Le Cahier des Tendances

Tendances I.A. Septembre 2026. Du cerveau au Web : les nouveaux territoires de l’IA


Jacqueline Sala
Mercredi 7 Octobre 2026


Après la fascination pour les modèles génératifs, leurs performances spectaculaires et la course à la puissance de calcul, une autre phase commence, probablement plus profonde. L’IA s’installe désormais au cœur des mécanismes qui organisent notre accès au monde numérique : chercher une information, choisir un produit, découvrir une marque, produire un contenu, interpréter un signal et, demain peut-être, détecter une intention avant même qu’elle soit formulée.



Tendances I.A. Septembre 2026.  Du cerveau au Web : les nouveaux territoires de l’IA
Recherche et Sélection réalisées par Catherine Cervoni, Septembre 2026

Les tendances observées en septembre 2026 révèlent surtout une série d'ambivalences.

Le première concerne la publicité. Après deux décennies passées à accumuler des données pour reconstruire toujours plus précisément le profil du consommateur, le modèle conversationnel esquisse une logique presque inverse : comprendre moins l’individu dans la durée que son intention dans l’instant. La conversation devient le contexte.

L’utilité, apportée au bon moment, pourrait alors prendre le pas sur la captation systématique de l’attention.  Dans le même temps, la recherche se fragmente. Le moteur classique n’est plus nécessairement la porte d’entrée naturelle vers l’information ou l’achat. Selon les données réunies dans le document, 56 % des recherches de produits commencent désormais sur Amazon, tandis que les requêtes intégrant une image via l’AI Mode auraient progressé de 40 % en un mois. 

Le geste lui-même change : on ne se contente plus d’écrire ce que l’on cherche, on montre, on dialogue, on demande à une machine d’interpréter.  Pour les marques, ce déplacement pourrait provoquer un retour inattendu aux fondamentaux. Lorsque des systèmes d’IA deviennent les intermédiaires entre une question et une recommandation, accumuler les mots-clés ne suffit plus. Il faut devenir identifiable, crédible, cohérent, suffisamment légitime pour être cité ou recommandé. Une technologie toujours plus sophistiquée pourrait ainsi remettre au premier plan des notions presque anciennes : réputation, autorité, clarté du positionnement et qualité réelle de l’information. 

Mais une autre mutation se dessine, beaucoup plus sensible. L’acquisition évoquée de technologies capables de capter sans contact certains signaux issus de l’activité physiologique ouvre l’hypothèse d’interfaces homme-machine progressivement moins visibles. Si la recherche devient conversationnelle, visuelle puis potentiellement enrichie de nouveaux signaux corporels, la frontière entre intention exprimée et intention détectée devient un sujet stratégique autant qu’éthique.  Reste enfin une question plus intime : que devient notre capacité à penser lorsque la machine sait rédiger, synthétiser, comparer et recommander à notre place ?

Notre recherche souligne qu’une part importante des contenus récents du Web est déjà au moins partiellement générée par intelligence artificielle. L’enjeu n’est donc plus seulement de savoir ce que l’IA peut produire. Il consiste à déterminer ce que nous voulons continuer à savoir faire nous-mêmes.  C’est peut-être là que se situe la véritable tendance de fond.

À mesure que l’intelligence artificielle gagne en puissance, la valeur pourrait se déplacer vers ce qu’elle ne garantit pas : le doute, le discernement, la capacité à vérifier une source, à contredire une réponse plausible, à sortir du cadre proposé. Autrement dit, plus l’intelligence devient assistée, plus l’autonomie intellectuelle pourrait devenir un avantage distinctif.

Les chatbots agissent comme des parasites sur notre cerveau – GNT

Une récente étude scientifique alerte sur l'impact des modèles de langage sur notre cerveau. Ces outils agissent comme une infection cognitive qui nous pousse à déléguer notre réflexion. Résultat : une perte d'autonomie intellectuelle rapide et une baisse inquiétante de nos compétences analytiques. Leur succès foudroyant repose sur une mécanique insidieuse de déchargement cognitif. Nous laissons l'interface formuler nos pensées. Les étudiants l'adoptent frénétiquement pour esquiver l'effort analytique. Cette contagion sociale s'accélère par simple mimétisme. Le danger immédiat reste l'effondrement de notre acuité mentale face aux problèmes complexes.

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Capter les champs magnétiques du cerveau : voici le nouveau pari d’Apple – 01 Net

Apple a ajouté une ligne à sa liste de courses : une start-up capable de capter les signaux magnétiques de votre cerveau sans toucher la peau.
Fondée en 2018 par Nishita Deka et Dominic Labanowski, deux anciens étudiants de Berkeley, Sonera est sortie de l’ombre en 2023 avec 11 millions de dollars en poche et une promesse ambitieuse : rendre l’activité cérébrale « aussi simple à mesurer qu’un rythme cardiaque ». Sa puce S1 capte les champs magnétiques émis par le cerveau et les muscles, sans électrodes ni contact avec la peau, quand la magnétoencéphalographie classique exige des salles blindées et des machines imposantes. Les applications mises en avant allaient du contrôle de prothèses au suivi de maladies neuromusculaires, en passant par la performance sportive.

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« Les gens qui utilisent beaucoup l'IA perdent en capacité de pensée critique » - 985 FM

L’usage excessif de l’IA, notamment via ChatGPT, entraîne une atrophie des réseaux cognitifs, une perte de pensée critique et une diminution de la satisfaction personnelle, surtout chez les étudiants.
Il recommande d’utiliser l’IA comme outil d’appui, non de remplacement, afin de préserver la créativité et la santé du cerveau humain.

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Image, IA, avis clients et données personnelles : les grandes questions sur l’avenir du Search – Minted

De la recherche par l'image à la gestion des avis clients, la fragmentation des comportements redéfinit les règles de la recherche en ligne, tout en posant la question éthique de l'exploitation de notre vie privée par l'IA. Aujourd’hui, la recherche en ligne se structure autour de cinq principaux environnements : le Search classique (qui capte encore près de la moitié du trafic), le Social Search (privilégié par la Gen Z sur TikTok), le Retail Search (mené par Amazon où débutent 56 % des recherches produit), les LLM (ChatGPT, Gemini) qui introduisent une recherche conversationnelle et enfin les applications mobiles fermées.

Dans ce dédale, se déploie le « Messy Middle » (le milieu complexe du parcours client), zone clé située entre l’exploration et la réassurance, où l’utilisateur compare et cherche à être conforté dans son choix. Au sein des nouveaux environnements, la recherche en ligne ne passe plus uniquement par le clavier, mais s’ancre désormais physiquement et instantanément dans le quotidien des utilisateurs. Selon Google, les requêtes comportant une image dans l’AI Mode ont augmenté de 40% sur un mois (sans préciser la période concernée). En 2025, 1 recherche sur 5 sur Google Lens, l’outil de reconnaissance d’image de la firme, comportait une intention commerciale. L’IA force en réalité les marques à un retour aux sources : soigner leur branding, structurer leur discours de manière limpide et cultiver une réputation irréprochable à 360 degrés.

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L’IA va-t-elle nous rendre stupide ou sommes-nous face à une nouvelle panique morale ? - Influencia

l’#IA relance un vieux débat : menace-t-elle notre intelligence ou transforme-t-elle simplement notre manière de penser et d’apprendre ? À chaque époque, la technologie, qui externalise une fonction cérébrale, est souvent perçue comme une mutilation de l’intelligence, avant d’être finalement intégrée comme un outil d’émancipation. La question qui nous devrions nous poser n’est donc pas « l’IA va-t-elle nous rendre moins intelligents ? » mais « allons-nous continuer à développer les compétences que l’IA ne possède pas ? ». La machine ne sait toujours pas créer ou exercer un esprit critique.

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ChatGPT Ads débarque en France : Pourquoi l’anti-Google d’OpenAI va dynamiter les règles du Search - Minted

Les annonces prennent la forme de snippets sponsorisés clairement identifiés et séparés visuellement, s’affichant en bas des conversations sans altérer la pertinence ou la neutralité des réponses générées par l’assistant.
Dave Dugan, vice-président de la publicité chez OpenAI, théorise d’ailleurs ce tournant comme le passage de la traditionnelle économie de l’attention vers une économie de l’intelligence, où les marques doivent cesser de chercher à capter le regard pour s’efforcer d’apporter une utilité directe au consommateur au moment exact de sa prise de décision. La régie d’OpenAI exploite à la place des signaux contextuels décrivant l’intention globale de la conversation, le sujet de l’échange, le texte créatif et le contenu de la landing page de l’annonceur pour déterminer la pertinence d’une diffusion.

L’enjeu n’est plus d’acheter des requêtes précises, mais de cartographier les situations de vie, les critères de choix et les arbitrages auxquels leurs produits apportent une solution. Au démarrage, les publicités seront non personnalisées. Le ciblage s’appuiera exclusivement sur le sujet de la conversation en cours, le type d’appareil et une localisation géographique très générale, excluant tout recours aux conversations passées ou à la mémoire à long terme de l’assistant. L’introduction de la personnalisation publicitaire interviendra ultérieurement et restera soumise au consentement explicite et préalable (opt-in) de l’utilisateur.

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Quelle part du Web est désormais écrite par l’IA ? Une étude apporte une réponse – Siècle Digital

Plus d'un tiers des pages que l'on trouve aujourd'hui sur le web résulterait de l'utilisation d'une IA.
Alors que Gemini a dépassé le milliard d’utilisateurs, une étude réalisée par Pew Research s’est penchée sur l’impact de l’IA dans la production de contenus pour le web. Les résultats sont significatifs. 10% des pages web que l’on trouve sur le net actuellement seraient au moins en partie rédigées par des IA.
Pew Research a décidé de préciser son analyse en se concentrant uniquement sur les pages créées après 2022. Après cette date, les résultats sont encore plus marquants. L’utilisation de l’IA atteint les 35%. Cela signifie que plus d’un tiers des pages web publiées après 2022 portent la trace d’une intelligence artificielle quelle qu’elle soit.

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