Stratégies ludiques et offensives
Dès le premier matin, Pierre Wroblewski et Michel Assouline donneront le ton, avant la conférence d’ouverture d’Alexandre Lahousse, directeur général adjoint de la DGA. Son intervention installe le cadre : l’intelligence économique n’est plus un outil périphérique, mais une capacité stratégique au cœur des politiques de défense.
Les premières sessions confirment cette orientation. Anne Drapeau (ArianeGroup) présente les travaux prospectifs de la CISP, tandis que Jérôme Mandelbaum (Airbus Defence & Space) expose la méthodologie Black Hat, approche offensive qui transforme l’intelligence collective en levier de performance commerciale. Félix Baranger (ESCP) analyse ensuite l’autonomie stratégique dans un contexte d’incertitudes croissantes, avant que Safran Aircraft Engines ne dévoile les ressorts du syndrome de l’imposteur inversé, phénomène où l’IA bouscule la légitimité de l’expert humain.
Prospective, HUMINT augmentée et nouvelles conflictualités
Les enjeux géopolitiques s’invitent également dans le programme avec Gilles Rodriguez (CEA), qui interroge les « puissances fossiles » à travers les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, tandis que Clotilde Chagny (CEA) dévoile le projet SPECULAR, nouvelle méthode d’analyse stratégique au service de l’industrie européenne.
L’IE à l’ère de l’IA : table ronde et retours d’expérience
Les sessions suivantes plongent dans les zones grises avec Vincent Gaudio (Amanar Advisor), puis dans les méthodologies IA avec Thierry Lafon (La Poste Groupe). La DGA, Safran et Airbus apportent des retours d’expérience concrets sur la transformation des cellules IE. La diplomatie des données climatiques, présentée par Tania-Bénédicte M’Baka, ouvre une réflexion sur l’usage stratégique de la donnée environnementale. Jacques Loigerot (CETIM Senlis) clôture ce cycle en montrant comment l’IA transforme le veilleur en véritable guide décisionnel.
Ludification, prospective et attention décisionnelle
Timothée Silvestre (CEA) partage les enseignements du projet DATA 2040, avant que Gilles Rodriguez ne présente la ludopédagogie appliquée au nucléaire. La journée se termine avec les travaux de Matthieu Gioani et Félix Baranger sur la mise en place des stratégies d’anticipation, puis avec Xavier Lepage (IRENCO), qui montre comment les serious games captent l’attention des ComEx.
Deuxième journée : guerre cognitive, désinformation et rivalités technologiques
Les sessions géostratégiques abordent ensuite les dépendances critiques dans les semi-conducteurs avec Mourad Chabbi (GEM) et Nicolas Moinet (IAE Poitiers), puis les dynamiques de recherche dans l’aéronautique et l’espace avec Olivier Vasseur (ONERA). Arnaud de Morgny (EGE) décrypte les trajectoires géoéconomiques de l’offre, tandis que Marina Flamand (Université de Bordeaux) analyse les collaborations sino-européennes dans l’hydrogène. Philippe Clerc et Patrick Cappe de Baillon (CEA) interrogent la réalité pan-industrielle, avant qu’Olivier Coussi (Université de Poitiers) ne présente l’intelligence économique territoriale de défense. Anne Kerouë (Dassault Aviation) clôture ce cycle avec un retour d’expérience sur la veille technologique.
Hybridation des compétences et industrialisation du sens
Les dernières sessions abordent les effets hybrides des conflits avec Jamel Metmati (Cyber Science Institut), puis les menaces hybrides avec Bertrand Charles (Consors). Anne Krupicka et Christian Marcon (Université de Poitiers) analysent l’influence comportementale dans les écosystèmes industriels, tandis que Ludovic Huth (Campus OSINT) détaille les actions menées au profit de la BITD. Yassir Lahrach (IAE Poitiers) explore les stratégies-réseaux et la diplomatie non officielle, avant que Philippe Chabrol (Affinis Conseil) ne montre comment l’IE transforme la masse d’informations ouvertes en avantage stratégique.
IES2026 confirme son rôle de rendez-vous majeur pour comprendre les mutations de l’intelligence économique
PROGRAMME
IES2026 — Les acteurs qui structurent l’événement
Dans les coulisses du Forum IES2026, un acteur central orchestre l’ensemble : la 3AF, l’Association Aéronautique et Astronautique de France. C’est elle qui porte la vision, structure le programme et rassemble les communautés stratégiques autour d’un enjeu devenu vital pour les organisations : comprendre et maîtriser l’intelligence économique dans un monde d’affrontements géostratégiques. La 3AF s’impose comme un pivot entre la recherche, l’industrie et les institutions de défense. Son rôle dépasse l’organisation logistique ; elle crée un espace où se rencontrent les ingénieurs, les analystes, les décideurs et les experts qui façonnent les souverainetés technologiques de demain.
Autour d’elle, les partenaires donnent au forum sa profondeur stratégique. Le Ministère des Armées et la DGA apportent la dimension souveraine, en inscrivant l’intelligence économique dans les politiques de défense et les pratiques opérationnelles. L’ONERA renforce la dimension scientifique en éclairant les dynamiques technologiques qui redéfinissent les rapports de puissance. Les grands industriels — Airbus, Dassault Aviation, Naval Group, Thales, Safran — incarnent la réalité du terrain. Leurs interventions montrent comment l’IE s’inscrit dans les chaînes industrielles critiques, les programmes de défense et les environnements technologiques où chaque information peut devenir un avantage décisif.
Le forum s’appuie aussi sur des partenaires qui structurent l’écosystème informationnel. Visibrain apporte son expertise sur les réseaux sociaux et les signaux faibles. Veille Mag accompagne la diffusion des travaux et renforce la visibilité de la discipline. Aerospace Valley rappelle que la souveraineté se construit aussi dans les territoires, au plus près des clusters industriels. Enfin, le Portail de l’IE et les acteurs de la diplomatie économique prolongent la dynamique de réseau, en connectant les praticiens et les institutions qui font évoluer les méthodes et les doctrines.
IES2026 n’est pas seulement un forum. C’est une coalition stratégique où se croisent ceux qui produisent la technologie, ceux qui la protègent, ceux qui l’analysent et ceux qui anticipent les ruptures à venir. Une scène où l’intelligence économique devient un outil d’action, et où les organisations apprennent à décider dans un monde qui ne leur laisse plus le droit à l’erreur.

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