Carnets de voyage

La nouvelle année au Japon : entre famille et tradition


Eva GESTKOFF—PODZIOUBAN
Lundi 5 Janvier 2026


En cette fin d'année, Veillemag vous propose le carnet de voyage d'Eva GESTKOFF—PODZIOUBAN, étudiante en Master d’études européennes et internationales à la Sorbonne Nouvelle, au pays du Soleil Levant.. Episode 4 : Nouvel an au Japon



Crédit photo : GESTKOFF—PODZIOOUBAN Eva – 30 décembre 2025, Tokyo
Crédit photo : GESTKOFF—PODZIOOUBAN Eva – 30 décembre 2025, Tokyo
Au pays du Soleil Levant, il n’est pas coutume de faire la fête entre amis lors de la Saint-Sylvestre. La fin d’année au Japon constitue la fin d’un cycle.
 
Le 31 décembre est le moment où les familles tendent le plus à se réunir pour pouvoir commencer ensemble la nouvelle année. Ils procèdent à un grand ménage pour purifier leur maison et vont déguster plein de plats traditionnels qu’ils se partagent : des osechi yori. Dans le commerce, il est courant de trouver des boites scindées en plusieurs rangs avec différents mets à déguster. On peut donc soit les cuisiner, soit les acheter.
 
Les Japonais se rendent à minuit au temple ou au sanctuaire où la cloche doit être sonnée 108 fois afin de purifier la Terre. Ils prient pour que l’année qui arrive soit prospère. La naissance de la nouvelle année au Japon mène à une effervescence religieuse à travers tout le pays. Certains attendent le lever du Soleil, d’autres se rendent dans les sanctuaires les plus connus et font une interminable queue pour pouvoir se recueillir l’espace d’un instant.
 
Il y a une tradition qui consiste à envoyer des cartes postales spécialement à cette période de l’année à toutes les personnes qui nous sont chères ou qui ont été bienveillantes envers nous : les Nengajo. Il y a des concours tous les ans avec des règles très strictes à respecter pour pouvoir concourir avec sa création.
 
Cependant, la poste japonaise a noté un déclin important de ventes et d’envois de cartes postales. 2025 est la 14ème année consécutive de la baisse des ventes et envois de Nengajo. On note environ 1 milliard de lettres en moins depuis 2014. The Asahi Shimbun le 2 janvier 2025 expliquait que les gens n’ont plus l’envie d’utiliser le format traditionnel et qu’ils préfèrent passer directement par les réseaux sociaux. Une autre raison qui viendrait peser sur ce déclin est la hausse des frais d’envoi.
 
Pour aller plus loin, Kana, jeune japonaise active, a accepté de m’exposer son point de vue sur le Nouvel An au Japon ainsi que sur la tradition des Nengajo.
 
Je lui ai demandé si le Nouvel An est un évènement important pour elle et si elle le fête en famille ou bien avec des amis. Kana m’explique qu’en grandissant, elle s’est rendu compte qu’il était difficile de passer du temps avec sa famille. Pour elle, le Nouvel An est propice aux retrouvailles. C’est une tradition familiale.
 
En ce qui concerne les Nengajo, je lui ai demandé si elle envoyait des cartes à chaque personne qui avait été gentille ou encore qui lui était chère. Kana dit que c’est une tradition d’un autre temps. Au lycée, elle envoyait des cartes aux gens qu’elle appréciait comme ses amis ou encore ses professeurs. Pour autant, au Japon ce n’est plus monnaie courante car c’est considéré comme désuet et polluant. Bien évidemment, en recevoir est toujours plaisant puisque l’on se sent apprécié, cependant elle estime que ça ne doit pas être une obligation.
 
Kana explique que c’est ancré dans la tradition japonaise car il y a une pluralité de cartes phénoménale : des animaux du zodiac mignons de toutes sortes, des photos personnalisées avec sa famille.
 
Elle finit par dire que même si c’est un moment de bonheur de recevoir une carte, devoir préparer une carte pour absolument chaque personne qui vous est chère, qui vous a aidé ou encore simplement témoigné de la gentillesse est fatigant. La fin d’année est un moment charnière dans la vie professionnelle des Japonais et elle estime que ces lettres de formalités doivent cesser. D’après elle, le meilleur moyen d’apprécier la culture des Nengajo est d’envoyer des cartes à un cercle très restreint qui vous est cher (et même ça…elle ne le fait plus !).

A propos de :

Crédit photo : GESTKOFF—PODZIOOUBAN Eva –
Crédit photo : GESTKOFF—PODZIOOUBAN Eva –
Eva Gestkoff — Podziouban  Actuellement en Master d’Études Européennes et Internationales à la Sorbonne Nouvelle, je suis  au Japon pour plusieurs mois  à la Meiji University. C'est une des universités privées les plus prestigieuses du Japon, reconnue pour ses formations en sciences politiques, relations internationales et économie. Située à Tokyo, elle offre un environnement stratégique au croisement des enjeux institutionnels, économiques et géopolitiques. Mon parcours au sein de Meiji University renforce mes compétences en analyse stratégique, veille informationnelle et compréhension des dynamiques internationales, en cohérence avec un positionnement en intelligence économique". Je suis à la recherche d’un nouveau stage dans le domaine des relations internationales, de la diplomatie ou de l’analyse stratégique à mon retour.

Episode 1. Tokyo
Episode 2. Les Onsen
Episode 3. Kanazawa et le village des chaumières
Episode 4. Nouvel An