O. Cardini : Cher professeur, toutes mes félicitations pour cette nomination. Avant d’en parler, revenons à vos débuts. Vous avez publié sur l’intelligence économique dès 2005 et vous êtes membre fondateur de l’Association marocaine d’intelligence économique (AMIE). Comment y êtes-vous venu, et à quoi ressemblait la discipline au Maroc à l’époque ?
Driss Guerraoui: Je voudrai tout d’abord dire toute ma gratiude au Président de l’Académie d’Intelligence Economique de France Philippe Clerc et remercier tous mes collegues du Collège des Emérites pour m’avoir investi leur confiance en me nommant président de ce prestigieux collège.
Mon engagement pour la promotion de l’intelligence économique s’est construit progressivement à travers des initiatives de recherche, de rencontres académiques et de structuration collective. Une première étape importante a été l’organisation sous le haut patronage du Roi Mohammed VI, en 2004 à Tétouan au Nord du Maroc, d’une rencontre Internationale consacrée à ce sujet, à laquelle ont participé des chercheurs du continent africain et d’Europe. Cette rencontre a été couronnée par la publication des actes , qui ont donné naissance au premier ouvrage publié au Maroc sur cette sur cette thématique portant le titre: “Intelligence économique et veille stratégique”. C’est à partir de cette date qu’une dynamique s’est enclenchée. Ainsi, en 2005, j’ai contribué, avec plusieurs collègues, à la mise en place de la dynamique fondatrice de l’Association marocaine d’intelligence économique.
En 2010, la création de l’Université ouverte de Dakhla a ouvert une nouvelle étape. Sous son égide s’est développé dés 2018 le Forum des Associations Africaines d’Intelligence Économique (FAAIE), avec une ambition claire: diffuser les connaissances et les pratiques de l’intelligence économique auprès des entreprises, des administrations, des territoires, des universités et des centres de recherche africains.
À cette époque, et encore aujourd’hui dans de nombreux pays, les initiatives africaines demeurent inégalement développées et parfois dispersées. Il est donc essentiel de renforcer au niveau national et continental les réseaux, la recherche, la formation et les partenariats afin de faire émerger des approches ancrées dans les réalités africaines.
Mon engagement pour la promotion de l’intelligence économique s’est construit progressivement à travers des initiatives de recherche, de rencontres académiques et de structuration collective. Une première étape importante a été l’organisation sous le haut patronage du Roi Mohammed VI, en 2004 à Tétouan au Nord du Maroc, d’une rencontre Internationale consacrée à ce sujet, à laquelle ont participé des chercheurs du continent africain et d’Europe. Cette rencontre a été couronnée par la publication des actes , qui ont donné naissance au premier ouvrage publié au Maroc sur cette sur cette thématique portant le titre: “Intelligence économique et veille stratégique”. C’est à partir de cette date qu’une dynamique s’est enclenchée. Ainsi, en 2005, j’ai contribué, avec plusieurs collègues, à la mise en place de la dynamique fondatrice de l’Association marocaine d’intelligence économique.
En 2010, la création de l’Université ouverte de Dakhla a ouvert une nouvelle étape. Sous son égide s’est développé dés 2018 le Forum des Associations Africaines d’Intelligence Économique (FAAIE), avec une ambition claire: diffuser les connaissances et les pratiques de l’intelligence économique auprès des entreprises, des administrations, des territoires, des universités et des centres de recherche africains.
À cette époque, et encore aujourd’hui dans de nombreux pays, les initiatives africaines demeurent inégalement développées et parfois dispersées. Il est donc essentiel de renforcer au niveau national et continental les réseaux, la recherche, la formation et les partenariats afin de faire émerger des approches ancrées dans les réalités africaines.
O. Cardini : Vous êtes universitaire de formation, et vous avez passé des années au cœur de l’État : conseiller des gouvernements, puis le Conseil économique, social et environnemental, puis le Conseil de la concurrence. Qu’est-ce que cette expérience vous a appris sur la façon dont un État utilise l’information stratégique ?
Driss Guerraoui: L’expérience acquise dans les institutions publiques rappelle que l’information stratégique ne doit pas être une simple accumulation de données. Elle doit aider à comprendre l’environnement national, régional et international dans lequel évoluent les Etats, les territoires, les entreprises et les sociétés, à identifier les risques et les opportunités, puis à éclairer les choix publics en matière de développement.
Dans mes travaux sur l’intelligence économique et territoriale, j’insiste sur la nécessité d’associer la veille stratégique à la prospective. Il faut pouvoir sérier les transformations démographiques, économiques, sociales, technologiques, climatiques et géostratégiques susceptibles d’affecter l’avenir. Cette démarche permet de comparer plusieurs futurs possibles, de préparer des alternatives et de définir les actions à conduire à court, moyen et long terme.
L’information stratégique est donc utile lorsqu’elle est fiable, analysée, partagée au bon niveau et reliée à une capacité de décision. Elle contribue à la souveraineté, à l’autonomie stratégique, à la sécurité, à l’attractivité et à la compétitivité des États, des territoires et des entreprises. Il entendu, que la révolution digitale et l’intelligence artificielle sont en train de bouleverser tous ces process avec des performances de toutes autres dimensions et aux impacts et risques incommensurables, mettant les organisations publiques et privées et les territoires face à une nouvelle génération d’insécurités.
Dans mes travaux sur l’intelligence économique et territoriale, j’insiste sur la nécessité d’associer la veille stratégique à la prospective. Il faut pouvoir sérier les transformations démographiques, économiques, sociales, technologiques, climatiques et géostratégiques susceptibles d’affecter l’avenir. Cette démarche permet de comparer plusieurs futurs possibles, de préparer des alternatives et de définir les actions à conduire à court, moyen et long terme.
L’information stratégique est donc utile lorsqu’elle est fiable, analysée, partagée au bon niveau et reliée à une capacité de décision. Elle contribue à la souveraineté, à l’autonomie stratégique, à la sécurité, à l’attractivité et à la compétitivité des États, des territoires et des entreprises. Il entendu, que la révolution digitale et l’intelligence artificielle sont en train de bouleverser tous ces process avec des performances de toutes autres dimensions et aux impacts et risques incommensurables, mettant les organisations publiques et privées et les territoires face à une nouvelle génération d’insécurités.
O. Cardini : En 2018, vous plaidiez encore pour que la protection sociale, l’éducation et la jeunesse comptent parmi les piliers du modèle de développement. Comment, selon vous, l’innovation sociale rejoint-elle l’intelligence économique ?
Driss Guerraoui: L’intelligence économique a progressivement dépassé le seul champ de la concurrence entre entreprises et territoires. Elle concerne désormais un ensemble de domaines qui participent à la création de la richesse et à la résilience des sociétés.
Dans mes travaux, éclairé par les innovations conceptuelles et méthodologiques apportées par le Conseil Economique, Social et Environnemental de mon pays, je distingue en cette matière le capital naturel, le capital produit et le capital immatériel. Ce dernier comprend le capital humain, institutionnel, social et culturel.
Le capital humain repose notamment sur l’éducation, la formation et l’innovation. Le capital social renvoie à l’intelligence sociale, au dialogue, à la négociation, à la médiation et à la protection sociale. Ces dimensions montrent que les enjeux sociaux ne sont pas exogènes et déconnectées de l’intelligence économique. Ils en font partie intégrante voire conditionnent leur performance globale.
L’innovation sociale peut ainsi s’appuyer sur la connaissance des besoins, la circulation de l’information, l’analyse des expériences et la coopération entre acteurs. L’objectif est de développer des réponses adaptées aux besoins des populations et aux réalités des territoires, tout en renforçant la cohésion sociale et les capacités collectives de co- développement.
Dans mes travaux, éclairé par les innovations conceptuelles et méthodologiques apportées par le Conseil Economique, Social et Environnemental de mon pays, je distingue en cette matière le capital naturel, le capital produit et le capital immatériel. Ce dernier comprend le capital humain, institutionnel, social et culturel.
Le capital humain repose notamment sur l’éducation, la formation et l’innovation. Le capital social renvoie à l’intelligence sociale, au dialogue, à la négociation, à la médiation et à la protection sociale. Ces dimensions montrent que les enjeux sociaux ne sont pas exogènes et déconnectées de l’intelligence économique. Ils en font partie intégrante voire conditionnent leur performance globale.
L’innovation sociale peut ainsi s’appuyer sur la connaissance des besoins, la circulation de l’information, l’analyse des expériences et la coopération entre acteurs. L’objectif est de développer des réponses adaptées aux besoins des populations et aux réalités des territoires, tout en renforçant la cohésion sociale et les capacités collectives de co- développement.
O. Cardini : Vous présidez l’Université ouverte de Dakhla depuis 2010 et vous y avez cofondé les Rencontres internationales. Pourquoi Dakhla ? Et qu’ont changé ces rencontres, là-bas ?
Driss Guerraoui: Dakhla c’est une population de 219 965 habitants (Recencement Génèral de la Population et de l’Hababitat de 2024), vivant sur une superficie qui s’étend sur 130 898 km² dans un Maroc dont la superficie totale est de 710 850 km², avec un PIB régional estimé en 2021 à 18,42 milliards de dirhams et un PIB par habitant évalué à 84 069 dirhams, soit le plus élevé à l’échelle nationale ( la moyenne nationale est de 33.600 dirhams par habitant). Mais Dakhla, c’est aussi et surtout un grand chantier de développement ouvert depuis 1975, année de la marche verte, qui connait aujourd’hui la réalisation de 137 projets pour une enveloppe financière de l’ordre de 20,7 milliards de Dirhams dans tous les domaines.
Certains sont de portée nationale et d’autres de portée continentale et internationale. Parmi ces derniers projets de portée continentale et internationale, deux en particulier vont faire de Dakhla un réel carrefour entre l’Afrique, l’Europe et les Amériques. Il s’agit du port de Dakhla Atlantique qui sera opérationnel en 2029 déjàet du nouvel aéroport international en cours de construction.
Avec ces deux projets d’envergure, joint à l’aménagement numérique du territoire, la réalisation d’infrastructures autoroutières, routières et aériennes, les nombreux projets industriels, énergétiques, miniers, agricoles, et touristiques, il est fort à parier que la region de Dakhla, se hissera dans un horizon moyen en un véritable hub international, qui rayonnera sur la grande zone Afrique-Europe-Atlantique et Asie par le Moyen Orient.
C’est alors qu’on parlera de « la Route de Dakhla », comme on parle aujourd’hui “de la Route de la Soie “ et du hub international de Dubai. Cette perspective géostratégique sera renforcée et étendue par la dynamique que produira dans les années à venir l’Initiative de l’Afrique Atlantique lancée par le Roi Mohammed VI en novembre 2023.
Partant de toutes ces considérations, on comprend dès lors la portée hautement stratégique des rencontres internationales organisée par l’Université Ouverte de Dakhla . Ces rencontres sont un espace de dialogue entre la région de Dakhla, l’Afrique et ses partenaires internationaux et un lieu de réflexion sur les grandes questions africaines et les transformations majeures du monde nouveau.
Ces Rencontres permettent donc de mobiliser l’intelligence collective de chercheurs, professionnels, responsables institutionnels et acteurs économiques d’horizons divers, venant de tous les continents autour de problématiques communes. Elles favorisent le partage des connaissances, la mise en réseau et la construction de partenariats panafricains et internationaux. Elles ont ainsi contribué à accompagner le développement des provinces du Sud du Maroc et leur rayonnement, comme elle ont fait progresser la réflexion sur les nouveaux champs de l’intelligence économique en Afrique et dans le Monde.
Certains sont de portée nationale et d’autres de portée continentale et internationale. Parmi ces derniers projets de portée continentale et internationale, deux en particulier vont faire de Dakhla un réel carrefour entre l’Afrique, l’Europe et les Amériques. Il s’agit du port de Dakhla Atlantique qui sera opérationnel en 2029 déjàet du nouvel aéroport international en cours de construction.
Avec ces deux projets d’envergure, joint à l’aménagement numérique du territoire, la réalisation d’infrastructures autoroutières, routières et aériennes, les nombreux projets industriels, énergétiques, miniers, agricoles, et touristiques, il est fort à parier que la region de Dakhla, se hissera dans un horizon moyen en un véritable hub international, qui rayonnera sur la grande zone Afrique-Europe-Atlantique et Asie par le Moyen Orient.
C’est alors qu’on parlera de « la Route de Dakhla », comme on parle aujourd’hui “de la Route de la Soie “ et du hub international de Dubai. Cette perspective géostratégique sera renforcée et étendue par la dynamique que produira dans les années à venir l’Initiative de l’Afrique Atlantique lancée par le Roi Mohammed VI en novembre 2023.
Partant de toutes ces considérations, on comprend dès lors la portée hautement stratégique des rencontres internationales organisée par l’Université Ouverte de Dakhla . Ces rencontres sont un espace de dialogue entre la région de Dakhla, l’Afrique et ses partenaires internationaux et un lieu de réflexion sur les grandes questions africaines et les transformations majeures du monde nouveau.
Ces Rencontres permettent donc de mobiliser l’intelligence collective de chercheurs, professionnels, responsables institutionnels et acteurs économiques d’horizons divers, venant de tous les continents autour de problématiques communes. Elles favorisent le partage des connaissances, la mise en réseau et la construction de partenariats panafricains et internationaux. Elles ont ainsi contribué à accompagner le développement des provinces du Sud du Maroc et leur rayonnement, comme elle ont fait progresser la réflexion sur les nouveaux champs de l’intelligence économique en Afrique et dans le Monde.
O. Cardini : En 2019, l’atelier du Forum a réuni 21 pays et lancé un prix de la meilleure recherche en Afrique. Un master international a suivi, avec l’université d’Agadir et l’ENCG de Dakhla. Où en est cette dynamique aujourd’hui ?
Driss Guerraoui: Plusieurs étapes concrètes permettent de mesurer cette dynamique.
Le FAAIE a réalisé des publications consacrées à l’intelligence économique en Afrique, aux dynamiques territoriales et à l’innovation africaine.
Sur le plan de la formation, un master international en intelligence économique et prospective territoriale a été mis en place en 2021 en partenariat entre l’Université ouverte de Dakhla, l’Université Ibn Zohr d’Agadir et l’École nationale de commerce et de gestion de Dakhla. Il a été destiné notamment aux étudiants africains issus des pays membres du Forum et du réseau international de l’Université ouverte de Dakhla.
C’est ainsi que quatre promotions ont été formées De même , l’institutionnalisation des Prix de l’Intelligence Économique en Afrique, dont la quatrième édition a eu lieu pour 2025, visent également à soutenir les mémoires de master, les thèses de doctorats et les ouvrages de jeunes chercheurs africains. L’enjeu est maintenant de consolider ces acquis, de mieux coordonner les initiatives, de renforcer les partenariats de recherche et de faire en sorte que les compétences produites répondent aux besoins des entreprises, des administrations et des territoires de notre continent
Le FAAIE a réalisé des publications consacrées à l’intelligence économique en Afrique, aux dynamiques territoriales et à l’innovation africaine.
Sur le plan de la formation, un master international en intelligence économique et prospective territoriale a été mis en place en 2021 en partenariat entre l’Université ouverte de Dakhla, l’Université Ibn Zohr d’Agadir et l’École nationale de commerce et de gestion de Dakhla. Il a été destiné notamment aux étudiants africains issus des pays membres du Forum et du réseau international de l’Université ouverte de Dakhla.
C’est ainsi que quatre promotions ont été formées De même , l’institutionnalisation des Prix de l’Intelligence Économique en Afrique, dont la quatrième édition a eu lieu pour 2025, visent également à soutenir les mémoires de master, les thèses de doctorats et les ouvrages de jeunes chercheurs africains. L’enjeu est maintenant de consolider ces acquis, de mieux coordonner les initiatives, de renforcer les partenariats de recherche et de faire en sorte que les compétences produites répondent aux besoins des entreprises, des administrations et des territoires de notre continent
O. Cardini : Fin 2023, vous avez annoncé la creation du Centre international de recherche et de formation, avec le SCIP américain et l’association international francophone de l’intelligence économique ( AIFIE) de Paris. Le SCIP vous a ensuite remis son prix du leadership. Qu’attendez-vous de ce centre, concrètement ?
Driss Guerraoui: La création du Centre international de recherches et de formation en intelligence économique répond précisément à la nécessité de structurer la coopération, la recherche et la formation dans ce domaine. Sa création a été annoncée à Dakhla le 8 décembre 2023, dans le cadre d’un partenariat entre le Forum des Associations Africaines d’Intelligence Économique(FAAIE), l’Association internationale francophone d’intelligence économique (AIFIE), basée à Paris, et l’association américaine SCIP.
L’accord instituant officiellement le Centre a été signé à Rabat le 14 mai 2024.
Nous attendons de ce Centre qu’il mobilise l’intelligence collective de ses membres pour développer des recherches fondamentales et appliquées, concevoir des formations adaptées aux nouveaux besoins et renforcer les échanges entre chercheurs et professionnels. Il doit aussi contribuer à développer des pratiques autonomes d’intelligence économique, des passerelles de coopération scientifique et technologique, ainsi que des partenariats africains innovants.
Son ambition est de participer au positionnement de Dakhla comme pôle international d’excellence en recherche et en formation, tout en contribuant à la construction d’un écosystème africain de l’intelligence économique capable de répondre aux impératifs des grandes transitions du future dans un monde incertain.
L’accord instituant officiellement le Centre a été signé à Rabat le 14 mai 2024.
Nous attendons de ce Centre qu’il mobilise l’intelligence collective de ses membres pour développer des recherches fondamentales et appliquées, concevoir des formations adaptées aux nouveaux besoins et renforcer les échanges entre chercheurs et professionnels. Il doit aussi contribuer à développer des pratiques autonomes d’intelligence économique, des passerelles de coopération scientifique et technologique, ainsi que des partenariats africains innovants.
Son ambition est de participer au positionnement de Dakhla comme pôle international d’excellence en recherche et en formation, tout en contribuant à la construction d’un écosystème africain de l’intelligence économique capable de répondre aux impératifs des grandes transitions du future dans un monde incertain.
O. Cardini : Vous présentez l’intelligence économique comme un outil de souveraineté, d’influence, d’attractivité et de sécurité, et vous rappelez que les sciences et les technologies jouent « un rôle extrêmement crucial ». Avec l’intelligence artificielle, comment l’Afrique peut-elle en tirer parti sans perdre la maîtrise de ses informations?
Driss Guerraoui: L’intelligence artificielle et la révolution numérique transforment profondément les outils, les missions et les pratiques de l’intelligence économique. Elles ouvrent des possibilités considérables pour traiter des volumes croissants d’informations, améliorer la veille et soutenir l’analyse et la décision. Mais cette profusion d’informations, combinée à l’obsolescence rapide des connaissances et des technologies, constitue également un défi majeur.
L’Afrique doit donc renforcer ses capacités de recherche, de formation et d’innovation, tout en protégeant ses données sensibles contre l’espionnage, le piratage, la cyberattaque, la contrefaçon et les opérations de contre-influence. La sécurité économique et la maîtrise des dépendances stratégiques doivent être au cœur de cette démarche.
Il faut aussi développer des compétences capables d’évaluer les outils, de comprendre leurs limites et de les adapter aux besoins des pays et des territoires africains. La question n’est pas seulement d’accéder aux technologies, mais de disposer des connaissances, des infrastructures, des règles et des partenariats nécessaires pour les utiliser de manière maîtrisée.
La souveraineté ne signifie pas l’isolement. Elle suppose de coopérer, de partager les connaissances et de nouer des partenariats, tout en conservant la capacité de définir ses priorités et de protéger ses intérêts stratégiques.
L’Afrique doit donc renforcer ses capacités de recherche, de formation et d’innovation, tout en protégeant ses données sensibles contre l’espionnage, le piratage, la cyberattaque, la contrefaçon et les opérations de contre-influence. La sécurité économique et la maîtrise des dépendances stratégiques doivent être au cœur de cette démarche.
Il faut aussi développer des compétences capables d’évaluer les outils, de comprendre leurs limites et de les adapter aux besoins des pays et des territoires africains. La question n’est pas seulement d’accéder aux technologies, mais de disposer des connaissances, des infrastructures, des règles et des partenariats nécessaires pour les utiliser de manière maîtrisée.
La souveraineté ne signifie pas l’isolement. Elle suppose de coopérer, de partager les connaissances et de nouer des partenariats, tout en conservant la capacité de définir ses priorités et de protéger ses intérêts stratégiques.
O. Cardini : Pour finir : vous appelez de vos vœux une nouvelle génération de partenariat entre l’Afrique et l’Europe. Dans dix ans, si elle voit le jour, à quoi la reconnaîtra-t-on ?
Driss Guerraoui: Un partenariat renouvelé devra se reconnaître à sa capacité à produire des résultats durables et partagés: des coopérations scientifiques structurées, des échanges de compétences, des formations conjointes, des investissements productifs et des projets qui créent de la valeur sur les deux continents. Il devra aussi reconnaître pleinement la capacité des acteurs africains à produire leurs propres connaissances et à définir leurs priorités. L’intelligence économique peut contribuer à cette évolution en facilitant la compréhension mutuelle des environnements, en identifiant les complémentarités et en construisant ensemble des stratégies de coopération à long terme.
L’objectif est de valoriser le capital humain, scientifique, technologique, économique et culturel de l’Afrique, y compris celui de ses diasporas. Le Forum des Associations Africaines d’Intelligence Economique entend précisément fédérer les compétences des Africains du monde, valoriser leurs savoirs et savoir-faire, proposer des formations en veille stratégique et en prospective, et développer des partenariats avec des institutions africaines et non africaines travaillant sur l’Afrique.
Dans dix ans, nous pourrons parler d’une nouvelle génération de partenariat si la relation Afrique-Europe repose davantage sur la co-production de connaissances, l’innovation partagée, la solidarité réciproque, le respect mutuel et la prospérité commune. C’est dans cet esprit de coopération et dans cette perspective de coémergence et de développement mutuel que nous pourrons contribuer ensemble Africains et Européens à bâtir un avenir commun plus inclusif et durable servant la paix régionale et la sécurité humaine globale et ce conformément aux valeurs universelles partagées que nous devrions defendre de par le Monde (Liberté, démocratie , dignité, justice, égalité, solidarité et respect des spécificités culturelles, civilisationnelles, religieuses et spirituelle) .
L’objectif est de valoriser le capital humain, scientifique, technologique, économique et culturel de l’Afrique, y compris celui de ses diasporas. Le Forum des Associations Africaines d’Intelligence Economique entend précisément fédérer les compétences des Africains du monde, valoriser leurs savoirs et savoir-faire, proposer des formations en veille stratégique et en prospective, et développer des partenariats avec des institutions africaines et non africaines travaillant sur l’Afrique.
Dans dix ans, nous pourrons parler d’une nouvelle génération de partenariat si la relation Afrique-Europe repose davantage sur la co-production de connaissances, l’innovation partagée, la solidarité réciproque, le respect mutuel et la prospérité commune. C’est dans cet esprit de coopération et dans cette perspective de coémergence et de développement mutuel que nous pourrons contribuer ensemble Africains et Européens à bâtir un avenir commun plus inclusif et durable servant la paix régionale et la sécurité humaine globale et ce conformément aux valeurs universelles partagées que nous devrions defendre de par le Monde (Liberté, démocratie , dignité, justice, égalité, solidarité et respect des spécificités culturelles, civilisationnelles, religieuses et spirituelle) .
A propos de Driss Guerraoui
Driss Guerraoui est économiste, universitaire et spécialiste des questions de développement, de prospective et d’intelligence économique. Ancien président du Conseil de la concurrence du Maroc et ancien président du Conseil économique, social et environnemental, il œuvre depuis plus de vingt ans à la diffusion de la veille stratégique en Afrique. Président de l’Université ouverte de Dakhla, il est également à l’origine de plusieurs initiatives panafricaines de recherche et de formation. Sa réflexion porte sur la souveraineté, l’innovation, le développement territorial et les partenariats entre l’Afrique et le reste du monde.
Entretien réalisé par ...
Olivier Cardini est consultant en intelligence économique, dirigeant de C.Consulting Assistance, correspondant Bretagne de l’Académie de l’Intelligence Économique et membre de l’association IHEDN-IE. Depuis trente ans, il accompagne ses clients de manière personnalisée pour les aider à mieux comprendre et décoder leur environnement, souvent complexe, et à renforcer les coopérations en plaçant l’humain au centre. Ses missions consistent notamment à identifier les risques, en particulier ceux liés au facteur humain et aux pratiques de social engineering. Il intervient comme formateur auprès d’étudiants, dirigeants et leurs équipes. Organise et co-organise des évènements professionnels, comme des tables rondes et des conférences.
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