Christian Harbulot est né le 19 décembre 1952 à Verdun. Tout un symbole. Plus que beaucoup d’autres régions, la Lorraine a été fortement marquée par les deux conflits mondiaux. La « victoire de Verdun » est vite effacée par le désastre de juin 40 et une armée qui ne se bat pas réellement. La présence des bases américaines et canadiennes apporte une modernité (appareils ménagers, radio et télé US) en décalage avec une ville bourgeoise IIIe République, ce qui n’est pas pour déplaire à la jeunesse locale. Nous sommes dans la « douce France » chantée par Charles Trenet.
Le « boche de l’est »
Mais derrière cette apparente insouciance se cachent des blessures d’orgueil plus profondes qui ne vont pas tarder à se révéler à travers une question douloureuse : Où est la France ?
D’un point de vue personnel, le jeune Christian Harbulot va très vite comprendre ce que le rapport du faible au fort signifie. À Lagny, il est devenu le « boche de l’est » et certains instituteurs communistes ne ménagent pas ce fils de directeur d’agence bancaire (alors que celui-ci est parti du plus bas de l’échelle et est un exemple de l’ascenseur social républicain). À Châlons-sur-Marne, la vie est centrée sur le lycée et oscille entre l’ennui d’une jeunesse qui vit en circuit fermé et les couvre-feux instaurés à cause des batailles qui opposent «bidasses » et « blousons noirs ». Une véritable cocotte-minute qui n’attend plus que mai 68 pour exploser.
Entre-temps, le retrait d’Algérie fait voler en éclat le mythe d’une armée française qui s’était tant bien que mal reconstruite après la Seconde Guerre mondiale. Le jeune homme qui voulait être « officier para » se sent, comme beaucoup d’autres, orphelin d’une patrie. Une situation qui expliquera bientôt son parcours particulier, mais plus globalement la vigueur des mouvements extrémistes. À chacun sa « jeunesse française ». Intéressé depuis toujours par les médias, dévoreur de livres et de revues, mais surtout passionné par les relations internationales, Christian Harbulot choisit la voie royale des sciences politiques.
En année préparatoire à Nancy (où il aura d’ailleurs pour condisciple une certaine Ségolène Royale), sa route croise celle du maoïsme. Isolé, à la recherche d’une famille et de rapports guerriers, le jeune Christian Harbulot entre dans la plus activiste des branches : la gauche prolétarienne. Sans doute y trouve-t-il l’esprit de la résistance qui l’a toujours attiré ainsi qu’une culture populaire qu’il ne retrouve pas chez les trotskistes. De plus, contrairement à la vision internationaliste et élitiste de ces derniers, le maoïsme ne dissocie pas révolution et patrie. Une clé de lecture essentielle pour comprendre le directeur de l’École de Guerre Economique et notamment ses liens avec de nombreux militaires. Une idée que l’on retrouve dans le portrait réalisé en 2003 par Erwan Seznec dans le quotidien économique La Tribune et intitulé : « Christian Harbulot, Patriote en col Mao ».
D’un point de vue personnel, le jeune Christian Harbulot va très vite comprendre ce que le rapport du faible au fort signifie. À Lagny, il est devenu le « boche de l’est » et certains instituteurs communistes ne ménagent pas ce fils de directeur d’agence bancaire (alors que celui-ci est parti du plus bas de l’échelle et est un exemple de l’ascenseur social républicain). À Châlons-sur-Marne, la vie est centrée sur le lycée et oscille entre l’ennui d’une jeunesse qui vit en circuit fermé et les couvre-feux instaurés à cause des batailles qui opposent «bidasses » et « blousons noirs ». Une véritable cocotte-minute qui n’attend plus que mai 68 pour exploser.
Entre-temps, le retrait d’Algérie fait voler en éclat le mythe d’une armée française qui s’était tant bien que mal reconstruite après la Seconde Guerre mondiale. Le jeune homme qui voulait être « officier para » se sent, comme beaucoup d’autres, orphelin d’une patrie. Une situation qui expliquera bientôt son parcours particulier, mais plus globalement la vigueur des mouvements extrémistes. À chacun sa « jeunesse française ». Intéressé depuis toujours par les médias, dévoreur de livres et de revues, mais surtout passionné par les relations internationales, Christian Harbulot choisit la voie royale des sciences politiques.
En année préparatoire à Nancy (où il aura d’ailleurs pour condisciple une certaine Ségolène Royale), sa route croise celle du maoïsme. Isolé, à la recherche d’une famille et de rapports guerriers, le jeune Christian Harbulot entre dans la plus activiste des branches : la gauche prolétarienne. Sans doute y trouve-t-il l’esprit de la résistance qui l’a toujours attiré ainsi qu’une culture populaire qu’il ne retrouve pas chez les trotskistes. De plus, contrairement à la vision internationaliste et élitiste de ces derniers, le maoïsme ne dissocie pas révolution et patrie. Une clé de lecture essentielle pour comprendre le directeur de l’École de Guerre Economique et notamment ses liens avec de nombreux militaires. Une idée que l’on retrouve dans le portrait réalisé en 2003 par Erwan Seznec dans le quotidien économique La Tribune et intitulé : « Christian Harbulot, Patriote en col Mao ».
Nom de code : Crocodile
En 1975, diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris, section politique économique et sociale, notre jeune provincial de bonne famille aurait pu alors fort logiquement suivre les traces de son père et entrer dans la banque. Oui, mais voilà. Le jeune homme est un idéaliste révolté, « un Julien Sorel » qui considère que la société capitaliste de l’époque doit être renversée. Associant l’action à la réflexion, il est repéré par les Renseignements Généraux mais, faute de connaître sa véritable identité, est fiché sous le nom de code «Crocodile » en raison de son caractère imprévisible (le crocodile attaque quand on ne l’attend pas). Amusant lorsque l’on sait que Christian Harbulot est un adepte du Kendo, l’escrime japonaise.
En 1976, il fait une licence d’histoire à l’université Paris-VII. Pendant toute cette période, il a un rôle prépondérant dans les actions clandestines de son groupe politique, la manipulation et la propagande devenant ses spécialités. Ce n’est donc pas un hasard si de longues années après on le retrouve à enseigner aux entreprises françaises l’art du combat dans la société de la connaissance.
Début mars 1977, sa vie bascule. La police retrouve la carte d’étudiant d’un certain Harbulot Christian dans une voiture à proximité du domicile de Jean-Antoine Tramoni à Alfortville. Tramoni, ancien vigile des usines Renault, avait tué le jeune maoïste Pierre Overney lors d’une manifestation trois années auparavant. Mais pour ce crime, il n’avait écopé que d’une courte peine de prison. Une injustice difficilement supportable pour les maoïstes. Le 23 mars 1977, deux motards abattent donc Tramoni devant son domicile. Œil pour œil, dent pour dent ! L’attentat est revendiqué par les Noyaux Armés Pour l’Autonomie Populaire (NAPAP)
Le 26 mars, le portrait de Christian Harbulot est en première page de Nord-Matin comme ennemi public numéro un. Le 27 mars, il fait la « Une » de France-Soir. Une cavale de plusieurs mois s’ensuit, jusqu’à ce que la police appréhende le suspect le 3 décembre 1977 dans un café du troisième arrondissement de Paris. Dans son ouvrage de référence sur « Les maoïstes » (Plon, 1999), Christophe Bourseiller conclut : « L’arrestation de Christian Harbulot marque la quasi-disparition du maoïsme militaire en France… ».
Après 10 mois de détention préventive, il obtient deux non-lieux. L’avocat qui le défend s’appelle Roland Dumas (futur ministre des Affaires étrangères) et le jeune homme reçoit de nombreux soutiens. Pour avoir été un militant actif, Christian Harbulot n’a donc pour autant jamais commis de crime au nom de ses idéaux. Une précision importante qu’oubliera bizarrement il y a quelques années un article du magazine Télérama. Mauvaise mère, la France serait-elle bonne fille ? Un mois après sa sortie de Fleury-Mérogis, Christian Harbulot effectue son service national au 503e Régiment de Chars de Combat de Mourmelon. Une manière de rentrer dans le rang ? Ou plutôt de rejoindre les rangs d’une institution qu’il affectionne et qu’il rejoindra d’ailleurs trente ans plus tard au titre de la réserve.
En 1976, il fait une licence d’histoire à l’université Paris-VII. Pendant toute cette période, il a un rôle prépondérant dans les actions clandestines de son groupe politique, la manipulation et la propagande devenant ses spécialités. Ce n’est donc pas un hasard si de longues années après on le retrouve à enseigner aux entreprises françaises l’art du combat dans la société de la connaissance.
Début mars 1977, sa vie bascule. La police retrouve la carte d’étudiant d’un certain Harbulot Christian dans une voiture à proximité du domicile de Jean-Antoine Tramoni à Alfortville. Tramoni, ancien vigile des usines Renault, avait tué le jeune maoïste Pierre Overney lors d’une manifestation trois années auparavant. Mais pour ce crime, il n’avait écopé que d’une courte peine de prison. Une injustice difficilement supportable pour les maoïstes. Le 23 mars 1977, deux motards abattent donc Tramoni devant son domicile. Œil pour œil, dent pour dent ! L’attentat est revendiqué par les Noyaux Armés Pour l’Autonomie Populaire (NAPAP)
Après 10 mois de détention préventive, il obtient deux non-lieux. L’avocat qui le défend s’appelle Roland Dumas (futur ministre des Affaires étrangères) et le jeune homme reçoit de nombreux soutiens. Pour avoir été un militant actif, Christian Harbulot n’a donc pour autant jamais commis de crime au nom de ses idéaux. Une précision importante qu’oubliera bizarrement il y a quelques années un article du magazine Télérama. Mauvaise mère, la France serait-elle bonne fille ? Un mois après sa sortie de Fleury-Mérogis, Christian Harbulot effectue son service national au 503e Régiment de Chars de Combat de Mourmelon. Une manière de rentrer dans le rang ? Ou plutôt de rejoindre les rangs d’une institution qu’il affectionne et qu’il rejoindra d’ailleurs trente ans plus tard au titre de la réserve.
« Il nous faut des espions ! »
Passionné d’histoire, Christian Harbulot passe en 1980 un DEA d’analyse comparée des systèmes politiques sous la direction de Maurice Duverger. Ses recherches portent sur la comparaison des régimes semi-présidentiels pour ce qui concerne les pouvoirs de défense. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, le jeune Harbulot n’est pas un lecteur chevronné du petit livre rouge, mais plutôt d’ouvrages sur la politique de défense et notamment la doctrine militaire. Côté méthode, ce goût pour l’analyse comparée sera l’une des bases du rapport Martre.
Après ses études, Christian Harbulot dirige le journal « Gueule hebdo » et travaille pour «Antenne» (magazine sur la télévision édité par la Ligue de l’enseignement). En 1982 et jusqu’en 1986, il est professeur à l’école alsacienne (Paris), un établissement expérimental où règne une véritable liberté d’innovation dans une optique humaniste. Et un établissement où il va rencontrer des militaires du renseignement et notamment le Général Alain Gaigneron de Marolles, un ancien renommé du service Action du SDECE (ancêtre de la DGSE), devenu consultant en géostratégie et ami d’un père d’élève, lui-même Contrôleur Général des Armées.
Le monde n’est-il pas un village ? Un respect mutuel s’installe d’emblée et une complicité intellectuelle se développe même entre l’ancien militant de la gauche prolétarienne et celui qui avait reconstruit la culture subversive du service Action – laminé après la guerre d’Algérie et le putsch des généraux – en puisant en partie dans ses observations des modes d’action dans un rapport du faible au fort. Mais, malgré cette complicité culturelle, Christian Harbulot déclinera l’offre du Général de Marolles – avec qui il restera lié – de co-écrire un ouvrage sur la culture subversive, estimant que leurs conceptions étaient trop différentes, voire divergentes. Ne jamais risquer l’imposture et être fidèle à ce qu’on est restera toujours le fil conducteur de la vie de celui qui va bientôt repasser de l’ombre à la lumière. Car parallèlement, le journaliste André Bercoff lui présente Bernard Nadoulek avec qui il va pratiquer le karaté, mais aussi et surtout mener des études et des missions de conseil sur l’analyse comparée des cultures (notamment pour l’entreprise Apple).
Après ses études, Christian Harbulot dirige le journal « Gueule hebdo » et travaille pour «Antenne» (magazine sur la télévision édité par la Ligue de l’enseignement). En 1982 et jusqu’en 1986, il est professeur à l’école alsacienne (Paris), un établissement expérimental où règne une véritable liberté d’innovation dans une optique humaniste. Et un établissement où il va rencontrer des militaires du renseignement et notamment le Général Alain Gaigneron de Marolles, un ancien renommé du service Action du SDECE (ancêtre de la DGSE), devenu consultant en géostratégie et ami d’un père d’élève, lui-même Contrôleur Général des Armées.
Le monde n’est-il pas un village ? Un respect mutuel s’installe d’emblée et une complicité intellectuelle se développe même entre l’ancien militant de la gauche prolétarienne et celui qui avait reconstruit la culture subversive du service Action – laminé après la guerre d’Algérie et le putsch des généraux – en puisant en partie dans ses observations des modes d’action dans un rapport du faible au fort. Mais, malgré cette complicité culturelle, Christian Harbulot déclinera l’offre du Général de Marolles – avec qui il restera lié – de co-écrire un ouvrage sur la culture subversive, estimant que leurs conceptions étaient trop différentes, voire divergentes. Ne jamais risquer l’imposture et être fidèle à ce qu’on est restera toujours le fil conducteur de la vie de celui qui va bientôt repasser de l’ombre à la lumière. Car parallèlement, le journaliste André Bercoff lui présente Bernard Nadoulek avec qui il va pratiquer le karaté, mais aussi et surtout mener des études et des missions de conseil sur l’analyse comparée des cultures (notamment pour l’entreprise Apple).
Toujours poussé par André Bercoff, Christian Harbulot coécrit son premier ouvrage : « Il nous faut des espions » (Robert Laffont, 1988). Avec son coauteur, Laurent Nodinot, il va voir l’amiral Lacoste qui lui conseille de prendre un pseudonyme en raison de son manque de légitimité : ce sera Marc Elhias. Dans ce livre qui traite de la crise du renseignement occidental est pointé du doigt le rôle désormais prédominant de l’économie.
Mais surtout, c’est le premier ouvrage à oser parler ouvertement de « culture du renseignement ».
Au début des années 90, Christian Harbulot va rejoindre l’Aditech, l’ancêtre de l’Adit, pour devenir directeur des relations avec les entreprises. À la même époque, il rencontre Édith Cresson et réalise une étude intitulée « Techniques offensives et guerre économique » (1990) qui sera publiée sous le titre désormais célèbre « La machine de guerre économique » (Economica, 1992). L’ouvrage est préfacé par Jean-Louis Levet. Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rencontres… et celles-ci se succèdent.
Mais surtout, c’est le premier ouvrage à oser parler ouvertement de « culture du renseignement ».
Au début des années 90, Christian Harbulot va rejoindre l’Aditech, l’ancêtre de l’Adit, pour devenir directeur des relations avec les entreprises. À la même époque, il rencontre Édith Cresson et réalise une étude intitulée « Techniques offensives et guerre économique » (1990) qui sera publiée sous le titre désormais célèbre « La machine de guerre économique » (Economica, 1992). L’ouvrage est préfacé par Jean-Louis Levet. Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rencontres… et celles-ci se succèdent.
La belle aventure d’Intelco
Un jour, Philippe Baumard, un jeune universitaire auteur d’un ouvrage fondateur sur la surveillance des environnements concurrentiels lui communique un article paru dans la Revue de Défense Nationale sur la culture du renseignement et qui s’appuyait sur l’ouvrage « Il nous faut des espions ». La force de l’écrit. Christian Harbulot prend alors contact avec son auteur, le général Jean Pichot-Duclos qui, après avoir dirigé l’école interarmées du renseignement et des études linguistiques, vient d’être recruté par le général Mermet (ancien directeur de la DGSE) dans la société Stratco au sein Groupe Défense Conseil International (DCI).
De cette rencontre improbable naît un département d’intelligence économique – Intelco. Leurs parcours trouvent finalement des points de convergence forts et notamment une haute idée de la France et de la noblesse du renseignement. Lecteurs de « La Mètis des Grecs » ou de « L’Art de la Guerre », adeptes du jeu de Go plutôt que des Échecs, hommes de lettres et d’action, ils vont réussir à lancer une véritable dynamique collective.
Pendant cinq ans, la petite équipe d’Intelco, protégée par le groupe DCI (une Société Anonyme sous tutelle des ministères de la Défense et de l’Économie) va ainsi donner ses lettres de noblesse à l’intelligence économique : formations et sensibilisations à travers la France, études innovantes sur l’intelligence économique appliquée aux PME ou aux scientifiques, la guerre de l’information, l’influence linguistique. Intelco mène également des missions de conseil pour des grands groupes comme EDF ou des administrations comme la Direction Générale de l’Alimentation. Omniprésente, l’équipe d’Intelco occupe le terrain médiatique, attirant dans ses locaux la visite de tous ceux qui croient en l’intelligence économique. Et à l’époque, ce n’est pas évident !
Sous la houlette de ses deux responsables, la jeune équipe (Laurent Hassid, Pascal Jacques-Gustave et Nicolas Moinet) défrichent le terrain, initiant et participant ici à une opération pilote au profit de PME, là au lancement de formations (le premier Master en intelligence économique au sein de l’Université de Poitiers grâce à deux universitaires poitevins, Pierre Fayard et Guy Massé ; et un an plus tard la création à Paris de l’École de Guerre Economique). En 1998, devant la nécessité de passer la vitesse supérieure, l’équipe se redéploie. Baroud d’honneur ? Christian Harbulot et Jean Pichot-Duclos publieront l’année suivante « La France doit dire non » (Plon, 1999) qui, sans doute en raison du titre choisi par l’éditeur, mais aussi d’un contexte pas encore mûr, ne connaîtra pas le succès escompté.
De cette rencontre improbable naît un département d’intelligence économique – Intelco. Leurs parcours trouvent finalement des points de convergence forts et notamment une haute idée de la France et de la noblesse du renseignement. Lecteurs de « La Mètis des Grecs » ou de « L’Art de la Guerre », adeptes du jeu de Go plutôt que des Échecs, hommes de lettres et d’action, ils vont réussir à lancer une véritable dynamique collective.
Pendant cinq ans, la petite équipe d’Intelco, protégée par le groupe DCI (une Société Anonyme sous tutelle des ministères de la Défense et de l’Économie) va ainsi donner ses lettres de noblesse à l’intelligence économique : formations et sensibilisations à travers la France, études innovantes sur l’intelligence économique appliquée aux PME ou aux scientifiques, la guerre de l’information, l’influence linguistique. Intelco mène également des missions de conseil pour des grands groupes comme EDF ou des administrations comme la Direction Générale de l’Alimentation. Omniprésente, l’équipe d’Intelco occupe le terrain médiatique, attirant dans ses locaux la visite de tous ceux qui croient en l’intelligence économique. Et à l’époque, ce n’est pas évident !
Sous la houlette de ses deux responsables, la jeune équipe (Laurent Hassid, Pascal Jacques-Gustave et Nicolas Moinet) défrichent le terrain, initiant et participant ici à une opération pilote au profit de PME, là au lancement de formations (le premier Master en intelligence économique au sein de l’Université de Poitiers grâce à deux universitaires poitevins, Pierre Fayard et Guy Massé ; et un an plus tard la création à Paris de l’École de Guerre Economique). En 1998, devant la nécessité de passer la vitesse supérieure, l’équipe se redéploie. Baroud d’honneur ? Christian Harbulot et Jean Pichot-Duclos publieront l’année suivante « La France doit dire non » (Plon, 1999) qui, sans doute en raison du titre choisi par l’éditeur, mais aussi d’un contexte pas encore mûr, ne connaîtra pas le succès escompté.
Conseiller spécial d’Henri Martre
Mais revenons en 1993. Au moment de la naissance d’Intelco, un rapport est en gestation : « Intelligence économique et stratégie des entreprises » dit « Rapport Martre » (du nom du Président du groupe de travail, Henri Martre, ancien PDG de l’Aérospatiale). Un exemple d’intelligence collective. Une année durant, le Commissariat Général du Plan fait en effet travailler ensemble des cadres supérieurs du privé, des hauts-fonctionnaires, des professionnels du renseignement, des universitaires. Christian Harbulot, conseiller spécial du Président Martre joue un rôle central.
Parmi les autres acteurs essentiels, citons notamment Jean-Louis Levet, Philippe Baumard ou Philippe Clerc. Autant de personnages du petit monde de l’intelligence économique. Ce rapport constitua la véritable entrée de l’État dans l’arène. Une entrée en fanfare : l’expression « intelligence économique » (plutôt que « renseignement concurrentiel ») y fut adoptée, avec une définition précise qui prenait soin de marquer la distinction avec l’espionnage. Des professionnels décortiquèrent les pratiques en entreprise et les systèmes nationaux de plusieurs pays amis et néanmoins concurrents. Des recommandations furent faites pour encourager les entreprises, développer la formation… France 3 consacrera même une émission de « La Marche du Siècle » à ce rapport. Une belle opération médiatique comme le futur directeur de l’École de Guerre Economique a toujours su en mener, culture et réseaux maoïstes obligent !
Parmi les autres acteurs essentiels, citons notamment Jean-Louis Levet, Philippe Baumard ou Philippe Clerc. Autant de personnages du petit monde de l’intelligence économique. Ce rapport constitua la véritable entrée de l’État dans l’arène. Une entrée en fanfare : l’expression « intelligence économique » (plutôt que « renseignement concurrentiel ») y fut adoptée, avec une définition précise qui prenait soin de marquer la distinction avec l’espionnage. Des professionnels décortiquèrent les pratiques en entreprise et les systèmes nationaux de plusieurs pays amis et néanmoins concurrents. Des recommandations furent faites pour encourager les entreprises, développer la formation… France 3 consacrera même une émission de « La Marche du Siècle » à ce rapport. Une belle opération médiatique comme le futur directeur de l’École de Guerre Economique a toujours su en mener, culture et réseaux maoïstes obligent !
La Marche du Siècle, FR3 1993 – Christian Harbulot et le général Jean Pichot-Duclos
L’École de guerre Économique
1997 est une année clé pour Christian Harbulot qui crée avec le général Pichot-Duclos l’École de Guerre Économique. Un vieux projet qui se concrétise au sein d’une école de commerce parisienne : l’ESLSCA. Le directeur, Alain Joseph, conseillé par Benoit de Saint Sernin, prend le risque de (dé) marquer son école en affichant une notion polémique et pas toujours bien comprise.
Car selon Christian Harbulot, la notion de guerre économique ne renvoie pas simplement au durcissement de la compétition économique, mais relève plutôt d’une logique de rapports de force et d’intérêts de puissance où l’information joue un rôle central tant pour se renseigner que pour attaquer et influencer (« La guerre cognitive », Lavauzelle, 2002). Il s’agit dès lors de proposer une grille de lecture géoéconomique qui s’appuie sur l’analyse comparée des cultures de la stratégie et l’idée d’intérêt de puissance.
L’idée de guerre économique ne renvoie donc pas à un « War Game » néolibéral où les chômeurs remplaceraient les soldats tués, mais plutôt à une réalité historique selon laquelle l’économie ne peut être comprise indépendamment des rapports de force entre nations (« La main invisible des puissances », Ellipses, 2005). S’intéressant aux logiques d’influence, aux questions de renseignement, de désinformation ou de manipulation de la connaissance, les travaux de l’EGE intriguent, inquiètent ou attirent… de plus en plus de candidats.
Forte de sa notoriété et de son réseau d’anciens, l’EGE forme de véritables bataillons.. Dès lors, cette école qui pouvait apparaître au départ comme une provocation est désormais entrée aujourd’hui dans le paysage. N’est-elle pas en tête du classement des meilleurs masters SMBG Eduniversal ? En 2005, Christian Harbulot remporte même le trophée du meilleur directeur de 3e cycle. Une réussite individuelle et collective due à la qualité du corps enseignant de l’EGE ainsi qu’au dynamisme de la petite équipe qui entoure le directeur. Auteur ou coauteur de nombreux ouvrages, études et articles dans des revues professionnelles ou académiques (liste détaillée en annexe de cet ouvrage),
Christian Harbulot va être conférencier dans des organismes aussi renommés et prestigieux que l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale, le Collège Interarmées de Défense et de grandes écoles comme l’ESSEC ou l’École des Mines de Paris. Enfin reconnu au plus haut niveau de l’État, il a été membre du groupe de travail sur le référentiel de l’intelligence économique réuni par Alain Juillet en 2004 au sein du Secrétariat Général de la Défense Nationale puis d’un autre, plus discret, sur la manipulation de l’information. Juste la rue à traverser puisque l’EGE se situe entre l’École Militaire et l’Hôtel des Invalides, tout un symbole. Connu et reconnu au plus haut niveau, le député Bernard Carayon, auteur de rapports parlementaires importants sur l’intelligence économique et la nécessité pour la France de lutter à armes égales dans la guerre économique, va logiquement s’appuyer sur l’EGE et son directeur pour promouvoir ses travaux et l’idée de patriotisme économique.
Car selon Christian Harbulot, la notion de guerre économique ne renvoie pas simplement au durcissement de la compétition économique, mais relève plutôt d’une logique de rapports de force et d’intérêts de puissance où l’information joue un rôle central tant pour se renseigner que pour attaquer et influencer (« La guerre cognitive », Lavauzelle, 2002). Il s’agit dès lors de proposer une grille de lecture géoéconomique qui s’appuie sur l’analyse comparée des cultures de la stratégie et l’idée d’intérêt de puissance.
L’idée de guerre économique ne renvoie donc pas à un « War Game » néolibéral où les chômeurs remplaceraient les soldats tués, mais plutôt à une réalité historique selon laquelle l’économie ne peut être comprise indépendamment des rapports de force entre nations (« La main invisible des puissances », Ellipses, 2005). S’intéressant aux logiques d’influence, aux questions de renseignement, de désinformation ou de manipulation de la connaissance, les travaux de l’EGE intriguent, inquiètent ou attirent… de plus en plus de candidats.
Forte de sa notoriété et de son réseau d’anciens, l’EGE forme de véritables bataillons.. Dès lors, cette école qui pouvait apparaître au départ comme une provocation est désormais entrée aujourd’hui dans le paysage. N’est-elle pas en tête du classement des meilleurs masters SMBG Eduniversal ? En 2005, Christian Harbulot remporte même le trophée du meilleur directeur de 3e cycle. Une réussite individuelle et collective due à la qualité du corps enseignant de l’EGE ainsi qu’au dynamisme de la petite équipe qui entoure le directeur. Auteur ou coauteur de nombreux ouvrages, études et articles dans des revues professionnelles ou académiques (liste détaillée en annexe de cet ouvrage),
Christian Harbulot va être conférencier dans des organismes aussi renommés et prestigieux que l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale, le Collège Interarmées de Défense et de grandes écoles comme l’ESSEC ou l’École des Mines de Paris. Enfin reconnu au plus haut niveau de l’État, il a été membre du groupe de travail sur le référentiel de l’intelligence économique réuni par Alain Juillet en 2004 au sein du Secrétariat Général de la Défense Nationale puis d’un autre, plus discret, sur la manipulation de l’information. Juste la rue à traverser puisque l’EGE se situe entre l’École Militaire et l’Hôtel des Invalides, tout un symbole. Connu et reconnu au plus haut niveau, le député Bernard Carayon, auteur de rapports parlementaires importants sur l’intelligence économique et la nécessité pour la France de lutter à armes égales dans la guerre économique, va logiquement s’appuyer sur l’EGE et son directeur pour promouvoir ses travaux et l’idée de patriotisme économique.
Lieutenant-colonel dans la réserve opérationnelle
En mars 2008 paraissent au Journal Officiel de la République Française quelques lignes qui montrent bien le chemin parcouru : « Par arrêté du ministre de la Défense en date du 12 mars 2008, M. Harbulot (Christian, Philippe) est nommé au grade de lieutenant-colonel de réserve, en qualité de spécialiste, afin d’occuper un emploi de chef de cours en intelligence économique au profit de l’état-major de l’armée de terre. »
Et les fonctions vont s’enchaîner : membre du conseil scientifique du Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégique (Le CSFRS, situé à l’École Militaire et présidé par l’influent Alain Bauer), vice-président de l’Institut International d’Intelligence Economique et Stratégique (qui a organisé en 2016 les premières assises africaines de l’IE à Casablanca) et porte-parole depuis 2015 de l’Initiative pour la Défense de l’Économie Européenne (IDEE).
Un positionnement original qui s’explique par une expertise unique sur la guerre de l’information et une dynamique de production de connaissance collective dans un monde académique trop souvent marqué par l’individualisme. Résultat : une pensée qui n’a pas peur de son ombre et propose dès lors des réflexions qui sortent des sentiers battus ainsi qu’en témoignent les titres de ses publications : Sabordage, comment la France détruit sa puissance (François Bourin, 2014) ou Fabricants d’intox, la guerre mondialisée des propagandes (Lemieux éditeur, 2016).
Et les fonctions vont s’enchaîner : membre du conseil scientifique du Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégique (Le CSFRS, situé à l’École Militaire et présidé par l’influent Alain Bauer), vice-président de l’Institut International d’Intelligence Economique et Stratégique (qui a organisé en 2016 les premières assises africaines de l’IE à Casablanca) et porte-parole depuis 2015 de l’Initiative pour la Défense de l’Économie Européenne (IDEE).
Un positionnement original qui s’explique par une expertise unique sur la guerre de l’information et une dynamique de production de connaissance collective dans un monde académique trop souvent marqué par l’individualisme. Résultat : une pensée qui n’a pas peur de son ombre et propose dès lors des réflexions qui sortent des sentiers battus ainsi qu’en témoignent les titres de ses publications : Sabordage, comment la France détruit sa puissance (François Bourin, 2014) ou Fabricants d’intox, la guerre mondialisée des propagandes (Lemieux éditeur, 2016).
On retrouve chez Christian Harbulot cette idée que la différence se fera par la culture écrite. Et si dans ce domaine il y a bien une œuvre dont il est particulièrement fier, c’est celle collective et personnelle du Manuel de l’IE paru aux Presses Universitaires de France : collective, car fort d’une trentaine de contributeurs, personnelle, car ce manuel n’aurait pu voir le jour sans le travail de sa femme Cécile, qui avait exercé le métier d’éditrice scientifique pendant plus de dix ans. Résultat : la première édition (2012) est un succès et une deuxième édition est rapidement diffusée (2015). Désormais, Christian Harbulot n’a plus besoin de démontrer que la guerre économique existe, mais de répondre à la question que lui posent les nombreux décideurs qu’il rencontre : comment y faire face intelligemment ?
Très sollicité donc, notre homme est néanmoins soucieux de ne pas s’éloigner du terrain. Il suit donc de très près les nombreux travaux de l’EGE et est directeur associé du cabinet de conseil Spin Partners qu’il a créé en 2000 avec des anciens de l’EGE. Mais la véritable force de Christian Harbulot est dans sa capacité à attirer les jeunes talents et à les aider à faire leurs premières armes. En cela, il est proche des Maîtres d’arts martiaux qui permettent à leurs élèves de trouver leur voie. Aux antipodes de ces gourous qui clonent leur pensée pour mieux se rassurer, Christian Harbulot aime la confrontation des idées. Dans la société du spectacle, cette attitude ne peut évidemment pas lui faire que des amis ! Mais la liberté est à ce prix.
Très sollicité donc, notre homme est néanmoins soucieux de ne pas s’éloigner du terrain. Il suit donc de très près les nombreux travaux de l’EGE et est directeur associé du cabinet de conseil Spin Partners qu’il a créé en 2000 avec des anciens de l’EGE. Mais la véritable force de Christian Harbulot est dans sa capacité à attirer les jeunes talents et à les aider à faire leurs premières armes. En cela, il est proche des Maîtres d’arts martiaux qui permettent à leurs élèves de trouver leur voie. Aux antipodes de ces gourous qui clonent leur pensée pour mieux se rassurer, Christian Harbulot aime la confrontation des idées. Dans la société du spectacle, cette attitude ne peut évidemment pas lui faire que des amis ! Mais la liberté est à ce prix.
L’École de Pensée sur la Guerre Économique
En 2018, Christian Harbulot fonde l’École de pensée sur la guerre économique (EPGE), aux côtés d'Ali Laïdi, d’Olivier de Maison Rouge, d’Éric Delbecque et de Nicolas Moinet. L'ambition de ce collectif est d' « échapper au formatage conventionnel des esprits » qui étouffe la réflexion économique en France. Il s'agit de sortir l'économie de la simple théorie pour la replacer dans sa véritable dimension : l'économie n'est qu'une facette des rapports de force entre puissances. L’école se veut ainsi un lieu d'observation du réel pour proposer des solutions concrètes et repenser notre interdépendance stratégique.
L'EPGE va rapidement se distinguer par la production et l'analyse d'études de cas concrets (comme la manœuvre du fonds Muddy Waters ou le procès américain de Jean Boustani). Christian Harbulot souligne, en effet, que la publication d’études de cas sur la guerre de l’information et le contenu est une pratique rare, mais essentielle, qui fait cruellement défaut au monde académique.
L'EPGE va rapidement se distinguer par la production et l'analyse d'études de cas concrets (comme la manœuvre du fonds Muddy Waters ou le procès américain de Jean Boustani). Christian Harbulot souligne, en effet, que la publication d’études de cas sur la guerre de l’information et le contenu est une pratique rare, mais essentielle, qui fait cruellement défaut au monde académique.
Le CR 451
Vingt-cinq ans après avoir créé l’École de Guerre Économique, Christian Harbulot estime qu’il est temps de changer de braquet et crée en 2022 le CR 451 dont il prend naturellement la direction. Ce centre de recherche appliquée est une petite structure très agile, ni tout à fait laboratoire au sens académique, ni tout à fait Think Tank. Le chiffre 451 est un clin d'œil direct au roman dystopique Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. Lors d'une interview remarquée sur la chaîne Thinkerview en mai 2020, Christian Harbulot explique que si l'on ne brûle plus aujourd'hui les livres, le résultat est le même puisqu'on les ignore.
Face à cela, il prône un réarmement cognitif : « Réapprendre à lire, c’est par le combat. Celui qui se bat doit comprendre que lire va lui être utile ». Et ce centre de recherche va être le cerveau de ce réarmement cognitif. Parmi ses nombreuses activités, citons notamment des séminaires fermés sur la guerre de l’information où se retrouvent des experts triés sur le volet. Plus classique, le centre de recherche, sous la houlette d’Arnaud de Morgny, son directeur adjoint, produit des recherches appliquées, des articles et des ouvrages collectifs sur le triptyque guerre économique - guerre de l’information - guerre cognitive. L’objectif du CR 451 va être d’adapter en permanence notre compréhension du monde et, pour ce faire, de bâtir les cadres intellectuels adéquats (www.cr451.fr).
Deux ouvrages majeurs vont être produits par le centre et son réseau d’experts : Guerre économique : Qui est l’ennemi ? et Guerre économique : Comment gagner ? (Nouveau Monde Éditions, 2022 et 2023). Dans la foulée, Christian Harbulot écrit un ouvrage majeur, La guerre économique au XXIe siècle (Éditions Valeurs Ajoutées, 2024) et prépare la quatrième édition du Manuel de l’intelligence économique qui sort aux Presses Universitaires de France à la rentrée 2026.
Face à cela, il prône un réarmement cognitif : « Réapprendre à lire, c’est par le combat. Celui qui se bat doit comprendre que lire va lui être utile ». Et ce centre de recherche va être le cerveau de ce réarmement cognitif. Parmi ses nombreuses activités, citons notamment des séminaires fermés sur la guerre de l’information où se retrouvent des experts triés sur le volet. Plus classique, le centre de recherche, sous la houlette d’Arnaud de Morgny, son directeur adjoint, produit des recherches appliquées, des articles et des ouvrages collectifs sur le triptyque guerre économique - guerre de l’information - guerre cognitive. L’objectif du CR 451 va être d’adapter en permanence notre compréhension du monde et, pour ce faire, de bâtir les cadres intellectuels adéquats (www.cr451.fr).
Deux ouvrages majeurs vont être produits par le centre et son réseau d’experts : Guerre économique : Qui est l’ennemi ? et Guerre économique : Comment gagner ? (Nouveau Monde Éditions, 2022 et 2023). Dans la foulée, Christian Harbulot écrit un ouvrage majeur, La guerre économique au XXIe siècle (Éditions Valeurs Ajoutées, 2024) et prépare la quatrième édition du Manuel de l’intelligence économique qui sort aux Presses Universitaires de France à la rentrée 2026.
Peu à peu, la guerre de l’information devient centrale et le CR 451 va capitaliser des décennies de pratique et d’analyse, ce qu’on appelle, dans le monde universitaire, de la recherche-action. Une longue série de podcast en est l’illustration : 50 ans de guerre de l’information. Puis un webinaire sur les 10 principes fondamentaux de la guerre de l’information réunit en mai et juin 2026 l’équipe du CR 451 (Christian Harbulot, Arnaud de Morgny, Nicolas Moinet, François Soulard, Aurélie Poquet, Éric Alexandre). Très complet, cette leçon offre une vision théorique et pratique qui dépasse la seule désinformation et la vision très partielle du sujet généralement diffusée dans les médias. Une première mondiale qui est aussi l’occasion d’associer en conclusion le Général Jean-Claude Gallet, nouveau directeur de l’EGE.
La fusion des contraires
Le passage de relais à la tête de l'École de Guerre Économique (EGE) pour la rentrée 2026 marque une étape décisive dans l'institutionnalisation de la pensée de Christian Harbulot. Le Général Jean-Claude Gallet reprend la direction de l'école, tandis que Christian Harbulot conserve la direction du CR 451. Loin d'être une rupture, cette succession se veut une démarche de cohérence et de continuité pour affronter un monde où la France subit des attaques économiques et informationnelles tangibles. Dans une longue vidéo très instructive, le Général Gallet perçoit cette reprise comme un « redoutable honneur », celui de garantir la pérennité de l'œuvre d'un pionnier qui a su identifier les faiblesses du pays et développer des méthodes d'analyse transgressives.
Pour Christian Harbulot, cette alliance est considérée comme un « aboutissement » et un « rebond plus que salvateur », garantissant que l'aventure humaine et intellectuelle de l'EGE ne s'arrêtera pas brutalement. Ensemble, ils portent une ambition commune : consolider la puissance économique de la France pour préserver son modèle social et ses emplois, tout en développant une véritable « résistance informationnelle » au sein de la population. Le Général Gallet résume cette ambition par trois verbes d'action hérités de la gouvernance de Christian Harbulot : savoir, pouvoir et vouloir.
Pour Christian Harbulot, cette alliance est considérée comme un « aboutissement » et un « rebond plus que salvateur », garantissant que l'aventure humaine et intellectuelle de l'EGE ne s'arrêtera pas brutalement. Ensemble, ils portent une ambition commune : consolider la puissance économique de la France pour préserver son modèle social et ses emplois, tout en développant une véritable « résistance informationnelle » au sein de la population. Le Général Gallet résume cette ambition par trois verbes d'action hérités de la gouvernance de Christian Harbulot : savoir, pouvoir et vouloir.
Le combat continue…
Mais surtout, cette fusion des contraires marque l'alliance de la subversion et de l'institution. Ce qui frappe dans le binôme qui prend désormais les rênes de la galaxie EGE, c'est la convergence spectaculaire de deux parcours en apparence diamétralement opposés. D'un côté, Christian Harbulot, forgé dans la matrice subversive et clandestine de l'extrême gauche maoïste post-1968, ayant théorisé le rapport du faible au fort par l'action militante. De l'autre, le Général Gallet, pur produit de l'institution militaire, formé à Saint-Cyr, ancien cadre de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris et des services de renseignement, voué au service de l'État.
Pourtant, cette rencontre relève d'une dynamique quasi fusionnelle. Cette fusion des contraires s'articule autour d'un socle éthique commun : le dépassement de soi pour l'intérêt collectif. Le militaire institutionnel trouve dans la pensée de l'ancien subversif les clés de compréhension des stratégies indirectes et de la culture de combat indispensables pour survivre à la guerre économique. Inversement, l'ancien militant trouve dans l'officier un prolongement institutionnel et une lucidité partagée face aux ingérences étrangères. Leur alliance prouve que face à la sidération des élites, la réponse ne réside plus dans l'application dogmatique des règlements, mais dans la capacité à penser l'impensable, à faire un pas de côté et à oser une prise de risque réfléchie. C'est de l'union de ces deux mondes — la transgression créative et la rigueur de l'appareil d'État — que devrait naître le nouveau logiciel de défense de la puissance française. Enfin, espérons-le !
Pourtant, cette rencontre relève d'une dynamique quasi fusionnelle. Cette fusion des contraires s'articule autour d'un socle éthique commun : le dépassement de soi pour l'intérêt collectif. Le militaire institutionnel trouve dans la pensée de l'ancien subversif les clés de compréhension des stratégies indirectes et de la culture de combat indispensables pour survivre à la guerre économique. Inversement, l'ancien militant trouve dans l'officier un prolongement institutionnel et une lucidité partagée face aux ingérences étrangères. Leur alliance prouve que face à la sidération des élites, la réponse ne réside plus dans l'application dogmatique des règlements, mais dans la capacité à penser l'impensable, à faire un pas de côté et à oser une prise de risque réfléchie. C'est de l'union de ces deux mondes — la transgression créative et la rigueur de l'appareil d'État — que devrait naître le nouveau logiciel de défense de la puissance française. Enfin, espérons-le !
A propos de l'auteur
Professeur des universités en Sciences de l’Information et de la Communication à l’IAE de Poitiers, Nicolas Moinet dirige le parcours formation à distance du Master 2 Intelligence économique. Praticien-chercheur en intelligence économique depuis 1993, il a un Doctorat sur les dispositifs intelligents et les stratégies d’innovation. Chercheur au CEREGE et chercheur associé au CR 451, il est l’auteur d’une centaine d’articles et d’une vingtaine d’ouvrages sur l’intelligence économique, le renseignement, la sécurité économique et l’influence.
Il intervient régulièrement auprès d’institutions et d’entreprises. Il a été auditeur de l’Institut National des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice (INHESJ devenu IHEMI) et de l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale. Il est l'un des fondateurs de l’École de Pensée sur la Guerre Économique.
Pour aller plus loin !
Pour aller plus loin :
Choix difficile, nous avons demandé à Nicolas Moinet de sélectionner dix ouvrages de Christian Harbulot à lire en priorité :
Manuel d’intelligence économique, PUF, 4ème édition, septembre 2026.
La guerre économique au XXIè siècle, Paris, Valeurs Ajoutées éditions, 2024.
Guerre économique : comment gagner ? ouvrage collectif co-dirigé avec Arnaud de Morgny et Nicolas Moinet Paris, éditions du Nouveau Monde, 2023.
L’art de la guerre économique, Paris, Valeurs Ajoutées éditions, 2018.
Les fabricants d’intox, la guerre mondialisée des propagandes, Lemieux éditeur, mars 2016.
Sabordage, comment la France détruit sa puissance, édition François Bourin, 2014.
La guerre économique, avec Éric Delbecque Que sais-je, PUF, 2010.
La main invisible des puissances, Ellipses, 2007.
La machine de guerre économique, Economica, octobre 1992.
Il nous faut des espions, le renseignement occidental en crise, sous le pseudonyme de Marc Elhias, avec Laurent Nodinot, Robert Laffont, 1988.
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