Mission confiée par le Premier ministre aux députés Christophe Plassard Charles Rodwell Jean-Louis Thiériot Version provisoire - Juillet 2026
Le paradoxe français est saisissant
Avec 852 projets recensés en 2025, la France reste la première destination européenne des investissements internationaux. Un succès diplomatique et économique qui culmine avec les 93 milliards d’euros annoncés lors de Choose France 2026. Pourtant, derrière cette façade brillante, les vulnérabilités se multiplient.
La polémique autour de la cession de LMB Aerospace l’a rappelé : même une golden share ne suffit pas toujours à empêcher la captation de technologies sensibles. L’État finance, accompagne, protège… puis voit parfois l’innovation filer ailleurs. Ce risque de « pompe à finances publiques » illustre la nécessité d’une stratégie d’influence technologique capable de transformer l’ouverture économique en levier de puissance.
La rupture américaine de juin 2026 sur les modèles d’IA d’Anthropic a ajouté une couche de complexité. En interdisant l’exportation de Fable 5 et du très exclusif Mythos 5, Washington a démontré que la souveraineté ne dépend plus seulement des infrastructures physiques, mais du contrôle du code. Une puissance étrangère peut désormais désactiver une brique immatérielle essentielle.
La France découvre que ses certitudes industrielles doivent être réécrites à l’aune de cette nouvelle réalité.
« Si c'était à refaire, il n'investirait pas en France » — Le patron de Pfizer, cité par Laurent Saint-Martin (via Le Figaro). Cette alerte rappelle le risque de "sur-régulation". Une sécurité économique illisible ou imprévisible dans des secteurs vitaux comme la santé détruirait l'attractivité. L'objectif est un cadre prévisible qui dissuade l'hostilité sans effrayer le capital créateur.
La polémique autour de la cession de LMB Aerospace l’a rappelé : même une golden share ne suffit pas toujours à empêcher la captation de technologies sensibles. L’État finance, accompagne, protège… puis voit parfois l’innovation filer ailleurs. Ce risque de « pompe à finances publiques » illustre la nécessité d’une stratégie d’influence technologique capable de transformer l’ouverture économique en levier de puissance.
La rupture américaine de juin 2026 sur les modèles d’IA d’Anthropic a ajouté une couche de complexité. En interdisant l’exportation de Fable 5 et du très exclusif Mythos 5, Washington a démontré que la souveraineté ne dépend plus seulement des infrastructures physiques, mais du contrôle du code. Une puissance étrangère peut désormais désactiver une brique immatérielle essentielle.
La France découvre que ses certitudes industrielles doivent être réécrites à l’aune de cette nouvelle réalité.
« Si c'était à refaire, il n'investirait pas en France » — Le patron de Pfizer, cité par Laurent Saint-Martin (via Le Figaro). Cette alerte rappelle le risque de "sur-régulation". Une sécurité économique illisible ou imprévisible dans des secteurs vitaux comme la santé détruirait l'attractivité. L'objectif est un cadre prévisible qui dissuade l'hostilité sans effrayer le capital créateur.
La souveraineté à l’épreuve des paradoxes
Trois paradoxes structurent la fragilité française.
Le premier est celui d’une attractivité résiliente : une économie ouverte n’est pas une faiblesse, mais un atout stratégique, à condition de maîtriser les flux.
Le second est celui du « 1 % stratégique » : une poignée d’entreprises, souvent à capitaux étrangers, concentre 30 % des exportations et 20 % de la R&D. La souveraineté ne se joue donc pas dans la surveillance généralisée, mais dans une micro‑chirurgie ciblée sur ces nœuds de puissance.
Le troisième est celui de l’immatériel : la bataille se déplace vers les talents, les brevets, les droits de propriété intellectuelle. La France doit s’inspirer du Bayh‑Dole Act pour garantir que les innovations financées par fonds publics restent sous influence nationale, même en cas de mutation capitalistique.
Ces paradoxes ne sont pas des faiblesses : ce sont des signaux. Ils montrent que la sécurité économique n’est pas un frein, mais un instrument de régulation agile, capable de protéger sans étouffer. Une stratégie d’anticipation géoéconomique devient indispensable pour éviter que l’ouverture ne se transforme en vulnérabilité.
Le premier est celui d’une attractivité résiliente : une économie ouverte n’est pas une faiblesse, mais un atout stratégique, à condition de maîtriser les flux.
Le second est celui du « 1 % stratégique » : une poignée d’entreprises, souvent à capitaux étrangers, concentre 30 % des exportations et 20 % de la R&D. La souveraineté ne se joue donc pas dans la surveillance généralisée, mais dans une micro‑chirurgie ciblée sur ces nœuds de puissance.
Le troisième est celui de l’immatériel : la bataille se déplace vers les talents, les brevets, les droits de propriété intellectuelle. La France doit s’inspirer du Bayh‑Dole Act pour garantir que les innovations financées par fonds publics restent sous influence nationale, même en cas de mutation capitalistique.
Ces paradoxes ne sont pas des faiblesses : ce sont des signaux. Ils montrent que la sécurité économique n’est pas un frein, mais un instrument de régulation agile, capable de protéger sans étouffer. Une stratégie d’anticipation géoéconomique devient indispensable pour éviter que l’ouverture ne se transforme en vulnérabilité.
Vers une doctrine française de puissance maîtrisée
Les scénarios d’évolution proposés par les députés Christophe Plassard, Charles Rodwell et Jean-Louis Thiériot dessinent une « troisième voie » entre libéralisme naïf et protectionnisme stérile. Un État‑actionnaire plus offensif, des fonds de pension souverains, un réarmement territorial et juridique : autant de pistes pour bâtir un système immunitaire économique capable de résister aux chocs du siècle.
L’enjeu n’est plus seulement de contrôler les investissements étrangers, mais de structurer une chaîne complète de protection, de la R&D aux talents, des laboratoires aux PME critiques.
Dans un monde où « le droit recule et la force avance », selon Jean‑Pierre Raffarin, la France doit muscler son arsenal, clarifier ses règles et assumer une influence normative proactive. La sécurité économique n’est plus une modalité administrative : c’est une stratégie de puissance.
L’enjeu n’est plus seulement de contrôler les investissements étrangers, mais de structurer une chaîne complète de protection, de la R&D aux talents, des laboratoires aux PME critiques.
Dans un monde où « le droit recule et la force avance », selon Jean‑Pierre Raffarin, la France doit muscler son arsenal, clarifier ses règles et assumer une influence normative proactive. La sécurité économique n’est plus une modalité administrative : c’est une stratégie de puissance.
La France cherche sa “troisième voie” : une doctrine de sécurité économique enfin lisible
Cette lecture géoéconomique s’accompagne d’un constat politique : la France doit clarifier sa doctrine.
Les scénarios proposés — État‑actionnaire renforcé, fonds de pension souverains, maillage territorial de sécurité — dessinent une « troisième voie » entre libéralisme naïf et fermeture stérile. L’objectif n’est pas de dresser des barrières, mais de rendre lisible un cadre qui protège sans décourager. Car l’avertissement du patron de Pfizer, cité dans le rapport, résonne comme un signal : une sécurité économique illisible peut devenir un repoussoir pour l’innovation.
La France doit donc assumer une stratégie d’intelligence économique nationale, capable de conjuguer attractivité et protection, ouverture et vigilance. Le rapport recommande une Communication en Conseil des ministres avant la fin de l’année 2026 pour formaliser cette doctrine.
Les scénarios proposés — État‑actionnaire renforcé, fonds de pension souverains, maillage territorial de sécurité — dessinent une « troisième voie » entre libéralisme naïf et fermeture stérile. L’objectif n’est pas de dresser des barrières, mais de rendre lisible un cadre qui protège sans décourager. Car l’avertissement du patron de Pfizer, cité dans le rapport, résonne comme un signal : une sécurité économique illisible peut devenir un repoussoir pour l’innovation.
La France doit donc assumer une stratégie d’intelligence économique nationale, capable de conjuguer attractivité et protection, ouverture et vigilance. Le rapport recommande une Communication en Conseil des ministres avant la fin de l’année 2026 pour formaliser cette doctrine.
Sources
- Rapport La sécurité économique de la France Analyse comparative internationale et voies de renforcement
– Sécurisation de l’économie française et défense de l’industrie de souveraineté
Signalé par
- Pascal Dupeyrat - Relians
- Philippe Hugo - TV5
- Medef - "Renforcer la sécurité économique : le château fort français ?"
- France24
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