Intelligence des risques

La sûreté n’est pas une assurance, c’est un enjeu stratégique.

Retour sur la rencontre : PROTÉGER POUR DÉCIDER. SÛRETÉ DES ENTREPRISES DU TERRITOIRE : ENJEUX LOCAUX ET INTERNATIONAUX.


Olivier Cardini
Mercredi 6 Mai 2026


Le jeudi 30 avril, une co-organisation de la délégation Militaire du Morbihan, réunissait une soixantaine de chefs d'entreprises et d’élus du Morbihan, pour une table ronde qui portait sur la sûreté, au sein du 3ème RIMA de Vannes. Le consensus était univoque : l'enjeu n'est plus académique. Il est opérationnel.



La sûreté n’est pas une assurance, c’est un enjeu stratégique.
Dirigeants : la vraie question n’est plus si, mais quand .

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De la menace ponctuelle au risque systémique : le nouveau paysage sécuritaire

 Les cyberattaques augmentent. Les fuites de données se multiplient. Les fournisseurs se font usurper. Mais ce qui a changé, ce n'est pas l'existence des risques, c'est leur systématisation : plus d'acteurs, mieux organisés, avec des capacités augmentées, notamment avec l’IA.

Les crises sanitaires, les tensions géopolitiques, la consolidation des réseaux criminels ont rendu l'environnement de menace structurellement plus dense.

Pour une PME, les risques ne relèvent plus de la théorie

Ils se traduisent par des ruptures immédiates dans la continuité de l’activité.

Une cyberattaque peut mettre l’entreprise à l’arrêt du jour au lendemain, tandis qu’une fuite de propriété intellectuelle accélère brutalement son vieillissement technologique et réduit sa capacité à rester compétitive. La compromission d’un collaborateur fragilise la stratégie commerciale en exposant des informations sensibles ou en perturbant des négociations clés.

Enfin, l’absence de renseignement sur son environnement économique prive la PME d’une vision claire des dynamiques à l’œuvre, au moment même où ces signaux deviennent déterminants pour anticiper les menaces et orienter les décisions.

Transformer la sûreté en avantage compétitif

Si tant de dirigeants tardent à agir, c’est parce que la sûreté s’apparente à un coût invisible : elle introduit de la friction dans l’organisation, mobilise du temps de management et n’apparaît nulle part dans le Compte de Résultat. Elle ne produit rien de tangible, elle rassure. Et comme toute assurance, elle ne devient prioritaire qu’au moment où la crise éclate.

Le problème tient aussi à la manière dont on la présente. On parle de mots de passe à changer, de responsables conformité à nommer, comme si la sûreté n’était qu’une suite de contraintes administratives. C’est une erreur de cadrage. La véritable approche consiste à la considérer comme une forme de bon sens systématisé : une hygiène élémentaire, appliquée avec rigueur, qui protège l’entreprise sans l’alourdir.

Cinq questions pour mesurer la vulnérabilité réelle de votre organisation

Quelques questions suffiront à diagnostiquer votre exposition :
  • Qui a accès à quoi dans votre organisation ? Vous le savez précisément ?
  • Vos équipes reconnaissent-elles une tentative de social engineering ?
  • Vos données clients sont-elles vraiment cloisonnées ?
  • Vos trois fournisseurs critiques ont-ils été audités (solvabilité, cybersécurité, dépendances géopolitiques) ?
  • Comprenez-vous vraiment votre environnement concurrentiel ?
Aucune de ces questions ne demande une "usine à gaz". Elles exigent un regard interne et externe. Le facteur humain dépasse l'infrastructure. Un collaborateur averti a plus de pouvoir de prévention qu'un pare-feu. Mais seulement s'il a été préparé et s'il sait que votre culture valorise la vigilance. Cela signifie : implication personnelle du leadership. Si vous déléguez sans vous engager, le signal reste celui-ci : "c'est une contrainte imposée d'en haut." Ça ne prend pas.

Un risque : mal choisir sa menace. Oui, c'est possible. Vous pouvez surpondérer le cyber et ignorer les risques physiques. Ou investir massivement dans le numérique en oubliant le facteur humain et la connaissance de terrain.

Sortir du déni : la sûreté est désormais une responsabilité commune

Les trois experts présents jeudi dernier, William Martin directeur général de Scutum Security First, Christian Cevaer directeur de Cyber Maritime France et la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) ont clairement dit la même chose, chacun à sa façon : la sûreté n'est pas un luxe. Ce n’est pas une question de taille. Il existe des solutions adaptées à chaque contexte. C’est l’affaire de tous.

Les tensions géopolitiques et la montée du risque criminel international entretiennent un terreau toujours plus favorable aux menaces. La sûreté participe de la chaîne de valeur et doit devenir une posture permanente mobilisant chaque collaborateur de l'entreprise. La table ronde de jeudi l'a montré : quand des entreprises se posent enfin la question, elles découvrent qu'elles ne sont pas seules. Qu'il existe de l'aide. Que c'est faisable. Que ce n'est pas pour plus tard.

La complexité des menaces nécessite l'emploi d'outils et de méthodes adaptés pour lesquels chaque entreprise, quelle que soit sa taille, peut aujourd'hui être accompagnée.
 

A propos de ...

Olivier Cardini est consultant en intelligence économique depuis 1996. Installé en Bretagne, il accompagne ses clients de manière personnalisée pour les aider à mieux comprendre et décoder leur environnement, souvent complexe, et à renforcer les coopérations en plaçant l’humain au centre.
Son travail consiste notamment à identifier les risques, en particulier ceux liés au facteur humain et aux pratiques de social engineering. Il aide ensuite les équipes à transformer ces signaux faibles en pistes d’action concrètes.
Il intervient aussi comme formateur auprès d’étudiants, de dirigeants et de leurs équipes. Par ailleurs, il organise ou co-organise régulièrement des événements professionnels, comme des tables rondes et des conférences.


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