ed-03f603eb3d14" target="_blank">https://www.ft.com/content/fcc215bb-b7b8-4a62-87ed-03f603eb3d14</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto">&nbsp;<a class="link" href="https://www.theguardian.com/business/2026/feb/16/uk-bank-bosses-plan-visa-mastercard-alternative" target="_blank">https://www.theguardian.com/business/2026/feb/16/uk-bank-bosses-plan-visa-mastercard-alternative</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto">&nbsp;<a class="link" href="https://www.theguardian.com/commentisfree/2026/feb/17/europeans-are-dangerously-reliant-on-us-tech-now-is-a-good-time-to-build-our-own" target="_blank">https://www.theguardian.com/commentisfree/2026/feb/17/europeans-are-dangerously-reliant-on-us-tech-now-is-a-good-time-to-build-our-own</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto">&nbsp;<a class="link" href="https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/IDAN/2025/779852/ECTI_IDA%282025%29779852_EN.pdf" target="_blank">https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/IDAN/2025/779852/ECTI_IDA%282025%29779852_EN.pdf</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;<a class="link" href="https://www.globalbankingandfinance.com/eu-needs-digital-euro-become-independent-us-eus-dombrovskis/" target="_blank">https://www.globalbankingandfinance.com/eu-needs-digital-euro-become-independent-us-eus-dombrovskis/</a> </div>    <div>&nbsp;</div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Le pouvoir du dollar et la vulnérabilité européenne.</title>
   <updated>2026-02-21T09:35:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Le-pouvoir-du-dollar-et-la-vulnerabilite-europeenne_a7081.html</id>
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   <published>2026-02-20T13:48:00+01:00</published>
   <author><name>Jacqueline Sala</name></author>
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En quelques heures, des juges internationaux et des experts de l’ONU se sont retrouvés incapables de réserver un train, de payer un repas ou d’ouvrir un compte bancaire. Non pas pour un crime financier, mais pour avoir exercé leur mandat. Ces sanctions américaines révèlent une réalité inquiétante : la vie économique de millions d’Européens dépend d’infrastructures que Washington peut couper d’un simple geste.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94726639-66229403.jpg?v=1771584865" alt="Le pouvoir du dollar et la vulnérabilité européenne." title="Le pouvoir du dollar et la vulnérabilité européenne." />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Des sanctions qui deviennent une interdiction de vivre</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le 21 août, le téléphone de Nicolas Guillou cesse pratiquement d'être utile. Impossible de réserver une course, d'acheter un billet de train, d'effectuer un paiement en ligne. Ses cartes bancaires sont bloquées, au point de l'empêcher de payer au supermarché ou au restaurant, et de gérer normalement son compte. Même une réservation d'hôtel en France via une plateforme de voyage est refusée. La raison n'est pas un délit financier classique. Lui et quatre autres juges de la Cour pénale internationale de La Haye ont autorisé l'émission d'un mandat d'arrêt pour crimes de guerre contre le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son ministre de la défense Yoav Gallant. Pour cette décision, l'administration Trump a sanctionné les cinq juges et a interdit à toute entreprise américaine ou ayant des intérêts aux États Unis de leur fournir le moindre service.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le scénario s'était déjà produit en juillet 2025 avec<a class="link" href="https://www.rfi.fr/fr/monde/20260214-l-appel-de-la-france-%C3%A0-la-d%C3%A9mission-de-la-rapporteuse-de-l-onu-francesca-albanese-suscite-la-pol%C3%A9mique" target="_blank"> Francesca Albanese</a>, rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés, visée après avoir invité la Cour à enquêter sur des entreprises et des dirigeants qu'elle considérait complices des crimes commis à Gaza. Un détail dit tout. Une plateforme de paiement a bloqué des transactions dont le libellé contenait le nom Francesca Albanese. Aujourd'hui, elle ne parvient plus à ouvrir un compte même auprès de banques italiennes, inquiètes de possibles représailles américaines. On n'est plus face à une sanction ciblée. C'est une mise à l'écart de la vie économique, une peine de mort financière administrée par des acteurs privés sous contrainte politique.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
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     <div><b>Le circuit obligé</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">Cette mécanique est possible parce qu'une part décisive des paiements électroniques en zone euro passe par des circuits américains, Visa, Mastercard, American Express. <br />   <br />  Cela signifie qu'en cas de décision politique, il existe un interrupteur. Si les réseaux américains coupaient l'accès, des millions d'Européens se retrouveraient en difficulté pour payer. Le paradoxe est européen. Les pays de la zone euro n'ont jamais réussi à se mettre d'accord pour construire une infrastructure commune de paiement. Et les banques européennes, longtemps, ont accepté ce confort, en profitant aussi des commissions et de la fluidité du système. <br />  <strong>Mais quand l'infrastructure devient instrument de coercition, le confort se transforme en dépendance.</strong></div>  
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     <div><b> Le privilège exorbité et l'empire des données</b></div>
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      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">On parle souvent de la supériorité militaire américaine. L'hégémonie monétaire et financière est plus diffuse et parfois plus décisive. Selon des données de la Réserve fédérale, les actifs libellés en dollars détenus hors des États Unis, titres publics, dépôts, fonds, actions, atteignent environ 70 000 milliards et soutiennent près d'un tiers d'un endettement public américain proche de 38 000 milliards. Depuis près de quatre vingts ans, l'ossature de l'empire financier américain est le dollar. Son omniprésence accroît la capacité d'endettement de Washington parce que banques centrales, fonds et entreprises placent leurs excédents en dollars sur les bons du Trésor américain.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Le dollar représente environ 58 % des réserves de change des banques centrales, contre 20% pour l'euro, puis environ 6 % pour le yen, 5 % pour la livre et 2 % t pour la monnaie chinoise. <br />   <br />  Plus central encore, le commerce mondial. Environ la moitié des paiements internationaux sont réalisés en dollars. Si l'on exclut les transferts des migrants et les échanges internes à la zone euro, la facturation en dollars ressemble à un quasi monopole, 96 % dans les Amériques, 74 % en Asie Pacifique, 79 % dans le reste du monde. Conséquence immédiate. Toute entreprise qui commerce à l'international doit disposer d'un compte en dollars pour payer et encaisser. D'où un autre chiffre, environ 60 % des dépôts bancaires internationaux sont en dollars.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Et pour opérer ces paiements, les banques elles mêmes doivent passer par le système américain. Toute transaction en dollars doit être traitée à l'intérieur du système bancaire des États Unis. Résultat, les autorités américaines peuvent suivre montants, donneurs d'ordre et destinataires, même quand l'opération n'a aucun autre lien avec le territoire américain. <br />  <strong>C'est une puissance informationnelle mondiale, à la frontière entre géoéconomie et renseignement.</strong></div>  </div>  
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     <div><b> La sanction comme arme et le coût pour l'Europe</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Pour une entreprise ou une banque, être exclu du circuit du dollar revient à risquer la faillite. Le cas de la banque lettone Ablv l'illustre. En 2018, accusée par les États Unis de complicité avec la Corée du Nord, la simple menace de sanctions a déclenché une ruée des déposants. La troisième banque du pays s'est effondrée en quelques jours.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Côté européen, entre 2010 et 2020, un groupe de banques a accepté de payer au ministère de la Justice américain des amendes totalisant environ 18 milliards de dollars. Des noms majeurs, UniCredit, BNP Paribas, Deutsche Bank, HSBC, Barclays, Credit Suisse, Commerzbank et d'autres. Leur faute. Avoir réalisé pour des clients des paiements en dollars vers Cuba, l'Iran, le Soudan et la Libye, pays sous embargo américain, même lorsque ces flux n'étaient pas nécessairement sanctionnés au niveau européen. Washington a imposé sa ligne. <br />   <br />  Voilà pourquoi, aujourd'hui, aucune banque ne veut ouvrir un compte à des fonctionnaires des Nations unies visés par des sanctions américaines. Au contraire, elle gèle parfois des fonds, même si ces sanctions ne devraient pas s'appliquer automatiquement dans l'Union. La prudence bancaire devient obéissance préventive.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Scénarios économiques</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Le problème dépasse les individus. En période de crise, c'est la Réserve fédérale qui prête des dollars aux banques centrales étrangères afin d'éviter la panique et de calmer les marchés. Si ces flux s'arrêtaient, ou s'ils étaient brandis comme menace contre ceux qui s'opposent aux exigences américaines, l'effet pourrait être déstabilisant. Tensions sur les changes, crises de liquidité, fuites de capitaux, choc commercial. <br />  <strong>Dans un monde qui facture et règle en dollars, la liquidité en dollars est l'oxygène.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Évaluation stratégique et dimension de sécurité</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">La dimension militaire n'apparaît pas parce qu'une carte bancaire serait une arme au sens classique, mais parce que la défense moderne dépend d'écosystèmes industriels et financiers résilients. Une autonomie de sécurité suppose de pouvoir financer, acheter, assurer, transporter et payer sans qu'une décision extérieure puisse bloquer les flux. La souveraineté se mesure aussi dans le contrôle des infrastructures critiques, paiements, données, crédit, plateformes.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Évaluation géopolitique et géoéconomique</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94726639-66229410.jpg?v=1771583761" alt="Le pouvoir du dollar et la vulnérabilité européenne." title="Le pouvoir du dollar et la vulnérabilité européenne." />
     </div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">La Chine tente depuis longtemps de réduire sa dépendance au dollar. En 2025, environ 40 % de son commerce aurait été réalisé en monnaie chinoise. Mais le rôle mondial de cette monnaie reste limité par le contrôle politique sur l'économie et les capitaux. Là où l'État de droit n'est pas garanti, la confiance internationale demeure faible. Pourtant, un doute commence aussi à viser les États Unis, nourri par l'instabilité des décisions de Trump en politique étrangère. Si l'interrupteur financier est actionné contre des juges internationaux ou une rapporteuse des Nations unies, qui peut être certain de ne jamais être touché demain.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto"><strong>D'où l'accélération du projet d'euro numérique à la Banque centrale européenne</strong>. À court terme, l'objectif serait de réduire la dépendance aux circuits américains pour les paiements internes et de garantir un accès minimal aux services, y compris pour des individus visés par des sanctions américaines. Pour la projection internationale de l'euro, la route est plus longue mais pas impossible. Christine Lagarde soutient que l'euro pourrait devenir une alternative crédible si l'Union se dotait de capacités de défense autonomes, si elle émettait davantage de dette commune afin de signaler la stabilité du projet, et si elle élargissait son influence commerciale.</div>    <div dir="auto">&nbsp;</div>    <div dir="auto">Dans cette perspective, les accords de libre échange conclus avec l'Inde et les pays du Mercosur comptent surtout s'ils conduisent à régler une part plus importante du commerce en euros plutôt qu'en dollars. Reste le nœud central, l'union des marchés de capitaux, transformer les 27 places financières en un marché intégré capable de rivaliser avec Wall Street. <br />   <br />  <strong>Aujourd'hui, environ 300 milliards d'épargne européenne partent chaque année alimenter des placements extérieurs, soutenant l'économie américaine, sa dette publique et ses grands plans de dépenses de défense et de baisses d'impôts, au lieu de renforcer le tissu productif européen.</strong></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le nœud politique</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">  <div dir="auto">Pour réussir, les Vingt Sept devraient avancer dans la même direction. Et c'est là que se joue la partie. Washington a tout intérêt à empêcher une Europe plus cohérente et plus autonome, y compris en recherchant des relais chez les eurosceptiques pour affaiblir l'intégration. Le pouvoir du dollar n'est pas seulement une histoire de monnaie. <br />   <br />  C'est un système d'infrastructures, d'alliances et de dépendances. L'Europe découvre, parfois tard, qu'une souveraineté absente se paie chaque jour, et qu'elle se paie comptant.</div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Sources</b></div>
     <div>
      <blockquote>  <div>&nbsp;<a class="link" href="https://www.reuters.com/business/finance/eu-needs-digital-euro-become-independent-us-says-eus-dombrovskis-2026-01-28/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/finance/eu-needs-digital-euro-become-independent-us-says-eus-dombrovskis-2026-01-28/</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto">&nbsp;<a class="link" href="https://www.reuters.com/business/finance/ecbs-cipollone-says-digital-euro-will-protect-european-banks-card-schemes-2026-02-18/" target="_blank">https://www.reuters.com/business/finance/ecbs-cipollone-says-digital-euro-will-protect-european-banks-card-schemes-2026-02-18/</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto">• <a class="link" href="https://www.ft.com/content/fcc215bb-b7b8-4a62-87ed-03f603eb3d14" target="_blank">https://www.ft.com/content/fcc215bb-b7b8-4a62-87ed-03f603eb3d14</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto">&nbsp;<a class="link" href="https://www.theguardian.com/business/2026/feb/16/uk-bank-bosses-plan-visa-mastercard-alternative" target="_blank">https://www.theguardian.com/business/2026/feb/16/uk-bank-bosses-plan-visa-mastercard-alternative</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto">&nbsp;<a class="link" href="https://www.theguardian.com/commentisfree/2026/feb/17/europeans-are-dangerously-reliant-on-us-tech-now-is-a-good-time-to-build-our-own" target="_blank">https://www.theguardian.com/commentisfree/2026/feb/17/europeans-are-dangerously-reliant-on-us-tech-now-is-a-good-time-to-build-our-own</a>  <br />  &nbsp;</div>    <div dir="auto">&nbsp;<a class="link" href="https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/IDAN/2025/779852/ECTI_IDA%282025%29779852_EN.pdf" target="_blank">https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/IDAN/2025/779852/ECTI_IDA%282025%29779852_EN.pdf</a> </div>    <div dir="auto">&nbsp;<a class="link" href="https://www.globalbankingandfinance.com/eu-needs-digital-euro-become-independent-us-eus-dombrovskis/" target="_blank">https://www.globalbankingandfinance.com/eu-needs-digital-euro-become-independent-us-eus-dombrovskis/</a> </div>    <div>&nbsp;</div>  </blockquote>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>A propos de ...</b></div>
     <div>
      <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <div class="texte">  <div class="access firstletter">  <blockquote><span style="font-weight: 700">Giuseppe Gagliano&nbsp;</span>a fondé en 2011 le réseau international <a class="link" href="http://www.cestudec.com/missione.asp" target="_blank">Cestudec</a>  (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE). <br />  Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),<a class="link" href="https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/" target="_blank">https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/</a>  et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).<a class="link" href="https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/" target="_blank">https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/</a>  <br />  <span style="font-size: medium;"><strong>La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.</strong></span></blockquote>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Le-pouvoir-du-dollar-et-la-vulnerabilite-europeenne_a7081.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Vers l'autonomie technologique : le renouveau de la souveraineté numérique française</title>
   <updated>2026-02-07T11:03:00+01:00</updated>
   <id>https://www.veillemag.com/Vers-l-autonomie-technologique-le-renouveau-de-la-souverainete-numerique-francaise_a6994.html</id>
   <category term="Gouvernance" />
   <photo:imgsrc>https://www.veillemag.com/photo/art/imagette/94104663-65647576.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-02-04T22:52:00+01:00</published>
   <author><name>David Commarmond</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
À Bercy, la France a officiellement basculé dans une nouvelle phase de son ambition numérique. En réunissant les acteurs clés de l’écosystème pour les premières Rencontres de la souveraineté numérique, le gouvernement a posé les bases d’une doctrine opérationnelle où la technologie n’est plus un horizon théorique, mais un instrument stratégique destiné à garantir l’autonomie de décision du pays.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.veillemag.com/photo/art/default/94104663-65647576.jpg?v=1770242043" alt="Vers l'autonomie technologique : le renouveau de la souveraineté numérique française" title="Vers l'autonomie technologique : le renouveau de la souveraineté numérique française" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un tournant stratégique à Paris : le sommet du 26 janvier 2026</b></div>
     <div>
      <div style="margin-left: 40px;">Le 3 Février 2026 marque l'entrée de la France dans une ère d'opérationnalité numérique. Réunies à Bercy sous l'égide d'<b>Anne Le Hénanff</b>, ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique,<a class="link" href="https://www.economie.gouv.fr/actualites/direct-video-rencontres-de-la-souverainete-numerique#" target="_blank"> les premières Rencontres de la souveraineté numérique</a>  ont acté une rupture définitive avec l'incantation politique pour privilégier l'ingénierie stratégique. Pour les décideurs, cet événement n'est pas une simple conférence institutionnelle, mais le point de bascule vers une doctrine où la technologie redevient un levier de puissance. <br />  &nbsp; <br />  La souveraineté numérique est ici définie comme une « boussole » : elle ne se limite pas à la protection des données, elle conditionne la capacité de décision autonome de l'État et des entreprises. Dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, elle est le socle sur lequel repose la pérennité de notre modèle économique. <br />  &nbsp; <br />  « Les objectifs fondamentaux de cette mobilisation sont clairs : poser un diagnostic lucide sur nos dépendances, présenter des outils concrets de mesure et de pilotage, et enfin, gagner en résilience pour garantir notre autonomie stratégique. » <br />  Cette volonté politique répond à un constat de vulnérabilité systémique où la dépendance technologique n'est plus seulement un risque technique, mais une menace directe sur la liberté d'action nationale.</div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>le coût de la dépendance : un impératif de reconquête économique</b></div>
     <div>
      Le constat dressé par le <b>Cigref</b> est sans appel : la dépendance européenne aux technologies extra-européennes représente un coût de 265 milliards d'euros. Au-delà des chiffres, c'est la mutation du modèle économique qui inquiète les experts en intelligence économique. Le passage de « l'achat ferme » de licences au modèle de « location » généralisée (SaaS/Cloud) a créé un piège structurel. Les entreprises ne sont plus propriétaires de leurs outils ; elles sont des locataires précaires de leur propre infrastructure logicielle. <br />  &nbsp; <br />  <strong>L'absence de souveraineté expose nos champions à des risques critiques :</strong>  <ul>  	<li class="list"><b>Vulnérabilités juridiques majeures :</b> l'application des lois extraterritoriales (Cloud Act, FCPA) permet à des puissances étrangères d'accéder à des données sensibles dès lors qu'un outil est opéré par une « U.S. person ».</li>  	<li class="list"><b>Ruptures d'approvisionnement :</b> comme l'a montré la crise des semi-conducteurs, une décision unilatérale d'une nation tierce peut paralyser des filières entières, de l'automobile à la défense.</li>  	<li class="list"><b>Perte de contrôle stratégique :</b> l'incapacité à fixer ses propres standards technologiques et éthiques réduit l'Europe à un rôle de simple consommateur de normes édictées ailleurs.</li>  </ul>  La dépendance se cristallise sur quatre strates : les infrastructures (câbles, réseaux), le cloud (stockage et calcul), les couches logicielles (OS) et les applications métiers (IA, ERP). Pour l'expert, la reconquête passe par une stratégie de "Make or Buy" rigoureuse, où le choix de la solution souveraine devient le critère de conformité prioritaire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>l'observatoire de la souveraineté numérique : cartographier pour mieux décider</b></div>
     <div>
      Pour transformer une vulnérabilité invisible en donnée actionnable, l'État a déployé l'<b>Observatoire de la souveraineté numérique</b>. Cet outil de pilotage macroéconomique a pour mission de mesurer précisément le degré de dépendance de chaque secteur vital de l'économie. Il ne s'agit plus de constater, mais de justifier des investissements ciblés et des mesures de protection, comme l'exigence du standard <b>SecNumCloud</b> au niveau européen. <br />  &nbsp; <br />  Le pilotage de ces travaux est assuré par une coalition d'entités régaliennes et techniques : la <b>Direction générale des entreprises (DGE)</b>, la <b>DINUM (Direction interministérielle du numérique)</b>, ainsi que le <b>Haut-Commissariat à la stratégie et au plan</b>. En lien avec le <b>Baromètre de Souveraineté Numérique (BSN)</b>, l'Observatoire permet d'identifier les « trous dans la raquette » technologique pour orienter la commande publique vers des alternatives françaises et européennes. Si l'État doit être exemplaire par ses choix micro-opérationnels, il lui fallait un radar capable d'éclairer la trajectoire des entreprises privées.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>l'indice de résilience numérique (irn) : un radar de pilotage pour les dirigeants</b></div>
     <div>
      L'<b>Indice de Résilience Numérique (IRN)</b> comble ce besoin de visibilité opérationnelle. Initié par <b>David Djaïz</b>, <b>Yann Lechelle</b> et le think tank <b>Digital New Deal</b>, l'<a class="link" href="https://www.veillemag.com/L-Ouvertarisme-Comment-l-ouverture-devient-l-arme-strategique-de-la-souverainete-numerique-europeenne_a6902.html" target="_blank">IRN</a>  est un « commun stratégique » mis à disposition des organisations européennes. Il permet d'évaluer la solidité d'une structure face aux chocs numériques par une approche hybride, croisant données quantitatives et culture managériale.&nbsp; <br />  &nbsp;  <table border="1" style="border-collapse: collapse; width: 100%;">  	<tbody>  		<tr>  			<td>Axes d'évaluation</td>  			<td>Critères de mesure</td>  		</tr>  		<tr>  			<td><b>Critères Quantitatifs (SI)</b></td>  			<td>Dépenses matérielles et logicielles par origine (Nationale/UE/Extra-UE) ; Géolocalisation des données critiques ; <b>Degré "d'Openness"</b> (Open Source, Open Data, standards ouverts).</td>  		</tr>  		<tr>  			<td><b>Critères Qualitatifs (Culture)</b></td>  			<td>Appropriation managériale des risques ; Préparation aux chocs (résilience face au crash numérique) ; Suivi réglementaire ; Autonomie des compétences humaines internes.</td>  		</tr>  	</tbody>  </table>  &nbsp; <br />  L'IRN ne se contente pas de mesurer une dépendance ; il évalue l'autonomie réelle des équipes à maintenir un système d'information en conditions opérationnelles sans aide extérieure.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>une coalition de pionniers pour une souveraineté en action</b></div>
     <div>
      L'adoption de l'IRN par des acteurs tels que <b>RTE</b>, la <b>SNCF</b>, <b>Docaposte</b>, <b>Orange</b> ou la <b>Caisse des Dépôts</b> n'est pas une simple démarche de conformité. Pour ces Opérateurs d'Importance Vitale (OIV), la souveraineté technologique relève de la sécurité nationale. Si l'infrastructure numérique d'un gestionnaire de réseau électrique est compromise par une décision extraterritoriale, c'est tout l'équilibre du pays qui vacille. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Les dirigeants de cette coalition expriment une urgence partagée :</strong>  <ul>  	<li class="list"><b>Xavier Piechaczyk (RTE) :</b> « Notre résilience numérique est aussi critique que l’équilibre du réseau électrique. »</li>  	<li class="list"><b>Olivier Vallet (Docaposte) :</b> « L’IRN incarne l’intérêt général en faisant de la résilience numérique une priorité stratégique pour tous. »</li>  	<li class="list"><b>Fabrice Bakhouche (Ouest-France) :</b> « Sans souveraineté technologique, pas d’indépendance éditoriale. »</li>  </ul>  Le signal envoyé au marché est clair : la dépendance contractuelle et opérationnelle n'est plus une fatalité, mais un risque qu'il convient de mitiger activement pour préserver ses intérêts métiers.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>6. conclusion : vers un nouveau paradigme organisationnel</b></div>
     <div>
      <div _ngcontent-ng-c4022725587="" class="paragraph normal ng-star-inserted" data-start-index="6471"><span _ngcontent-ng-c4022725587="" class="ng-star-inserted" data-start-index="6471">L'analyse de ces deux initiatives révèle que le frein majeur n'est plus la technologie, mais l'inertie des structures. Comme le souligne l'analogie de </span><a class="link" href="https://www.veillemag.com/Souverainete-numerique-les-grands-groupes-francais-lancent-un-barometre-de-la-dependance-numerique_a6133.html" target="_blank"><b _ngcontent-ng-c4022725587="" class="ng-star-inserted" data-start-index="6622">David Djaïz</b></a>  <span _ngcontent-ng-c4022725587="" class="ng-star-inserted" data-start-index="6633">, l'arrivée de l'IA aujourd'hui rappelle celle des calculatrices en leur temps : la question n'est pas l'outil, mais la mutation de l'organisation pour l'intégrer sans perdre son sens critique ni son autonomie. <br />  &nbsp;</span></div>    <div _ngcontent-ng-c4022725587="" class="paragraph normal ng-star-inserted" data-start-index="6843"><span _ngcontent-ng-c4022725587="" class="ng-star-inserted" data-start-index="6843">Le refus du changement est la pire des stratégies. L'Observatoire et l'IRN sont les premières pierres d'une architecture de défense économique. Ils permettent de sortir de la stupeur pour entrer dans une gestion proactive des dépendances. À l'heure où l'IA redéfinit les rapports de force, intégrer ces outils de mesure est la condition </span><i _ngcontent-ng-c4022725587="" class="ng-star-inserted" data-start-index="7180">sine qua non</i><span _ngcontent-ng-c4022725587="" class="ng-star-inserted" data-start-index="7192"> d'un numérique citoyen, capable de protéger le destin technologique et démocratique de l'Europe.</span></div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.veillemag.com/Vers-l-autonomie-technologique-le-renouveau-de-la-souverainete-numerique-francaise_a6994.html" />
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