Source Big 2026 BPI - Opération Culot
Pour les participants à l’Opération Culot, une seconde phase de l’enquête s’ouvre : les investigations engagées quelques jours plus tôt en ligne trouvent ici leur prolongement humain et matériel.
Les pistes et les indices recueillis en ligne se confrontent désormais aux découvertes de terrain, permettant aux participants de vérifier leurs hypothèses et de progresser vers le dénouement de l’histoire.
Au cœur de cette dernière étape, un objet inattendu : le Minitel. Boosté à l’intelligence artificielle par le Hacking Minitel Crew, ce terminal emblématique devient une véritable pièce du scénario. Bien plus qu’un clin d’œil nostalgique, il renferme des informations décisives que les enquêteurs doivent exploiter pour éclaircir les dernières zones d’ombre de l’affaire.
Sa présence donne corps au scénario : après avoir suivi des traces sur Internet, les joueurs se retrouvent face à un objet qu’ils peuvent manipuler et explorer ensemble. Une rencontre entre patrimoine informatique, IA et investigation, qui accompagne l’enquête jusqu’à sa résolution.
Des jeunes s’arrêtent, essaient, posent des questions. Certains connaissent déjà l’OSINT, d’autres découvrent la discipline par le jeu. C’est cette scène qui m’a surtout intéressé.
Un CTF, pour « Capture The Flag », est une compétition composée d’épreuves à résoudre, seul ou en équipe. Dans un CTF OSINT, les participants enquêtent à partir d’informations accessibles au public : sites web, réseaux sociaux, documents ou images. Ils doivent, par exemple, retrouver un lieu, relier plusieurs comptes ou reconstituer une transaction. Chaque réponse attendue, appelée « flag », est soumise à une plateforme qui la valide et permet de progresser dans le jeu.
Dans Opération Culot, ces épreuves formaient les étapes d’une même enquête mêlant influence, crypto-actifs et arnaque financière.
Plus de 650 joueurs, répartis en plus de 300 équipes, ont participé à Opération Culot. Derrière le jeu apparaît alors une question plus large : et si le CTF devenait progressivement un véritable terrain de formation, puis de recrutement, pour les futurs enquêteurs OSINT ?
Apprendre en enquêtant
Pour cette édition, Timios & Co a conçu et développé pour Bpifrance une enquête autour d’un faux influenceur financier et de son projet fictif, Horizon Souverain 2035. Réseaux sociaux, cercle privé, crypto-actifs, blockchain, techniques d’influence : les participants doivent progressivement déconstruire le discours, identifier les mécanismes utilisés puis retracer les flux financiers d’une arnaque de type Ponzi, une fraude dans laquelle l’argent des nouveaux entrants sert à rémunérer les précédents.
La conception de l’enquête a réuni des compétences complémentaires. Steven Deffous, analyste en intelligence économique, formateur OSINT et président de l’association Les Blaireaux des Légendes, a contribué à la cohérence du scénario et à la conception du parcours d’enquête. Il souligne les synergies naturelles nées de valeurs communes avec Timios & Co : la rigueur dans l’investigation, le partage des connaissances et la volonté de transmettre. L’expertise du cabinet en cryptomonnaies s’est ainsi conjuguée à l’expérience des Blaireaux des Légendes en formation OSINT, en CTF et en gamification pour construire une enquête crédible et immersive.
Le projet consistait à proposer des mécanismes financiers crédibles tout en construisant un parcours compréhensible et stimulant pour les participants. Chaque élément et indice devait trouver sa place dans l’histoire et donner aux joueurs les moyens de progresser par l’observation et le recoupement. Une attention particulière a été portée à son accessibilité, avec des épreuves de di\iculté progressive et un support disponible pour accompagner les participants, les aider à surmonter les blocages et leur permettre de progresser sans leur donner directement les réponses.
L’intérêt du format tient précisément à cette transformation de techniques d’investigation en situations à résoudre.
L’enquête joue sur la rencontre entre des éléments fictifs et ancrés dans le réel. Des supports du quotidien, des lieux existants et des outils accessibles à tous deviennent des pivots décisifs, invitant les participants à porter un autre regard sur ce qui les entoure. L’un des challenges s’inspire notamment du principe de la boîte aux lettres morte, un procédé classique du renseignement permettant de transmettre une information sans rencontre directe entre l’expéditeur et le destinataire. Ici, un journal d’information devient une pièce à part entière du jeu. Parmi des informations d’apparence anodine se glisse un message dont les participants doivent repérer la présence, puis en comprendre le sens.
La conception de l’enquête a réuni des compétences complémentaires. Steven Deffous, analyste en intelligence économique, formateur OSINT et président de l’association Les Blaireaux des Légendes, a contribué à la cohérence du scénario et à la conception du parcours d’enquête. Il souligne les synergies naturelles nées de valeurs communes avec Timios & Co : la rigueur dans l’investigation, le partage des connaissances et la volonté de transmettre. L’expertise du cabinet en cryptomonnaies s’est ainsi conjuguée à l’expérience des Blaireaux des Légendes en formation OSINT, en CTF et en gamification pour construire une enquête crédible et immersive.
Le projet consistait à proposer des mécanismes financiers crédibles tout en construisant un parcours compréhensible et stimulant pour les participants. Chaque élément et indice devait trouver sa place dans l’histoire et donner aux joueurs les moyens de progresser par l’observation et le recoupement. Une attention particulière a été portée à son accessibilité, avec des épreuves de di\iculté progressive et un support disponible pour accompagner les participants, les aider à surmonter les blocages et leur permettre de progresser sans leur donner directement les réponses.
L’intérêt du format tient précisément à cette transformation de techniques d’investigation en situations à résoudre.
L’enquête joue sur la rencontre entre des éléments fictifs et ancrés dans le réel. Des supports du quotidien, des lieux existants et des outils accessibles à tous deviennent des pivots décisifs, invitant les participants à porter un autre regard sur ce qui les entoure. L’un des challenges s’inspire notamment du principe de la boîte aux lettres morte, un procédé classique du renseignement permettant de transmettre une information sans rencontre directe entre l’expéditeur et le destinataire. Ici, un journal d’information devient une pièce à part entière du jeu. Parmi des informations d’apparence anodine se glisse un message dont les participants doivent repérer la présence, puis en comprendre le sens.
« Nous voulions amener les participants à construire leur analyse à partir du champ immatériel de l’enquête : les traces numériques, les discours et les interactions en ligne. Il leur fallait ensuite confronter leurs hypothèses aux éléments découverts sur le terrain. Un élément peut sembler banal à première lecture, puis prendre tout son sens lorsqu’on le replace dans son contexte et qu’on le recoupe avec d’autres éléments. C’est cet aller-retour entre l’investigation numérique et le terrain qui fait progresser l’enquête. »
Cette attention aux détails et cette articulation entre fiction et réalité se retrouvent avec what3words, un système qui associe une combinaison de trois mots à chaque carré de trois mètres sur trois mètres à la surface du globe. Dans le scénario, trois mots apparemment sans rapport désignent ainsi un lieu bien réel. Encore faut-il reconnaître le système et rapprocher cette localisation des autres découvertes pour poursuivre la piste. L’histoire est inventée, mais les outils et les réflexes mobilisés sont inspirés d’une véritable investigation.
C’est là que le CTF devient intéressant pédagogiquement. On n’apprend pas seulement qu’un outil existe. On se retrouve devant un problème, sans mode d’emploi immédiat.
Il faut chercher, tester une hypothèse, parfois se tromper, revenir en arrière et comprendre pourquoi un indice n’avait pas été interprété correctement.
Autrement dit : pratiquer.
C’est là que le CTF devient intéressant pédagogiquement. On n’apprend pas seulement qu’un outil existe. On se retrouve devant un problème, sans mode d’emploi immédiat.
Il faut chercher, tester une hypothèse, parfois se tromper, revenir en arrière et comprendre pourquoi un indice n’avait pas été interprété correctement.
Autrement dit : pratiquer.
Du classement au CV
Cette pratique commence aussi à trouver sa place dans les parcours professionnels.
Le président de l’association Les Blaireaux des Légendes, observe que des candidats valorisent désormais leur participation à des CTF OSINT sur leur CV ou lors d’entretiens. Une évolution qui rappelle ce que des plateformes comme Hack The Box ou Root-Me ont déjà installé depuis plusieurs années dans l’univers de la cybersécurité.
L’idée n’est évidemment pas de considérer qu’une participation ou un bon classement à un CTF remplace une formation ou la pratique du métier.
Steven le formule d’ailleurs clairement :
« Un CTF ne remplace pas une expérience professionnelle, mais il peut enrichir une candidature et donner envie à un recruteur d’en savoir plus. »
Mais un CTF permet de montrer autre chose qu’un intérêt déclaré pour l’OSINT.
Il montre que l’on pratique. Que l’on accepte de se confronter à une di\iculté. Que l’on sait éventuellement travailler en équipe. Que l’on cherche su\isamment longtemps pour résoudre un problème.
Cette valorisation s’est déjà concrétisée lors d’Opération Culot, où les organisateurs ont utilisé Badgify, la plateforme développée par l’association Hack’olyte, pour remettre des badges et des certificats numériques aux participants. Ceux-ci peuvent ensuite les partager sur LinkedIn ou ajouter un lien sur leur CV afin de rendre visibles leurs accomplissements
Le président de l’association Les Blaireaux des Légendes, observe que des candidats valorisent désormais leur participation à des CTF OSINT sur leur CV ou lors d’entretiens. Une évolution qui rappelle ce que des plateformes comme Hack The Box ou Root-Me ont déjà installé depuis plusieurs années dans l’univers de la cybersécurité.
L’idée n’est évidemment pas de considérer qu’une participation ou un bon classement à un CTF remplace une formation ou la pratique du métier.
Steven le formule d’ailleurs clairement :
« Un CTF ne remplace pas une expérience professionnelle, mais il peut enrichir une candidature et donner envie à un recruteur d’en savoir plus. »
Mais un CTF permet de montrer autre chose qu’un intérêt déclaré pour l’OSINT.
Il montre que l’on pratique. Que l’on accepte de se confronter à une di\iculté. Que l’on sait éventuellement travailler en équipe. Que l’on cherche su\isamment longtemps pour résoudre un problème.
Cette valorisation s’est déjà concrétisée lors d’Opération Culot, où les organisateurs ont utilisé Badgify, la plateforme développée par l’association Hack’olyte, pour remettre des badges et des certificats numériques aux participants. Ceux-ci peuvent ensuite les partager sur LinkedIn ou ajouter un lien sur leur CV afin de rendre visibles leurs accomplissements
Et si le prochain entretien d’embauche était une enquête ?
En regardant les lycéens et les étudiants arriver sur le stand, une autre idée m’est venue.
Pourquoi recruter demain un enquêteur OSINT uniquement à partir d’un CV, d’une lettre de motivation et de plusieurs entretiens classiques ?
Pour certains métiers, un CTF pourrait permettre d’observer directement une partie des réflexes recherchés.
Face à une enquête construite pour l’occasion, comment le candidat commence-t-il ses recherches ? Vérifie-t-il ses sources ? S’obstine-t-il sur une mauvaise piste ? Sait-il remettre en cause son hypothèse ? Comment organise-t-il les informations collectées ? Comment travaille-t-il avec les autres ?
Un CV peut indiquer qu’une personne connaît l’OSINT.
Une enquête peut montrer comment elle s’en sert.
Je peux donc imaginer que certaines entreprises utilisent demain ce type de challenge comme une étape de recrutement : plusieurs candidats plongés dans un scénario, seuls ou en équipe, puis des entretiens avec les profils dont la méthode, la curiosité ou les réflexes ont retenu l’attention.
Pas nécessairement pour sélectionner celui qui termine premier.
Un bon enquêteur n’est pas simplement celui qui va le plus vite
Mais le format permettrait de sortir d’un processus de recrutement très normé et, surtout, d’attirer autrement des jeunes diplômés ou des profils autodidactes qui ne cochent pas nécessairement toutes les cases d’une fiche de poste.
Aujourd’hui, le CTF peut déjà différencier une candidature. Demain, il pourrait devenir le moyen par lequel certaines candidatures sont repérées. Ces épreuves oent toutefois l’occasion de mettre ses connaissances en pratique, de développer une méthode d’investigation et de valoriser cette démarche auprès d’un recruteur.
Pourquoi recruter demain un enquêteur OSINT uniquement à partir d’un CV, d’une lettre de motivation et de plusieurs entretiens classiques ?
Pour certains métiers, un CTF pourrait permettre d’observer directement une partie des réflexes recherchés.
Face à une enquête construite pour l’occasion, comment le candidat commence-t-il ses recherches ? Vérifie-t-il ses sources ? S’obstine-t-il sur une mauvaise piste ? Sait-il remettre en cause son hypothèse ? Comment organise-t-il les informations collectées ? Comment travaille-t-il avec les autres ?
Un CV peut indiquer qu’une personne connaît l’OSINT.
Une enquête peut montrer comment elle s’en sert.
Je peux donc imaginer que certaines entreprises utilisent demain ce type de challenge comme une étape de recrutement : plusieurs candidats plongés dans un scénario, seuls ou en équipe, puis des entretiens avec les profils dont la méthode, la curiosité ou les réflexes ont retenu l’attention.
Pas nécessairement pour sélectionner celui qui termine premier.
Un bon enquêteur n’est pas simplement celui qui va le plus vite
Mais le format permettrait de sortir d’un processus de recrutement très normé et, surtout, d’attirer autrement des jeunes diplômés ou des profils autodidactes qui ne cochent pas nécessairement toutes les cases d’une fiche de poste.
Aujourd’hui, le CTF peut déjà différencier une candidature. Demain, il pourrait devenir le moyen par lequel certaines candidatures sont repérées. Ces épreuves oent toutefois l’occasion de mettre ses connaissances en pratique, de développer une méthode d’investigation et de valoriser cette démarche auprès d’un recruteur.
Le jeu comme porte d’entrée
Steven rapproche aussi cette dynamique de celle de l’Esport : équipes, classements et compétitions fédèrent des communautés autour d’une même envie de progresser. Cette structuration contribue à la professionnalisation de l’OSINT en favorisant une pratique régulière, un cadre éthique partagé, la transmission des méthodes et la reconnaissance des compétences.
Le parallèle me paraît particulièrement intéressant pour l’OSINT.
À BIG, le CTF permettait de sensibiliser les participants aux mécanismes de manipulation et aux arnaques financières, notamment liées aux cryptomonnaies. Dans un cadre sécurisé créé pour l’occasion, ils pouvaient passer directement à la pratique, sans longue présentation théorique, tout en étant guidés étape par étape à travers des situations proches du réel.
Il fallait jouer.
Et le jeu constitue parfois une meilleure porte d’entrée que le cours. Un lycéen peut essayer par curiosité. Un étudiant peut découvrir qu’il aime chercher et recouper. Un professionnel peut confronter ses méthodes à celles d’autres joueurs.
Tous ne deviendront pas enquêteurs.
Mais la gamification permet quelque chose de simple : faire pratiquer une discipline à quelqu’un qui ne se serait peut-être jamais inscrit spontanément à une formation sur le sujet.
Les CTF ne remplaceront ni l’enseignement, ni l’expérience professionnelle. Ils peuvent en revanche occuper cet espace intermédiaire encore peu structuré : celui où l’on essaie, où l’on se confronte à d’autres, où l’on mesure ses progrès et où l’on commence à montrer ce que l’on sait réellement faire.
À BIG, Opération Culot aura au moins montré que les codes qui ont contribué à populariser la pratique dans le monde cyber peuvent également fonctionner pour l’OSINT.
Et peut-être demain pour son recrutement.
Car pour apprendre à enquêter et repérer ceux qui en ont l’appétence, il faut parfois commencer par leur donner une enquête à résoudre
Le parallèle me paraît particulièrement intéressant pour l’OSINT.
À BIG, le CTF permettait de sensibiliser les participants aux mécanismes de manipulation et aux arnaques financières, notamment liées aux cryptomonnaies. Dans un cadre sécurisé créé pour l’occasion, ils pouvaient passer directement à la pratique, sans longue présentation théorique, tout en étant guidés étape par étape à travers des situations proches du réel.
Il fallait jouer.
Et le jeu constitue parfois une meilleure porte d’entrée que le cours. Un lycéen peut essayer par curiosité. Un étudiant peut découvrir qu’il aime chercher et recouper. Un professionnel peut confronter ses méthodes à celles d’autres joueurs.
Tous ne deviendront pas enquêteurs.
Mais la gamification permet quelque chose de simple : faire pratiquer une discipline à quelqu’un qui ne se serait peut-être jamais inscrit spontanément à une formation sur le sujet.
Les CTF ne remplaceront ni l’enseignement, ni l’expérience professionnelle. Ils peuvent en revanche occuper cet espace intermédiaire encore peu structuré : celui où l’on essaie, où l’on se confronte à d’autres, où l’on mesure ses progrès et où l’on commence à montrer ce que l’on sait réellement faire.
À BIG, Opération Culot aura au moins montré que les codes qui ont contribué à populariser la pratique dans le monde cyber peuvent également fonctionner pour l’OSINT.
Et peut-être demain pour son recrutement.
Car pour apprendre à enquêter et repérer ceux qui en ont l’appétence, il faut parfois commencer par leur donner une enquête à résoudre
Keywords
#OSINTCTF #OpenSourceIntelligence #CyberSecurity #CaptureTheFlag #DigitalInvestigation #InnovativeRecruitment #CryptoAssets #ThreatIntelligence #SkillsAssessment #BIG2026
A propos de ...
Alexandre Lambert s’intéresse à ce que la donnée seule ne permet pas toujours de voir : le terrain, le contexte et les signaux faibles.
Avec Humint Pro, il travaille sur la transformation des informations collectées sur le terrain en intelligence stratégique exploitable. Auteur dans Veille Magazine, il explore notamment les complémentarités entre HUMINT, OSINT, Big Data et nouvelles technologies. [fr.linkedin.com], [humint.pro], [veillemag.com]

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