Géopolitique

Ceuta, quand les migrants deviennent une arme politique. Giuseppe Gagliano, Cestudec


Giuseppe Gagliano, Cestudec
Samedi 1 Août 2026


Ceuta n’a pas été submergée par hasard. La vague venue du Maroc montre comment une frontière peut devenir un levier diplomatique, un message silencieux adressé à Madrid et, par ricochet, à Bruxelles. Derrière les corps, les images et le chaos, se joue une bataille d’influence où la migration sert de pression stratégique.



Ceuta, quand les migrants deviennent une arme politique. Giuseppe Gagliano, Cestudec

La vague venue de la frontière marocaine n'est pas seulement une urgence humanitaire : elle révèle la vulnérabilité stratégique de l'Espagne et de l'Europe

À Ceuta, la frontière ne s'est pas uniquemeent effondrée. Pendant quelques heures, elle a presque semblé disparaître. Des milliers de personnes venues du Maroc ont rejoint l'enclave espagnole en contournant à la nage la digue du Tarajal, en franchissant les clôtures ou en traversant des passages restés sans surveillance efficace. L'Espagne a dû envoyer des unités militaires et des renforts de police, tandis que les centres d'accueil, déjà surchargés, étaient rapidement submergés.
 
Le nombre exact d'entrées reste controversé. Les premières estimations faisaient état de quelques milliers de personnes ; par la suite, des chiffres considérablement plus élevés ont circulé. Une donnée demeure certaine : en quelques heures, une ville d'environ 84 000 habitants a été transformée en épicentre d'une crise nationale et européenne.

Selon "Reuters" (https://www.reuters.com/world/africa/spain-morocco-halt-deadly-rush-spanish-enclave-after-49000-cross-day-2026-07-31/), au moins dix-neuf corps ont été repêchés, tandis que Madrid mobilisait des hommes et des moyens pour reprendre le contrôle de la situation.
 
Il serait erroné de décrire ce qui s'est produit comme une invasion militaire. Les personnes ayant franchi la frontière n'étaient pas des soldats, ne disposaient pas d'armes et agissaient aussi sous l'effet de motivations économiques personnelles. Mais il serait tout aussi naïf de réduire l'événement à une migration spontanée provoquée par la pauvreté. La simultanéité des mouvements, le rôle des réseaux sociaux, le comportement contradictoire des forces marocaines et le précédent de 2021 imposent une lecture stratégique.

La fabrication de l'occasion

La définition la plus appropriée est celle de migration coercitive artificiellement orientée : un mouvement de population est créé, encouragé ou simplement laissé libre de se développer afin d'imposer à un autre État des coûts politiques, économiques et administratifs. Il n'est pas indispensable que le gouvernement intéressé organise matériellement chaque départ. Il peut suffire de réduire temporairement la surveillance, de donner l'impression que le passage est devenu possible et de laisser des milliers d'aspirations individuelles se transformer en mouvement collectif.
 
L'occasion a été fournie par l'arrêt du 8 juillet dans lequel le Tribunal suprême espagnol a établi que les personnes interceptées en mer alors qu'elles tentaient de rejoindre Ceuta ou Melilla ne pouvaient pas être automatiquement reconduites au Maroc par la procédure du refoulement immédiat. La décision a commencé à circuler sur les réseaux sociaux marocains, avant d'être rapidement transformée en un message beaucoup plus simple : celui qui atteint Ceuta à la nage ne peut plus être renvoyé au Maroc.
 
Selon le journaliste Ignacio Cembrero, spécialiste du Maroc, ces messages étaient déjà visibles les 15 et 16 juillet. Dans les jours suivants, des centaines de jeunes ont commencé à se déplacer vers Fnideq, la ville marocaine située face à Ceuta. Le brouillard a facilité les traversées et les organisations criminelles ont certainement exploité la situation. Mais l'arrêt du Tribunal suprême et les conditions météorologiques ne suffisent pas à expliquer pourquoi, au moment décisif, certaines unités marocaines ont cessé d'empêcher l'accès à la digue.
 
Cembrero a observé un changement évident de comportement : des individus et des familles entières auraient été autorisés à s'approcher de la frontière presque sans obstacle. "Son analyse" (https://www.telecinco.es/noticias/espana/20260730/ignacio-cembrero-las-fuerzas-seguridad-marroquies-estan-dejando-entrar_18_019854071.html) ne démontre pas l'existence d'un ordre donné par Rabat, mais elle permet d'identifier le moment essentiel : la transformation d'une pression migratoire latente en une masse soudainement libre de se déplacer.
 
Par la suite, les autorités marocaines sont de nouveau intervenues, utilisant des moyens antiémeutes et des canons à eau, avant de convenir avec Madrid du retour des personnes entrées irrégulièrement. C'est précisément cette alternance qui rend le dispositif efficace. La frontière reste ouverte suffisamment longtemps pour provoquer le chaos, puis elle est refermée avant que ce chaos ne devienne incontrôlable pour le Maroc lui-même. Le message atteint son destinataire, tandis que l'expéditeur peut toujours nier l'avoir envoyé.

Le précédent que Madrid ne peut oublier

En mai 2021, plus de huit mille personnes, parmi lesquelles environ mille cinq cents mineurs, étaient entrées à Ceuta après que l'Espagne eut accueilli pour des raisons médicales Brahim Ghali, dirigeant du Front Polisario et adversaire du Maroc dans le conflit du Sahara occidental. À l'époque, le lien politique était beaucoup plus évident. Le Parlement européen avait explicitement condamné l'utilisation par le Maroc de la surveillance des frontières, de l'immigration et des mineurs comme instruments de pression contre un État de l'Union.
 
Moins d'un an plus tard, en mars 2022, Pedro Sánchez abandonnait la prudence traditionnelle de l'Espagne sur le Sahara occidental et qualifiait le projet marocain d'autonomie de base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour résoudre le différend. Il serait excessif d'affirmer que la crise migratoire fut l'unique cause de cette décision. Mais il est difficile de nier que Rabat a obtenu précisément le changement politique qu'il recherchait.
 
Ce précédent montre que la surveillance marocaine ne constitue pas seulement un instrument de sécurité. Elle est également un levier de négociation. Lorsque les relations sont bonnes, Rabat intercepte des dizaines de milliers de tentatives de départ et se présente comme le gardien de la frontière méridionale de l'Europe. Lorsqu'il veut exercer une pression, il peut réduire sélectivement les contrôles et montrer ce qui se produirait sans sa collaboration.

L'ombre de l'Algérie

La nouvelle crise a éclaté quelques jours après la visite effectuée par Sánchez à Alger le 20 juillet. L'Espagne et l'Algérie ont annoncé une nouvelle phase dans leurs relations ainsi que la reprise, en octobre, de la réunion gouvernementale de haut niveau qui ne s'était pas tenue depuis huit ans. Madrid a défini l'Algérie comme un partenaire stratégique et exprimé sa volonté de renforcer la coopération énergétique, industrielle, antiterroriste et migratoire. "La déclaration officielle espagnole" (https://www.lamoncloa.gob.es/lang/en/presidente/news/Paginas/2026/20260720-visit-to-algeria.aspx) ne laisse aucun doute sur la portée de ce rapprochement.
 
Pour Rabat, ce n'est pas un détail. Le Maroc et l'Algérie sont engagés dans une compétition régionale portant sur le Sahara occidental, les équilibres du Sahel, les approvisionnements énergétiques et l'influence exercée sur l'Europe méridionale. Le Maroc redoute que l'Espagne, après s'être excessivement rapprochée de ses positions en 2022, cherche désormais à rééquilibrer ses relations en rétablissant son entente avec Alger.
 
Il n'existe encore aucune preuve publique permettant de relier directement le voyage de Sánchez à la réduction des contrôles autour de Ceuta. La coïncidence chronologique ne suffit pas pour prononcer un verdict. Mais l'hypothèse correspond au comportement déjà adopté par le Maroc : ne pas rompre ouvertement avec Madrid, mais lui rappeler que tout rapprochement avec l'Algérie peut avoir un prix immédiat sur le front migratoire.

Qui a pu actionner le mécanisme ?

L'erreur la plus fréquente consisterait à rechercher un seul organisateur. Dans les opérations de ce type, celui qui crée l'occasion, celui qui mobilise les personnes, celui qui ouvre matériellement le passage et celui qui récolte le bénéfice politique peuvent être des acteurs différents.
 
Le premier soupçon porte inévitablement sur l'appareil d'État marocain. Le Palais royal, le ministère de l'Intérieur, les autorités territoriales, la Gendarmerie et les Forces auxiliaires sont les seuls acteurs capables de modifier délibérément la surveillance d'une frontière normalement soumise à des contrôles très rigoureux. Si l'opération avait bénéficié d'une direction politique, son objectif aurait été clair : avertir Madrid après la visite de Sánchez en Algérie, réaffirmer la centralité du Sahara occidental et rappeler à l'Europe que la collaboration marocaine n'est pas gratuite.
 
Cela ne signifie pas que Mohammed VI ou le gouvernement aient nécessairement ordonné l'ouverture de la frontière. La décision pourrait avoir été plus limitée : réduire la surveillance pendant quelques heures, éviter des interventions trop énergiques ou laisser le mouvement produire une pression suffisante avant de rétablir l'ordre. La possibilité de nier toute responsabilité fait partie intégrante de cette stratégie.
 
Une deuxième hypothèse concerne les commandements locaux de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma et de la préfecture de M'diq-Fnideq. Les forces disponibles pourraient avoir été réellement débordées ou déplacées vers les célébrations de la Fête du Trône, alors que le roi se trouvait non loin de la zone. Des problèmes de coordination entre la police, la Gendarmerie et les Forces auxiliaires pourraient également s'être produits. Dans ce scénario, il n'y aurait pas eu de plan central de déstabilisation, mais une défaillance opérationnelle ensuite exploitée par Rabat comme instrument de négociation.
 
Le troisième acteur est constitué par les organisations criminelles qui facilitent l'immigration clandestine. Leur intérêt est essentiellement économique. L'arrêt du Tribunal suprême espagnol a créé un produit à vendre : la promesse qu'atteindre Ceuta à la nage empêcherait le refoulement immédiat. Ces réseaux disposent de contacts, de moyens de transport, d'intermédiaires locaux et de profils sur les réseaux sociaux. Ils peuvent indiquer les horaires, les plages, les conditions météorologiques et les points faibles de la surveillance, en organisant des passages simultanés destinés à saturer la frontière.
 
Il existe un précédent significatif. En septembre 2024, le Maroc avait arrêté 152 personnes accusées d'avoir utilisé les réseaux sociaux pour organiser une tentative collective contre Ceuta. "Reuters" (https://www.reuters.com/world/africa/morocco-arrests-152-people-allegedly-inciting-illegal-migration-ceuta-2024-09-20/) rapportait qu'environ trois mille personnes avaient répondu aux appels, même si l'important dispositif marocain était alors parvenu à empêcher leur passage. La comparaison avec 2026 est instructive : lorsque Rabat veut arrêter un mouvement, il démontre qu'il dispose des moyens nécessaires pour le faire.
 
À côté des trafiquants se trouvent les réseaux spontanés de la jeunesse marocaine. Il n'est pas nécessaire d'imaginer une organisation hiérarchisée. Un premier groupe atteint Ceuta, publie des images, affirme que la voie est ouverte et provoque un phénomène d'imitation. Le chômage des jeunes, la précarité et la défiance envers les institutions fournissent le matériau humain. En 2025, des mouvements anonymes et décentralisés avaient déjà démontré leur capacité à organiser des manifestations dans plusieurs villes grâce aux plateformes numériques. Il n'existe aucune preuve que ces mêmes groupes aient organisé la vague de Ceuta, mais leur capacité de mobilisation est désormais une réalité.
 
Certains milieux opposés à la monarchie pourraient également avoir eu intérêt à provoquer la crise. Le choix de la Fête du Trône aurait alors une forte valeur symbolique : tandis que l'État célébrait le vingt-septième anniversaire de l'accession de Mohammed VI au trône, des milliers de citoyens montraient au monde leur désir de quitter le pays. Certains médias marocains ont effectivement soutenu que les appels avaient pour objectif de nuire à l'image du roi et de représenter le Maroc comme une nation incapable d'offrir un avenir à sa jeunesse. Il s'agit toutefois d'une version provenant de milieux proches de Rabat et non d'une conclusion indépendante.
 
Sur un plan purement théorique, l'Algérie et le Front Polisario auraient eux aussi eu intérêt à provoquer une crise entre l'Espagne et le Maroc, à démontrer que Rabat utilise les migrants comme une arme et à pousser Madrid à reconsidérer son soutien au projet marocain pour le Sahara occidental. Alger possède des capacités informationnelles et pourrait alimenter des campagnes par l'intermédiaire de profils anonymes. Mais l'Algérie ne contrôle ni Fnideq ni les forces marocaines. Pour organiser matériellement l'opération, elle aurait eu besoin d'un réseau local et de complicités internes dont aucune trace n'est apparue. Cette hypothèse reste donc possible sur le papier, mais peu probable dans les faits.
 
D'autres acteurs étrangers peuvent avoir amplifié par la suite les images et les récits les plus polarisants, présentant les événements comme une invasion, l'effondrement définitif de l'espace Schengen ou la preuve de l'impuissance européenne. Amplifier une crise déjà commencée est relativement simple ; l'organiser matériellement à distance est beaucoup plus difficile.
 
L'explication la plus vraisemblable est donc celle d'une convergence : l'arrêt espagnol crée l'occasion ; les trafiquants et les réseaux de jeunes diffusent le message ; des milliers de personnes convergent vers Fnideq ; les forces marocaines réduisent ou perdent temporairement le contrôle ; Rabat laisse la pression produire ses effets avant de refermer la frontière. Il ne s'agit pas nécessairement d'un complot parfaitement organisé, mais d'un dispositif dans lequel plusieurs intérêts finissent par agir dans la même direction.
 

Une pression sans chars

Du point de vue militaire, l'opération appartient à la zone grise située entre la compétition diplomatique ordinaire et l'agression armée. Elle ne cherche pas à conquérir Ceuta, mais à saturer ses capacités. Une petite enclave, séparée du territoire métropolitain espagnol et entourée par le Maroc, peut être soumise à une pression disproportionnée par quelques milliers d'entrées simultanées.
 
La cible n'est pas uniquement la frontière. Elle comprend également le système de commandement, les structures d'accueil, les forces de police, les hôpitaux, le commerce et le sentiment de sécurité de la population. En obligeant Madrid à déployer l'armée, celui qui exerce la pression obtient en outre une image politique très puissante : il démontre qu'un mouvement de civils a suffi à provoquer une réponse militaire et une crise européenne.
 
L'effet le plus important est la division intérieure. Le gouvernement espagnol doit choisir entre le respect des garanties juridiques, la protection des vies humaines et le contrôle effectif de la frontière. L'opposition peut l'accuser de faiblesse ; les mouvements les plus radicaux peuvent parler d'invasion ; les autres pays européens peuvent menacer de rétablir des contrôles aux frontières intérieures.
La migration devient ainsi un multiplicateur des fractures déjà existantes.

Le chantage au cœur de l'interdépendance économique

L'Espagne et le Maroc ne sont pas des adversaires traditionnels. Leurs économies sont profondément imbriquées. Madrid est le principal partenaire commercial de Rabat depuis 2012. Le ministère espagnol du Commerce évalue les échanges bilatéraux à plus de 22,5 milliards d'euros par an, avec plus de 350 entreprises espagnoles durablement implantées dans le Royaume. "Les données officielles" (https://comercio.gob.es/es-es/notasprensa/2025/paginas/cooperacion-espana-marruecos.aspx) montrent à quel point une crise prolongée porterait préjudice aux deux pays.
 
C'est précisément cette interdépendance qui rend la coercition possible. Rabat sait que Madrid ne peut pas se permettre une rupture permanente : elle doit protéger ses investissements, ses liaisons maritimes, ses chaînes de production, la coopération antiterroriste et la préparation de la Coupe du monde de football de 2030. Parallèlement, l'Espagne a besoin du gaz algérien et ne peut remettre au Maroc l'ensemble de l'équilibre du Maghreb.
 
Ceuta devient donc le point de rencontre entre la géopolitique et la géoéconomie. Une frontière apparemment périphérique conditionne les investissements, l'énergie, le commerce et la liberté de circulation européenne. Quelques heures de désordre suffisent pour provoquer la fermeture des activités locales, augmenter les coûts de l'accueil et des retours, pousser d'autres gouvernements à rétablir des contrôles et transformer une crise espagnole en problème continental.

L'Europe prisonnière de son propre système

L'Union européenne a confié une part croissante de sa sécurité migratoire aux pays d'origine et de transit. Elle a financé, fourni des moyens et construit des accords afin que le Maroc, la Turquie, la Tunisie et d'autres États empêchent les migrants d'atteindre les frontières européennes. Mais, ce faisant, elle leur a également remis un levier politique.
 
Celui qui contrôle le passage peut demander de l'argent pour le maintenir fermé et des concessions diplomatiques pour ne pas l'ouvrir. La frontière extérieure européenne est ainsi surveillée par des gouvernements capables de transformer cette surveillance en marchandise politique. Le Maroc n'a pas créé le chômage des jeunes, le désir d'émigrer ou la fragilité juridique espagnole. Mais il peut combiner ces éléments, les laisser agir pendant quelques heures, puis se présenter comme le seul acteur capable de rétablir l'ordre.
 
C'est pourquoi la crise de Ceuta ne peut pas être résolue uniquement par de nouvelles clôtures ou par des financements supplémentaires accordés à Rabat. L'Espagne et l'Europe doivent construire une capacité autonome de surveillance, d'accueil et de réaction, en soustrayant le contrôle des mouvements migratoires à la négociation bilatérale. Dans le cas contraire, chaque divergence sur le Sahara, l'Algérie, l'énergie ou les investissements pourra être accompagnée de la même menace silencieuse : derrière cette frontière se trouvent des milliers de personnes, et quelqu'un décide du moment où elles pourront passer.

A propos de ...

Vers un nouvel ordre numérique ? GAFAM sous pression, souveraineté européenne en question.
Giuseppe Gagliano a fondé en 2011 le réseau international Cestudec (Centre d'études stratégiques Carlo de Cristoforis), basé à Côme (Italie), dans le but d'étudier, dans une perspective réaliste, les dynamiques conflictuelles des relations internationales. Ce réseau met l'accent sur la dimension de l'intelligence et de la géopolitique, en s'inspirant des réflexions de Christian Harbulot, fondateur et directeur de l'École de Guerre Économique (EGE).
Il collabore avec le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) (Lien),https://cf2r.org/le-cf2r/gouvernance-du-cf2r/ et avec l'Université de Calabre dans le cadre du Master en Intelligence, et avec l'Iassp de Milan (Lien).https://www.iassp.org/team_master/giuseppe-gagliano/
La responsabilité de la publication incombe exclusivement aux auteurs individuels.

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