Amplifié par la guerre en Ukraine et par les tensions commerciales entre Washington et Pékin, ce phénomène redessine les chaînes de valeur selon des lignes géopolitiques de plus en plus marquées. L’ouverture économique et l’intégration mondiale de l’Europe la rendent particulièrement exposée à ces secousses.
Face à cette vulnérabilité, la stratégie communautaire ne vise pas à se retirer de la mondialisation mais à en réduire les risques. Elle s’appuie sur le renforcement de la production nationale, la diversification des sources d’approvisionnement et la mobilisation de la puissance du marché unique, grâce à un ensemble d’outils politiques conçu pour conjuguer sécurité et ouverture.
UE–USA : un accord tarifaire sous tension
Le Conseil de l’Union européenne – avec l’aval de la France – a entériné un compromis jugé déséquilibré sur les droits de douane. Résultat : un plafond uniforme de 15 % appliqué par Washington, sans contrepartie équivalente côté américain. Les Européens n’ont accepté qu’à contrecœur, dans l’espoir de limiter les répercussions sur leur excédent commercial colossal vis-à-vis des États-Unis, évalué à 198 milliards d’euros en 2024, principalement porté par l’Allemagne (50 %), l’Irlande (25 %) et l’Italie.
Les enjeux dépassent largement la question tarifaire. Les échanges transatlantiques ont doublé en dix ans, atteignant près de 1 700 milliards d’euros en 2024, tandis que les investissements croisés culminaient à 4 700 milliards d’euros en 2023. Ce partenariat reste l’un des plus stratégiques au monde.
La décision américaine s’inscrit dans une logique bien connue : l’administration a fixé un plafond tarifaire « tout compris » de 15 %, réduisant notamment les droits de la Section 232 sur les automobiles et pièces détachées européennes (de 27,5 % à 15 %), avec effet rétroactif au 1er août 2025.

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